d'origine allemande est enseignant, il est titulaire de la chaire d'illustration de la Berhischen Universität Gesamthochscule de Wuppertal et travaille dans la publicité et l'édition. Wolf Erlbruch est édité en France depuis 1993 et a reçu le prix Gutenberg en 2003.
C'est avec l'illustration de De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête (ici présentée), que le public français découvre l'originalité et la vitalité de son trait ; l'ouvrage se voit doublement couronné du prix du Cercle d'or jeunesse 1993 et du prix Sorcières 1994.
L'auteur questionne le monde tantôt par l'écriture, tantôt par l'image en positionnant des personnages nez à nez, serrés les uns contre les autres et plein d'expressions faciales, toujours en mouvement. De fait, la lecture même de l'image - non réaliste - suscite une interrogation. Le fond de la page est souvent beige/crème et grosso-modo, W. E. utilise des techniques de découpage/collage qui engendre une idée de flottement des personnages (hommes ou animaux).
En effet, on trouve nombre d'animaux domestiques ainsi que des bêtes généralement dénigrées comme la taupe, les insectes, crapauds, rats...Notons en outre, la présence des singes, des ogresses et des sorcières (L'atelier des papillons, L'Ogresse en pleurs, Cuisine de Sorcière...).
Voici une courte analyse de sa
Petite Taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête
dont le texte est de Werner Holzwarth (chez Milan).
Un album transgressif sous forme de récit en randonnée, entrecoupé de narration et de dialogues, où durant tout un périple, une petite taupe se promène avec un excrément sur la tête, sans doute, en guise de preuve. La taupe très en colère recherche le malotru qui a osé lui déposer un caca sur la tête et crie vengeance ! Elle va demander à tous les animaux qu’elle rencontre si c’est lui qui lui à fait sur la tête. Elle rencontre ainsi le pigeon qui lui dit que non et lui montre comment il fait ; puis c’est le tour du cheval, du lièvre, de la chèvre, de la vache et du cochon. Viennent ensuite les mouches, elle leur demande de l’aider à savoir qui lui avait fait sur la tête. Celles-ci vont renifler tout ça et affirment rapidement que c’est un chien.
L’illustrateur allemand fonctionne beaucoup par symboles, on trouve certains signes récurrents comme les lunettes que porte l’héroïne, qui est bien-sûr myope, sur une pointe philosophique (la découverte des autres, le respect de soi, la vengeance) autour du seul personnage nommé : le chien du boucher "Jean-Henri", l'animal le plus proche de l'homme...
Le thème abordé, le « caca » permet de démystifier ce passage vers la propreté chez l'enfant d'environ 2 ans, au stade anal (Cf. Freud). Il offre une opportunité de parler de ce sujet angoissant pour le tout petit. Cela recoupe aussi les deux sous périodes de Karl Abraham, c'est-à-dire, la phase anale expulsive (plaisir à expulser et surtout à faire mal, détruire et agresser, salir) et la phase masochiste anale rétentive (plaisir à garder, retenir et s’attaquer soi même). Permet l'identification.
Autres références pour plus petits :
- Allons voir la nuit, Ed. La Joie de Lire
- La grande question, Etre Editions
- Le canard, la tulipe et la mort, La joie de Lire
- Olek a tué l'ours, texte de Bart Moeyaert, Ed. du Rouergue (livre CD)
- Léonard, Etre Editions




