20 janv. 2009

L'univers de Wolf Erlbruch

Wolf Erlbruch 

d'origine allemande est enseignant, il est titulaire de la chaire d'illustration de la Berhischen Universität Gesamthochscule de Wuppertal et travaille dans la publicité et l'édition. Wolf Erlbruch est édité en France depuis 1993 et a reçu le prix Gutenberg en 2003. 
C'est avec l'illustration de De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête (ici présentée), que le public français découvre l'originalité et la vitalité de son trait ; l'ouvrage se voit doublement couronné du prix du Cercle d'or jeunesse 1993 et du prix Sorcières 1994.







L'auteur questionne le monde tantôt par l'écriture, tantôt par l'image en positionnant des personnages nez à nez, serrés les uns contre les autres et plein d'expressions faciales, toujours en mouvement. De fait, la lecture même de l'image - non réaliste - suscite une interrogation. Le fond de la page est souvent beige/crème et grosso-modo, W. E. utilise des techniques de découpage/collage qui engendre une idée de flottement des personnages (hommes ou animaux).
En effet, on trouve nombre d'animaux domestiques ainsi que des bêtes généralement dénigrées comme la taupe, les insectes, crapauds, rats...Notons en outre, la présence des singes, des ogresses et des sorcières (L'atelier des papillons, L'Ogresse en pleurs, Cuisine de Sorcière...).









Voici une courte analyse de sa 

Petite Taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête 

dont le texte est de Werner Holzwarth (chez Milan).

Un album transgressif sous forme de récit en randonnée, entrecoupé de narration et de dialogues, où durant tout un périple, une petite taupe se promène avec un excrément sur la tête, sans doute, en guise de preuve. La taupe très en colère recherche le malotru qui a osé lui déposer un caca sur la tête et crie vengeance ! Elle va demander à tous les animaux qu’elle rencontre si c’est lui qui lui à fait sur la tête. Elle rencontre ainsi le pigeon qui lui dit que non et lui montre comment il fait ; puis c’est le tour du cheval, du lièvre, de la chèvre, de la vache et du cochon. Viennent ensuite les mouches, elle leur demande de l’aider à savoir qui lui avait fait sur la tête. Celles-ci vont renifler tout ça et affirment rapidement que c’est un chien.

L’illustrateur allemand fonctionne beaucoup par symboles, on trouve certains signes récurrents comme les lunettes que porte l’héroïne, qui est bien-sûr myope, sur une pointe philosophique (la découverte des autres, le respect de soi, la vengeance) autour du seul personnage nommé : le chien du boucher "Jean-Henri", l'animal le plus proche de l'homme...

Le thème abordé, le « caca » permet de démystifier ce passage vers la propreté chez l'enfant d'environ 2 ans, au stade anal (Cf. Freud). Il offre une opportunité de parler de ce sujet angoissant pour le tout petit. Cela recoupe aussi les deux sous périodes de Karl Abraham, c'est-à-dire, la phase anale expulsive (plaisir à expulser et surtout à faire mal, détruire et agresser, salir) et la phase masochiste anale rétentive (plaisir à garder, retenir et s’attaquer soi même). Permet l'identification.


Autres références pour plus petits :

- Allons voir la nuit, Ed. La Joie de Lire
- La grande question, Etre Editions
- Le canard, la tulipe et la mort, La joie de Lire
- Olek a tué l'ours, texte de Bart Moeyaert, Ed. du Rouergue (livre CD)
- Léonard, Etre Editions

19 janv. 2009

Patrimoine culturel et mémoire sociale

Racontez-nous vos héros d’enfance préférés !

Sur le blog de l'exposition "Babar, Harry Potter et Cie" de la B.N.F. (Paris 13e), un espace est entièrement consacré aux internautes pour partager leurs souvenirs, raconter des anecdotes, parler de leurs héros d’enfance préférés.

Il me semble que ce projet (en accès libre) peut nous éclairer 
sur nos représentations sociales et culturelles à travers l'imaginaire du livre, 
ce qui pourrait permettre de faire émerger la question du patrimoine culturel, 
ici construite par les non-initiés ; 
chose intéressante pour assurer le développement de la lecture publique
 autrement que par le visuel (l'exposition).

ENFIN UN NOUVEAU MODELE QUI PERMET SURTOUT DE PRENDRE EN COMPTE LA REALITE DE LA POPULATION A DESSERVIR, DANS SES ATTENTES, SES HABITUDES...

Titre de ce message activé via l'adresse du blog de l'expo' (BNF)

5 janv. 2009

Esprit de synthèse...





L'anti-livre de lecture : Vous détestez lire ? Vous risquez d'adorer ! 
Elisabeth Brami et de Claire Faÿ (ill.), Ed. Albin Michel, 2008.
365 miettes de romans sucrée, salées, acidulées, d'écrivains du présent et du passé à goûter, picorer, déguster, dévorer tout au long de l'année pour rigoler sans vous gêner, cogiter en toute liberté, voyager loin dans vos pensées. Et aussi, au fil des saisons, de bizarres questions. Pour rêvasser avec passion, déclencher plein d'émotions et de réflexions, titiller l'imagination. Et même écrire vos impressions.
Elisabeth Brami, ancienne psychologue et auteure pour enfants et adolescents, interroge directement l'enfant par des extraits de romans classiques. Une histoire par jour, autant de pistes de lecture pour les parents et enseignants. Avec entre autres des extraits de Jeanne Benameur, Howard Buten, Italo Calvino, Colette, Roald Dahl, René Goscinny, Astrid Lindgren, Hector Malot, Susie Morgenstern, Michaël Morpurgo, Marcel Pagnol, Brigitte Smadja, Mark Twain… Un index par titres et par auteursA lire toute l'année, très bien fait.