31 oct. 2009

Frissonnons !

 Choses qui font peur, Bruno Gibert, Pierre Mornet (ill.), Autrement jeunesse, 2008. Dès 5 ans.

Il existe tant de choses qui font peur : les microbes, les pistes noires au ski, les châteaux hantés, les araignées, les films d’horreurs, l’orage, les guerres… 

Pour ne rien oublier et nous faire frissonner, Bruno Gibert en dresse la liste, divaguant poétiquement d’une idée à une autre. Passant d’une idée à une autre par association, comme une pensée qui divague, Bruno Gibert s’amuse à titiller son lecteur en évoquant toutes les formes d’angoisses et de peurs, détaillant certains aspects terrifiants ou répugnants. Il s’adresse ainsi aux sentiments les plus intimes des enfants. Le travail sur le rythme et la grande richesse de la langue font des Choses qui font peur un très beau texte littéraire, d’une rare sensibilité. L’illustration lumineuse de Pierre Mornet accompagne cette évocation grâce à de grands tableaux, représentant des atmosphères étranges et troublantes. Pierre Mornet développe ici un système proche de celui du texte où l’on passe d’une idée à une autre : chaque nouvelle illustration reprend un détail ou un élément de la précédente, nous plongeant à chaque fois dans un univers inquiétant. 
Qui est Pierre Mornet ?
Jeune illustrateur, né en 1972 à Paris, il a suivi des études de graphisme à l’ESAG Penninghen (école supérieure d’arts graphiques). Il travaille pour l’édition générale en illustrant des couvertures de romans (Folio, Denoël, Flammarion, Albin Michel, Le Seuil, J'ai lu, Pocket…) et l’édition jeunesse (Bayard, Syros, Actes Sud, Gallimard, Livre de poche, Hatier, Gautier-Languereau, Autrement…).

L'environnement


Quand nous aurons mangé la planète d'Alain Serres et Silvia Bonnani, Editions Rue du monde, Collection "Pas comme les autres", 2009.


Nous sommes bien partis pour que tout aille bientôt très mal sur la planète. Nous puisons sans compter dans les ressources naturelles, qu’il s’agisse de l’eau ou des forêts. La Terre est en danger, l’homme le sait mais continue à l’épuiser. Le sujet sert de trame à cet album pour tout-petits. Lorsque le dernier poisson sera pêché et le dernier fruit cueilli, que restera-t-il ? De l’argent peut-être, mais pour quoi faire ? 
L’espoir réside du côté des enfants. Alain Serres met la vie dans le creux de leurs mains. Une façon de voir l’avenir de notre planète qui reprend l’esprit de certains proverbes amérindiens. Et c’est d’ailleurs l’un d’entre eux qui a inspiré l’auteur.


Alain Serres est directeur des éditions Rue du Monde ! par ailleurs auteur, il est né en 1956 à Biarritz. Ex-enseignant en maternelle, son premier album est publié en 1982 par les Editions "La Farandole". Alain Serres propose de nombreux ouvrages ayant traits aux droits de l'homme et plus particulièrement à ceux de l'enfant.


Silvia Bonnani est italienne, née en 1972, elle illustre également dans la presse féminine de son pays. Avec l'auteur Alain Serres, elle a également publié "J"ai vu quelque chose qui bougeait"(Rue du Monde, Pas comme les autres - 2008). 
Son site : http://www.silviabonanni.it

L'autre vi(ll)e américaine !

Brooklyn Baby, Marylin Singer et Carll Cneut, 
Ed. La Joie de lire, 2008. A partir de 3/4 ans.

Sur la ville, la mégalopole, les chiffres, les bruits, les cris et... un bébé parfaitement endormi dans une poussette. Les très belles illustrations de Carll Cneut apportent toute leur saveur au texte de Marylin Singer qui joue sur les sons par la répétition et les onomatopées. Le visage endormi de l'enfant contraste avec l'ambiance des rues, ses couleurs, son agitation.

Cette surenchère de sons est l'occasion d'apprendre à compter ou plutôt décompter de 10 à 1.

Marilyn Singer (New York, 1948) est l’auteur de plus de 70 livres pour enfants et jeunes adultes, des romans, des contes de fées, des albums, des livres de poésie, etc. Elle a reçu de nombreux prix pour plusieurs de ses œuvres. Pour ce titre, elle s’est inspirée des rues de Brooklyn à New-York, où elle partage sa maison avec son caniche Oggi, un chat, un étourneau, deux pigeons et son mari Steve… Elle aime aussi passer du temps à Washington, dans le Connecticut, où la vie est bien plus calme.
Carll Cneut vous a été présenté plusieurs fois sur ce blog, une grande référence de la littérature jeunesse que vous connaissez sans doute... enfin, je l'espère !!

Géométrie, couleurs, mouvements font la ville, ses transports aussi !


Ticket Ville (traduit du coréen), Shin Dong-Jun, Mijade, 2006. A partir de 3 ans.

Shin Dong-Ju propose dans cet album de découvrir la ville et en particulier l’univers du métro. Le soir venu dans la ville, tout s’anime, on klaxonne, les voitures bouchonnent… et les tickets aussi rentrent chez eux. On suivra ainsi leur voyage en métro jusqu’à Ticket Ville. 
Prendre place, appréhender le tunnel, se serrer dans les wagons… tout y est comme aux heures de pointe. 
Ici, c'est le traitement graphique qui est original. Car on pourrait dire que nous sommes en présence de vrais tickets, tous colorés de manière différente, tous ayant une expression différente. Entre graphisme très rectangulaire et collage de tickets ou de photos, l’auteur-illustrateur joue avec les formes, les sigles et les logos, les couleurs et le noir. 
Quelques détails pourront, dans cet univers géométrique, attirer le regard, comme cette affiche des Misérables plutôt incongrue ici. On pense à un voyage extraordinaire, et on voudrait découvrir cette fameuse ville. Mais les dernières pages nous laisse un peu sur notre dépité, puisqu’on retrouvera la ville des hommes et ses éternelles voitures.
Un voyage à vivre pour les petits, à ne pas manquer !

Dans la série totote et pot...


* La tétine de Nina de Naumann-Villemin Christine et Barcilon Mariane ill., Ed. Kaléidoscope, 2002. 
Un clin d'oeil pour aider l'enfant à se séparer de cet objet fétiche...
Nina, une petite fille très drôle, est déterminée : jamais elle ne se séparera de sa tétine, même quand elle se mariera ! mais le jour où elle rencontre un loup affreux, furieux et affamé qui veut la manger, elle lui dit : "Aikke-moi kranquille !" et, lui colle sa tétine entre les crocs !

* Comme tout le monde
de Genechten Guido Van, Milan, 2000.
Pour s'asseoir sur le pot, tout le monde a un popotin. Des popotins, il y en a de toutes sortes : des maigres comme celui de la giraphe, des tout-doux comme celui du cochon, des rayés comme celui du zèbre, des couverts de plumes, des tout verts, des tout petits...


* Mon préféré : un livre animé intitulé Sur le pot de Marianne Borgardt et Marie Chambliss, chez Albin Michel Jeunesse, 2000.
Pour apprendre à se servir du pot sans drame et avec le sourire, cet album très rigolo où le petit garçon explique à son chat l'utilisation de cet objet bizarre : on soulève un rabat et le pot apparaît, on tire une languette, le pantalon se baisse, le papier se déroule... est à recommander à tous les parents, il est simple mais très efficace !


* Toujours avec humour, découvrez La Tétine d'Orianne Lallemand et Emilie Jadoul, Casterman, 2005.

Un petit garçon observe Zorro. Quelque chose le trouble, mais quoi ? Son chapeau ? Son masque ? Son épée ? Non, sa panoplie est parfaite. Mais qu’est-ce qui ne va pas ? Il a une tétine à la bouche !

A la Maison des Contes et des Histoires



La maison des contes et des histoires (dans le 4eme arrondissement de Paris) expose jusqu'au 6 décembre prochain différentes illustrations autour de l'oeuvre de Rudyard Kipling. A travers ses deux plus grands chefs-d'oeuvre, Le Livre de la jungle et Histoires comme ça découvrez l'univers de Kipling, depuis l'Inde en passant par l'Afrique.

Entrée libre, tous les jours de 14H30 à 18H. (Pour information, ce lieu est minuscule, évitez d'y aller avec toute la famille !)
Un clic sur le titre de ce message pour arriver directement sur le site de la Maison des Contes...

30 oct. 2009

Livre-jeu sur l'Habitat



Suis la ligne dans la maison, Laura Ljungkvist, Ed. Circonflexe, 
Collection "Aux couleurs du monde", 2008.  
A partir de 3 ans.
 
"Suis cette curieuse ligne noire qui te trace le chemin et traverse la maison, de la cave au grenier, de la cuisine à la chambre : il y a tant de choses à découvrir derrière chaque porte...
Et si tu cherches bien, peut-être retrouveras-tu la bague tombée du coffret à bijoux ou la clé à molette dans la boîte à outils ?"

Cet album invite l'enfant à revisiter son environnement habituel, celui de la maison. Peu de texte mais une ligne directrice à suivre. Les couleurs sont vives, les thèmes diversifiés, le tout est original, ce qui rend cette oeuvre très intéressante pour les petits.

Cliquez sur le titre de ce billet pour découvrir directement les travaux de Laura Ljungkvist.

L'énigmatique Petite Poule Rousse !?

Un beau matin cette petite poule rousse trouva des grains de blés et, plutôt que de les picorer, elle se mit dans l'idée de les semer...



La Petite Poule Rousse, un conte classique irlandais peut-on lire... toutefois pour la néophyte que je suis, il m'a été impossible de répondre rapidement et simplement aux questions suivantes :

- Qui est à l'origine de ce conte?
- Pourquoi existe t-il autant de versions que d'auteurs et de titres différents autour de La Petite Poule Rousse?

Une première base donc pour comprendre et travailler autour de l'histoire.

Les différentes versions trouvées :

1. La petite poule rousse et le renard russé de Riemann, édition Bilboquet-Valbert.
2. La petite poule rousse édition Nathan,collection Petits cailloux.
3. Petite poule rousse et Renard rusé de Sally Hobson édition Pastel.
4. Celle de Paul Galdone, Ed. Circonflexe.
5. Celle de Byron Barton, Ed. Ecole des loisirs.
Poule rousse, de Lida et Etienne Morel, éditions Flammarion/ Père Castor.
6. Celle de Léo Timmers, Milan Eds.
7. Celle de Pierre Delye et Cécile Hudrisier, Didier Jeunesse.
8. Celle de Bernard Chèze et Bruno Heitz, Ed. Seuil.
9. Celle de Kimiko, Ed. Loulou Et Compagnie.
10. Le renard et la petite poule rousse, d'Eva Vincze, Ed. Vincze Eva.

Émotions recherchées : Faire prendre conscience aux enfants de la valeur du travail et de la ténacité. L'histoire varie tout de même un peu d'une version à l'autre.

Graphisme et poésie

A l’occasion de la sortie de la version française du catalogue raisonné  
Les livres de Bruno Munari par Giorgio Maffei aux éditions Les Trois Ourses, 
la bibliothèque des Arts Décoratifs présente un peu plus de soixante-dix livres de Bruno Munari, emblématiques du travail expérimental autour du livre pour enfant, du livre illustré et du livre d’artiste.


Libro illeggibile MN3 Luna capricciosa, 1992. © Suzanne Nagy
Expo du 6 octobre 2009 au 9 janvier 2010

Bibliothèque des Arts Décoratifs
111, rue de Rivoli
75001 Paris
Entrée libre aux heures d’ouverture de la bibliothèque.

Bruno Munari (1907-1998) fut un artiste complet, brillant « touche-à-tout », qui s’intéressa au graphisme, à la publicité, à l’illustration, au livre, tout autant qu’aux arts plastiques, au design, à la photographie, au cinéma.

Très jeune, il participe au Futurisme et au Surréalisme, mouvements d’avant-garde qui ont fait basculer les moyens d’expression artistiques au début du 20e siècle. De sa participation au Futurisme de l’après-guerre, qu’il intègre en 1927, dès l’âge de 20 ans, et du Surréalisme, on retrouve son goût pour les « machines inutiles » qu’il crée comme des sculptures aériennes et mobiles, son intérêt pour la structure de l’humain et du végétal, sa fascination du « cinétisme ». Il utilise des matériaux pauvres : fil de fer, coton, papier de soie, transparents.
Très impliqué dans le Mouvement Art Concret fondé à Milan en 1947 qui regroupe des artistes comme Max Bill, Klee, Kandinsky, Arp, Sottsass, entre autres, il expérimente les formes géométriques, triangle, cercle, carré, cherchant toujours à alléger, à supprimer le superflu. Convaincu que l’artiste doit se tourner vers la réalité, il tente de faire revivre le concept de « synthèse des arts » cher au Bauhaus, conciliant l’architecture, le design industriel et les arts visuels.

Dès les années 30, le livre va devenir le support de ses recherches artistiques. Formé par l’un des maîtres du Bauhaus, Herbert Bayer, l’activité graphique de Munari commence avec des innovations radicales. Son goût pour la typographie l’amène à utiliser la lettre comme un langage en soi, à la manière du constructiviste russe El Lissitzky. S’inspirant d’anciens livres d’anatomie, il introduit des feuilles transparentes qu’il juxtapose entre des feuilles opaques, il joue sur les dimensions et les matériaux, mettant l’accent sur l’aspect tactile du livre-objet, sans oublier l’aspect ludique et l’humour. Il s’adresse tout particulièrement à l’enfant qui sommeille en nous avec ses « livres illisibles » (1949), avant la série des « Pré-livres » destinés aux tout-petits.
Appliquant au livre ses expérimentations d’artiste dans un but d’appropriation par le lecteur, il vise l’art « de tous » et non « pour tous ». Passionné de pédagogie, il crée des ateliers de découverte, à l’instar de celui installé en 1977 à l’École des Beaux-Arts, dite Brera, de Milan. Il réalise des performances pour un jeune public, activité dont il ne se lassera jamais. Bruno Munari œuvra pour la formation d’un esprit souple, et non répétitif. Son influence s’étend jusqu’au Japon et en Amérique du Sud.

Les livres exposés proviennent des collections de la bibliothèque des Arts Décoratifs, des éditions Les Trois Ourses et de Giorgio Maffei.

28 oct. 2009

Salon du livre jeunesse, l'Italie à l'honneur


DU 25 AU 30 NOVEMBRE 2009 A MONTREUIL-SOUS-BOIS 
Aura lieu le 25eme Salon du livre et de la presse jeunesse

Programme et actualité en un clic sur le titre !


A cette occasion, les bibliothèques de la ville de Paris rendent hommage à Gianni Rodari, poète, journaliste Italien, mort en 1980. 
Considéré comme un des plus grands auteurs italiens pour la jeunesse, il a reçu en 1970, la médaille du prix Andersen pour l'ensemble de son oeuvre. Son premier livre pour les enfants est paru en 1950. 

Sa biographie est à consulter sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gianni_Rodari
site officiel : http://www.giannirodari.it

Il existe également une Coopérative culturelle Gianni Stoppani à Bologne, un collectif de jeunes illustrateurs italiens, présentant certains originaux de G. Rodari.

Paris-ci...


Titi à Paris de Grégoire Solotareff, L'Ecole des Loisirs, 2008. 

Cet album retrace tendrement la vie d'une petite souris de la campagne et son arrivée sur la ville de Paris.
Elle prend le train, visite tous les arrondissements, trouve tout joli. Fatiguée, à la nuit tombée, elle n'a ni toit pour se protéger, ni nourriture pour reprendre des forces. Les pigeons rôdeurs la remarque mais elle se rebelle... Dans sa chute, elle rencontre néanmoins plus petit qu'elle : un souriceau mourant de faim, puis un autre jusqu'à 80 bébés, seuls livrés à eux-mêmes !
Titi au grand coeur trouvera en elle la force et la créativité nécessaire à la construction de son petit jardin. Plantes et graines peuvent également pousser dans la ville, marquant ainsi sa destinée...