27 nov. 2009

Petite note sur le 25e SLPJ de Montreuil

C'est en tant que professionnelle du livre que je me suis rendue cette année au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil, en renfort (médiation, conseil avec vente et encaissement) pour une maison d'édition.

C'est de mon "Oeil d'Ailleurs" qu'en quelques lignes, je souhaite vous présenter mes impressions en matière de littérature jeunesse, autour du marché du livre (jeunesse), dont le salon en est le représentant désigné.

Observations, de fait, elles-mêmes visibles et transposables au-delà des stands, chez tous les libraires concernés ou vendeurs de produits culturels pour enfants.

- Que peut-on observer sur ce salon du livre jeunesse... 2009 ?
De la littérature ? oui, sans doute... mais alors accompagnée de jouets et d'objets ludiques en tous genres. En effet, bien que l'offre globale soit abondante et variée, un nombre considérable de livres pour enfants est vendu avec des peluches, CD de bruitages (d'animaux par exemple), animations x ou y ou petites voitures et autres gadgets et produits dérivés en plus ! ça saute aux yeux si je peux me permettre cette expression.
Ces produits mettent à l'épreuve l'oeil des plus petits, faisant l'éloge du graphisme bien plus que du texte (me semble t-il). Opération qui entraîne une rupture sans commune mesure avec les oeuvres littéraires "classiques" parfois complètement sacrifiée ou réétudiées alors adaptées au marché.

- De quelle manière peut-on définir le livre jeunesse 2009 ?
Tout d'abord il est impossible de répondre à cette question puisqu'au Salon, il y a de tout, des albums, des contes, des livres scolaires, de la presse, des bandes dessinées, des livres documentaires, des romans, des livres-CD et autres.
Si versant éducatif il y a (ou il doit y avoir), quelle légitimité le livre jeunesse actuel garde t-il par rapport à cette question ? Quelle place tiendra t-il par rapport à l'apprentissage de nos futures générations ? Qui décide ou décidera des évolutions de ce marché ? et je me demande en fait, qui sont réellement les lecteurs de littérature jeunesse d'aujourd'hui ?
Selon moi, beaucoup d'adultes, ou de grands enfants, si l'on s'en tient notamment à l'observation du nombre considérable de bloggeurs (initiés ou non) qui se sont appropriés le sujet, tout autant fréquents sur le salon !

Le livre jeunesse serait-il devenu un objet de consommation quelconque (comme les autres) ? alors défait de toute sa "noblesse" et de toutes les valeurs qui construisent l'Histoire du livre, ce patrimoine littéraire... Pour d'autres, il semblerait que le livre jeunesse devienne un faire-valoir enorgueilli de toutes ses lettres ; phénomène de consommation approuvé par le plus grand nombre (résultante du point précédent sans doute...), son usage étant chosifié et instrumentalisé.

En parlant de "chose" et d'objet, une autre question me vient à l'esprit, comment peut-on lire un livre avec une poupée 3D intégrée au texte, par exemple ? Dans le livre Pop-Up le visuel écrase les 2-3 mots qui traînent par hasard sur la page. Bien-sûr, ici la performance atteint tout son apogée ! C'est un livre certes, mais est-ce de la littérature ? L'écrivain se transforme en ingénieur papier, le C en D, la gazelle en éléphant et ainsi de suite. C'est de plus en plus technique, je vous assure...

Aussi, sur pratiquement tous les stands, on observe de plus en plus de livres dont les héros passent à la TV "ça aide les enfants à reconnaître les livres" me dit une éditrice. Ils sont donc placés en première ligne, attention ne jamais choisir les livres en 1ère ligne ! ça sonne comme une "tête de gondolle" au supermarché...
On a tout de même échappé aux polos/ casquettes Barbie 3D, mais de peu...
Kitty, est-ce plus raisonnable ? oui, elle était là... et nous sommes d'accord, pour le rayonnage, ce n'est pas très pratique d'ailleurs, je n'ai pas "visité" le "rayon" des mangas (au rez-de-chaussée cette année). Toutefois, les romans ados type "fantastiques" ont toujours la côte avec leurs intrigues, leurs fées, leurs pirates et récits en série...  euh, à quand le tome XXVIII de la série XYZ ? 
Jusqu'ici le record a été attribué à Diderot et d'Alembert qui ont mis 25 ans pour réaliser leur Encyclopédie en 17 volumes mais ça date du 18eme siècle, dans un contexte bien différent :) A cause de ou grâce à... la littérature actuelle, nous allons peut-être atteindre de nouveaux records !!

Pour le reste, pas de Ebook ou de livre numérique, pas de liseuses (etc.). Dommage mais logiquement, ça devrait changer l'année prochaine (??).

Pour conclure sur une note positive, dans l'ensemble, les salons sont aussi et surtout l'occasion de faire de belles rencontres, avec les auteurs, illustrateurs, avec les professionnels du livre afin de partager avec nos enfants des moments presque magiques. Sur un même thème, la fête est plutôt belle !

23 nov. 2009

Une petite déesse indienne

Uma. La Petite Deesse, Bernard Frédéric et François Roca, Albin Michel Jeunesse, 2006.
A partir de 6/7 ans.
En Inde, la fillette Uma est devenue la nouvelle Déesse : c'est elle qui, pendant des années, va conseiller le roi sans mot dire, sans rire ni pleurer, et bénir les habitants. Un jour, une armée de démons attaque le royaume. Uma doit quitter la cité, sur l'éléphant sacré, pour le palais fortifié du maharadjah voisin. Hélas, la guerre s'étend et Agni, le dieu du feu, se mêle aux combats, réduisant en cendres le palais et obligeant la petite Déesse à fuir de nouveau au plus vite.
De rencontres en rencontres, avec le dieu de l'eau, l'orgueilleux singe Ramesh, un arbre bien vivant, des tigres gourmands, un vautour gigantesque..., Uma la petite déesse, qui jamais ou presque n'avait pu voir au-delà des murs du sanctuaire, va traverser le pays, s'émouvoir de la beauté du monde et retrouver la joie de vivre avec sa famille.
De très belles illustrations, grand format, à pleines pages. Le texte ne sera cependant lu que par des enfants bons lecteurs, à qui une connaissance de l'Inde et de ses traditions aura été fournie.

Duo Fred Bernard (conteur) et François Roca (illustrateur) également présent à travers ces albums :
- La reine des fourmis a disparu (1996)
- Le train jaune (1998)
- Le jardin de Max et Gardénia (1998)
- Monsieur Cloud nuagiste (1999)
- Cosmos (1999)
- Ushi (2000)
- Le secret des nuages (2001)
- Jésus Betz (2001)
- Jeanne et le Mokélé (2001)
- La comédie des ogres (2002)
- L'homme-Bonsaï (2003)
- L'Indien de la tour Eiffel (2004)
- Cheval Vêtu (2005)
- NOUVEAUTE : Le pompier de Lilliputia (2009)

22 nov. 2009

Journée mondiale des droits de l'enfant

Vous le savez peut-être déjà, l'année 2009 célèbre le 20e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). 193 Etats, un record, l’ont ratifiée et se sont ainsi engagés à protéger leurs enfants. 
20 ans après donc, c'est peut-être l'occasion d'en parler autour de nous et à nos enfants, quelques livres servent ainsi de médiateurs :

J'ai le droit d'être un enfant d'Alain Serres, Aurélia Fronty (ill.),
Rue du Monde, Couleur Carré - Octobre 2009.

 



Jaï de Paul Thiès, Christophe Merlin (ill.),
Ed. Syros, 2001 (à partir de 6 ans)
Thèmes : Travail (enfant), Inde, Esclavage, Liberté, Citoyenneté, tolérance, société.

 

Miguel, c’est moi de Laurence Afano, Laurence L. Afano (ill.),
Ed. Alice éditions, Collection : Histoires comme ça, 2003 (à partir de 5 ans).
Thèmes : Adoption, Amour, amitié, famille, relation à soi, aux autres.

 



Jérémy est maltraité, Dominique Saint-Mars (de) et Serge Bloch
Ed. Calligram, Collection : Ainsi va la vie, 2004 (à partir de 6 ans)
Thème : Enfant maltraité/Maltraitance.






L'enfant silence de Cécile Roumiguière, Benjamin Lacombe (ill.),
Seuil Jeunesse, 2008 (à partir de 5 ans)
Thèmes : Violence/Délinquance, Enfant maltraité, Peur, Tristesse/Chagrin, Honte/Gêne.

 


Touche pas à mon corps, Tatie Jacotte, Thierry Lenain et Stéphane Poulin,
Ed. 400 coups éditions (Les), 2000 (à partir de 7 ans)
Thèmes : Violence/Délinquance, Maltraitance, Citoyenneté, tolérance, société.

 




Le livre des droits de l'homme
Auteurs : Robert Badinter, illustré par Jacqueline Duhême
Editeur : Gallimard Jeunesse
Mars 2005 (Documentaire à partir de 6 ans)
Thèmes : Droits de l'homme, Citoyenneté/Civisme.





Et pour les Adultes, quelques pistes :

- La bientraitance - Voir en l’autre ce qu’il a de meilleur, Patricia Chalon, Ed. Marabout, 2008.
- Enfant maltraité, du bon usage de l’indiscrétion - Savoir identifier, répondre et agir, Martine Nisse, Ed. Ramsay, 2004.
- Protéger l’enfant avec sa famille - Le signalement d’une information préoccupante, Philippe Gutton, François Jeanblanc, Ed. L’Atelier, 2009.
- Droits de l'enfant, Françoise Dekeuwer-Défossez, Que Sais-je? n°852, PUF, 2009.
- Le droit de l'enfant au respect, Janusz Korczak, Fabert Eds, 2009.

Avec beaucoup d'humour...


La mouche, Gusti, Ed. Circonflexe, 2007. A partir de 2/3 ans.

traduit de l'espagnol par Félix Cornec

Une journée estivale et agréable s'annonce pour la mouche : munie de la panoplie indispensable à toute séance de "bronzette-trempette", elle ne se doute pas que le ciel va s'assombrir et qu'elle n'a peut-être pas choisi l'endroit idéal pour se prélasser. La chute vaut le détour puisque cette mouche ne sait pas encore qu'elle va se baigner dans les toilettes et que le petit dernier de la famille a une envie très pressante... La mouche ou "Comment un jour parfait peut se transformer en cauchemar", est un livre drôle sinon jouissif pour nos petits.

Gusti pseudonyme de Gustavo Ariel Rosemffet est né à Buenos Aires en Argentine en 1963, il est l'auteur et l'illustrateur de cet album.

Maladie génétique rare

Dans les yeux de Léna, le monde s'arrête parfois. Car Léna vit dans son propre univers, loin des autres. 
En levant le voile sur le syndrome de Rett, une maladie rare d'origine génétique, ce conte poétique, touchant et rempli d'amour présente de façon très personnelle la différence et le handicap. 

Un livre de Roxane Marie Galliez et de l'illustratrice Justine Brax, éditions Gecko, 2009.


Le syndrome de Rett est une maladie génétique touchant majoritairement les filles. Il s'agit d'un grave désordre neurologique provoquant un handicap mental et une infirmité motrice plus ou moins sévère. Cette maladie, confondue avec l'autisme, est la principale cause du retard mental des filles à travers le monde. En France, une fille sur 20 000 est touchée.
Ce livre qui se dit être un conte, est plus le portrait d'une fille malade par sa mère. Un portrait poétique et enchanteur, les petites filles devenant des papillons. Les illustrations hésitent entre le papillon et la fée, en tout cas un monde de douceur, un monde lointain. Mais malheureusement le voyage de notre monde à celui-ci est douloureux. Le texte est là pour expliquer, pour accompagner, pour toucher.




A noter : Deux euros par ouvrage vendu seront reversés à l’Association française du syndrome de Rett.


Roxane Marie Galliez est docteur en histoire des Civilisations Anciennes et diplômée d’ethnologie. Elle a vécu quatre ans dans le Pacifique Sud, où elle était journaliste pour RFO. Membre de la Charte des Auteurs et Illustrateurs jeunesse, elle vit aujourd’hui dans les monts du Pilat et se consacre à l’écriture. Ses livres sont souvent sensibles, liés à la spiritualité, à la maladie, aux sentiments.
Son site : http://www.roxanemariegalliez.com

Justine Brax est diplômée de l'Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris  depuis 2005, elle est illustratrice et enseignante en arts appliqués.
Son site : http://justinebrax.ultra-book.com

Kerity, la maison des contes (film et livres)


L’histoire de Kérity, la Maison des Contes, nous invite à un voyage à travers les contes classiques, d’Alice au Pays des Merveilles au Petit Chaperon rouge sans oublier Pinocchio, La Belle aux Bois Dormant, Cendrillon…


Natanaël a bientôt 7 ans mais il ne sait toujours pas lire… Lorsque sa tante Eléonore lui lègue sa bibliothèque contenant des centaines de livres, Natanaël est très déçu ! Pourtant chacun de ces contes va livrer un merveilleux secret : à la nuit tombée les petits héros, la délicieuse Alice, la méchante Fée Carabosse, le terrible Capitaine Crochet sortent des livres... Ils doivent prévenir Natanaël qu’ils courent un grand danger et risquent de disparaître à jamais. Pour sauver ses minuscules amis et leurs histoires, Natanaël, rétréci par la Fée Carabosse, se lance dans l’aventure ! Il affrontera vaillamment le très fourbe Pictou, le crabe géant et l’Ogre affamé... Arrivera-t-il à temps à lire la formule magique qui les sauvera tous ?

L’origine de l’histoire :
C’est un petit garçon de trois ou quatre ans qui m’a inspiré cette histoire. Il s’appelle Natanaël. Un jour, il m’a confié : “Tu sais, ben moi, je ne sais pas lire !” Tout le monde autour de lui savait lire, sauf lui. Il croyait vraiment qu’il lui manquait quelque chose, comme si la lecture était innée ! À partir de cette anecdote, j’ai imaginé reprendre tous les personnages de contes qui me tenaient à coeur et de les faire exister ensemble autour de Natanaël pour construire une sorte de voyage initiatique. La lecture est une invitation au rêve et crée par ailleurs un rapport d’une grande intimité. Quand quelqu’un lit pour un autre, un parent pour un enfant par exemple, une sorte de rêve commun se construit au fil des mots. Dans ce récit, bien plus qu’une bibliothèque contenant des milliers de livres, Natanaël reçoit en héritage le don de la lecture. Les personnages Graphiquement, c’était un vrai pari. Le travail de Rébecca (Dautremer) a permis aux personnages d’appartenir à la fois au passé tout en étant très contemporains. Pour moi c’est comme s’ils avaient deux vies, un peu comme des acteurs de théâtre : ils sont à la ville et à la scène. Dans leur histoire littéraire, ils sont à la scène et dans la bibliothèque, ils sont à la ville. Par exemple, je trouvais intéressant que le Loup et le Petit Chaperon Rouge soient très amis. Qu’ils aient une vraie intimité et forment une sorte de couple qui vit ensemble depuis des siècles. Alice est un personnage féminin qui met Natanaël en confiance. Elle lui fait prendre des risques tout en le poussant à s’affranchir. Pour sa part, l’Ogre est partagé entre son instinct « homme-nivore » et son désir d’amitié. D’une façon ou d’une autre, tous les personnages de conte vont
aider Natanaël à atteindre son objectif : lire la formule qui leur permettra de continuer à vivre. Les personnages vont tout mettre en oeuvre pour que leurs histoires puissent être racontées et transmises de génération en génération. Ils prennent ainsi leur destin en main.

Anik le Ray
Auteur du scénario original


AU CINEMA LE 16 DECEMBRE 2009 ! (cliquez sur le titre de ce message pour en visualiser l'extrait).
Réalisation : Dominique Monféry
Création graphique originale : Rébecca Dautremer
Distribution : Haut et Court


"Le Grand album du film" se trouve en librairie aux éditions Flammarion (2009). Il est proposé pour des enfants dès 4 ans toutefois, pour l'avoir feuilleté, je pense sincèrement qu'il conviendrait mieux aux plus âgés (6/7 ans) ayant connaissance des personnages des contes auxquels il fait référence.
Le plus petit format "L'album du film" (reprise illustrée de l'histoire) est à moins de 9€. Existe aussi "L'album CD du film", édition prestigieuse, « un format 16/9 », agrémenté du travail préparatoire de Rébecca Dautremer : esquisses, crayonnés et d’un CD audio.

19 nov. 2009

L’art du haïku, véritable leçon de vie en poésie





Bashô, le Fou de poésie, Françoise Kerisel et Frédéric Clément, Albin Michel Jeunesse, 2009.

Bashô sera-t-il samouraï ? Dans la vie, il n'aime ni les batailles, ni les sabres, ni l'uniforme, ni le sang versé, ni la fanfare, ni les honneurs. Bashô aime la paix, le silence, la lune pleine, les pinceaux bien lissés, ses rouleaux de papier de riz, quelques bâtons d'encens, la neige. Alors Bashô décide de suivre le chemin des oiseaux. Il choisit d'être poète, comme Yashitada, son aîné, son ami. Bashô s'initie à l'art des haïkus et ouvre des ateliers de poésie. Et chacun, homme ou femme, jeune ou vieux, dans le japon des villes et des campagnes de ce XVIIe siècle, rit, s'instruit et crée ces courts poèmes de trois vers.

Bashô est l’illustre auteur japonais de haïkus, courts poèmes de 3 vers. Cet album raconte son histoire véridique et ses déambulations dans le Japon du XVIIe siècle, avec ses amis, fous de poésie. Nous voici plongé au sein d'une quête humaniste et philosophique. “Si tu veux connaître le pin, va jusqu’au pin. Veux-tu connaître le bambou ? Va voir un bambou ! Avec eux, ne fais qu’un !” autour des dessins sublimes de Frédéric Clément qui a préparé ses propres couleurs (vives et sombres) et choisi avec détails ses papiers japonais pour peindre superbement cette histoire de Bashô.

http://fredericlement.blogspirit.com

L'image de soi

Album de famille, d'Henri Meunier et Anouk Ricard, Ed. du Rouergue, 2006. 
A découvrir à partir de 3 ans.

Il paraît que j'ai : les yeux de mon père, les oreilles de ma cousine, l'intelligence de ma soeur, la force de l'oncle Jean... Finalement, au jeu des ressemblances, la nature m'a plutôt gâté : grosso modo, je ne suis pas trop mal réussi... si ce n'est cette paire de pieds que je ne sais pas où mettre et qui, heureusement, n'apparaît pas sur la photo de famille!
Faire partie d'une famille, c'est reconnaître qu'on porte en soi un peu de chacun, mais aussi s'étonner de sa singularité et accepter, malgré ses complexes, d'y tenir une place à part. Un livre ludique sur les ressemblances, la différence et l'image de soi.

Le "Baobab de l'album" 2009


le Baobab de l'album 2009 a été attribué à  
Annie du lac, de Kitty Crowther, Éditions Pastel, 2009.
 
Annie en a assez. Sa vie au bord du lac lui pèse. Elle se demande pourquoi les choses sont ainsi.
Quand Annie fait la connaissance des trois géants au fond du lac, ils ont besoin de son aide. Ils doivent rejoindre la mer avant qu’une terrible malédiction s’abatte sur eux. C’est la première fois qu’Annie part de chez elle. «Se balader avec trois géants, cela ne va pas être simple.» se dit-elle.
Un album tendre, à la langue et aux illustrations fines, qui aborde les peurs enfouies avec une grande délicatesse.
Un conte des plus sensibles où texte et images savent émouvoir avec force.

Le Baobab de l'album, créé par le Salon du livre et de la presse jeunesse, en collaboration avec Le Monde, le Syndicat de la Librairie Française et l'Association des librairies spécialisées jeunesse (doté d'une bourse de 7500 euros), prime pour sa créativité et son inventivité un ouvrage de l'année en langue française.

Prix du 1er Album 2009

L'Ébouriffée, d'Hélène Vignal et Clémence Pollet, Le Rouergue (2009) 
a inauguré le Prix du premier album, remis à un jury composé de certains membres de l'Association et du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, 
présidé par Guillaume Dégé, illustrateur et co-directeur d'un atelier d'illustration à l'École Supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg.

Pour faire le portrait d'une petite fille, pénétrez dans la forêt touffue de sa chevelure. Vous y trouverez peut-être un litchi, un ongle cassé, une goutte d'océan ou même un gros noeud : un étrange et fascinant inventaire d'objets. Comme ce petit garçon, imaginez les différentes facettes du caractère de cette fillette, tour à tour rêveuse ou sorcière... échevelée !

 L'Ébouriffée est un album servi par le premier texte de l'auteure Hélène Vignal, qui célèbre l'enfance et son imaginaire.  Il s'agit d'un voyage décoiffant qui se révélera surréaliste. Les deux enfants se découvrent de manière très joyeuse et poétique.
A lire dès 5 ans. 

Née en 1968 à Paris, Hélène Vignal vit près de Poitiers. Elle a travaillé dans beaucoup d'endroits différents : librairie, préfecture, mairies, écoles, agences de publicité, centres de vacances, cabinet médical, associations... 
Au Rouergue elle a déjà publié, dans la collection "doAdo" : Passer au rouge (2006, Prix Ste-Beuve des collégiens 2008), Bière Grenadine (2007), Trop de chance (2007) et Zarbi (2008, sélectionné pour le Prix des collégiens lecteurs de Gironde 2009) et dans la collection Zig Zag, Le Grand Concours (2005, Sélection prix Versele 2007/2008), Les Rois du monde (sélection Incorruptibles 2007/08), Gros dodo (2007, Prix 3000 lecteurs 2007, Prix des écoliers 2008, Prix PEP Solidarité 2008 et Prix Tatoulu 2008) et Sorcières en colère (2008). 

Clémence Pollet est née en 1985 à Courbevoie (92). Diplômée de l'école Estienne à Paris, elle poursuit actuellement ses études à l'école des Arts Décoratifs de Strasbourg. En 2006, ses illustrations ont été sélectionnées pour les concours internationaux de l'institut Charles Perrault et Figures Futur, et en 2007 pour la foire du livre de jeunesse de Bologne où elle séjourne quelques mois. L'Ébouriffée est son premier album.

17 nov. 2009

Ressentir par le livre

 
Emmanuelle Houdart, reconnaissable par ses illustrations ludiques et colorées qu'elle décuple entre imagier et abécédaire se livre presque à un brainstorming dans son livre Dedans ici présenté, publié aux Editions Thierry Magnier, 2006. Dès 3 ans.

Lire un livre, c'est paradoxalement être transporté à l'intérieur de soi. Avec Dedans, le jeune lecteur est plongé dans le «dedans» de la sensation, tout comme le héros (un enfant en pyjama) placé, dans chaque double page, au coeur de l'image, enveloppé du ressenti évoqué par le dessin d'Emmanuelle...

Chaque scène est auréolée d'un mot-titre : douceur, mouvement, froid, son, lumière... que de petites illustrations, telles des idéogrammes, viennent appuyer.

Pour évoquer la douceur, l'enfant est allongé au milieu de peluches géantes. Au-dessus de sa tête, une plume, un baiser...


Chaque scène est auréolée d'un mot-titre : douceur, mouvement, froid, son, lumière... que de petites illustrations, telles des idéogrammes, viennent appuyer pour provoquer en nous des sensations abstraites surtout pour les petits. Ainsi, pour évoquer la douceur, l'enfant est allongé au milieu de peluches géantes. Au-dessus de sa tête, une plume, un baiser... 
Un très beau livre, très simple, un peu grand en taille tout de même (format 38 x 24 cm) mais intelligemment conçu par Fani Marceau, directrice de collection chez Albin Michel et Nathan.

  
Emmanuelle Houdart est née en 1967 en Suisse. Peintre et illustratrice diplômée de l'Ecole des Beaux Arts de Sion et de l'Ecole Supérieure d'Art Visuel de Genève, elle a écrit et/ou illustré de nombreux livres pour enfant, dont la série des Poèmes avec Elisabeth Brami (Poèmes à dire et à manger, 2002, à lire et à rêver, 2003, à rire et à jouer, 2004, à vivre et à aimer, 2005, Seuil jeunesse), Monstres malades, Editions Thierry Magnier, 2004 et Le carnaval des animaux, d'après Camille Saint-Saëns, Editions Thierry Magnier, 2001. La dernière création d'E. Houdart, et de l'auteure Laëtitia Bourget, Les heureux parents, est sorti en 2009 aux Ed. Thierry Magnier (à découvrir aussi).

Expo' Le Flip Book station Saint-Germain-des-Prés


Les vitrines de la station Saint-Germain-des-Prés (ligne 4) présentent l’histoire et l’évolution du flip book du 3 octobre au 5 janvier 2010.

Cette exposition sur le flip book est l'occasion de redécouvrir cet objet ludique qui nous rappelle des souvenirs d’enfance. Chacun reconnaît avoir eu au moins une fois entre ses mains un petit livre qui s’anime lorsque l’on fait glisser le pouce sur ses pages. La multitude de sujets et de formes associés au flip book souligne le fait que son contenu est universel, accessible à tous, et parallèlement il est éphémère car il se dégrade rapidement. Souvent associé à un jouet, le flip book est « un livre, composé d’une série d’images qui varient légèrement d’une page à l’autre de façon que, lorsqu’il est feuilleté, il se crée une animation, un petit film ». Telle est la définition de Pascal Fouché, probablement le plus grand collectionneur de flip books au monde.

Cliquez sur le titre pour découvrir le lien vers le Flip Book !

16 nov. 2009

Comptine japonisante


Le parapluie de madame d'Hô, Agnès de Lestrade, Martine Perrin, 
Ed. Milan, 2007.

Un parapluie qui tournoie, survole, oscille comme les sentiments et émotions de cette vieille dame japonaise, sortie pour acheter son thé, seule avec son parapluie devenu si précieux depuis le décès de son mari. Elle le suit emporté par une bourrasque et finit par le retrouver dans le jardin d’un vieux Monsieur qui lui aussi a le même parapluie…

L'album joue sur le hors-champ, de madame Hô, on aperçoit une main qui tient un parapluie, un bout de kimono et une partie des cheveux ornés d’une fleur. Des autres personnages, on a juste les paroles.
La mise en page est exceptionnelle par ses couleurs (vert/rouge/noir/blanc/gris), l’espace, les directions avec des découpes, des fenêtres et du papier transparent. Très beau livre graphique mais selon moi, l'histoire (sur la solitude et l'amitié) est un peu trop subtile et intimiste pour être entendue par un enfant de moins de 8/10 ans. A lire donc par les plus grands !

Martine Perrin a mis dans ce livre tout son art pour illustrer cette quête intérieure de Madame Hô. L’illustratrice avait déjà montré son talent dans la série des Méli-Mélo avec sa grande maîtrise des jeux de découpe de papier ou de superposition. Elle est architecte de formation et travaille sur les notions de couleurs, de formes et de représentations des objets dans l'espace (ceci explique cela). Elle met également sa technique au service de la scénographie théâtrale et du design. Maman d'une petite fille, elle s'intéresse particulièrement à l'approche des formes et des couleurs chez les tout-petits.

Agnès de Lestrade a déjà écrit plusieurs livres jeunesse chez Nathan, L'École des loisirs, Bayard, etc. Elle est également journaliste, animatrice pour enfants et auteur de jeux de société.

Quand le livre pour enfant fait place à l'oeuvre artistique

Pour ceux qui aiment l'art et la littérature, 
voici deux exemples d'artistes 
qui se sont risqués à créer pour les enfants :




- Il était une petite pie de Lise Deharme, avec huit dessins en couleurs par Joan Miró, Éditions Jeanne Bucher, Paris, 1928.

(Miró)

- Créée pour les enfants, la gravure de l'artiste Marc Chagall laisse elle aussi trace dans cette mouvance pour le texte de Der Nister "Conte du coq et du chevreau", publié en 1917 à Vilnius, ce fut son 1er livre illustré. Puis en 1923, Chagall fait la connaissance d'Ambroise Vollard, marchand et éditeur de livres qui lui commandera trente gouaches et cent eaux-fortes* illustrant les Fables de La Fontaine (1924-1925).
*L’eau-forte est un procédé de la gravure en creux sur plaque métallique

Le lion et le moucheron (1927), Gravure originale de Chagall, extraite de l'ouvrage "Les Fables de la fontaine", Ed. Tériade.

15 nov. 2009

Mon coup de coeur

Je suis heureuse de vous présenter le seul livre jeunesse sur les Kurdes que je connaisse !

Turquie. Sur les chemins kurdes de Pagniez Marie-Odile et Laurent Girault, Albin Michel Jeunesse, Coll. Carnets du monde, 1991.

Voici une histoire illustrée (aquarelles de Laurent Girault) sur la résistance kurde contemporaine à la frontière turco-irakienne.
Une très belle leçon de journalisme de guerre à l'intention des adolescents mais que beaucoup d'adultes liront avec plaisir. Avec des dépliants sur la tradition culinaire, sur l'histoire du peuple kurde, sous forme de carte géographique. Une belle réussite hélas rare et non rééditée. J'ai eu beaucoup de mal à retrouver les références de ce livre, lu il y a quelques années...

14 nov. 2009

Sortie du Artbook Rebecca Dautremer

Depuis le début du mois de Novembre (2009), les Editions du Chêne proposent le "ARTBOOK Rebecca Dautremer" et un coffret sur Rebecca Dautremer de 160 pages pour un peu plus de 39 euros. 
L'occasion de revisiter les mondes oniriques de l'illustratrice et la fabrication de ses personnages inoubliables pour "La Tortue géante des Galapagos", "Cyrano", "L'Amoureux", "Le petit Poucet".

Rébecca Dautremer, passionnée par la photographie, a suivi les cours de l'ENSAD de Paris, avant de devenir graphiste et illustratrice. En plus de l'édition, elle travaille pour la presse jeunesse, et ponctuellement pour la publicité (parfum Kenzo) ou la décoration (autocollants décoratifs). Elle est également auteure de plusieurs albums, dont certains ont été adaptés en pièces de théâtre, ce qui l'a amenée à dessiner des costumes pour d'autres créations scéniques. Elle prépare un film d'animation et enseigne à l'École Émile Cohl, à Lyon. Sa technique de prédilection est la gouache.


5 nov. 2009

Du livre à la télévision, l'exemple "Broca"


Les contes de la rue Broca (1967) de Pierre Gripari, 
illustrés par Claude Lapointe.

Pierre Gripari est né à Paris le 7 janvier 1925 et mort dans cette même ville le 23 décembre 1990. 
Il existe une Association "Les Amis de Pierre Gripari", présidée par Vladimir Dimitrijevic, l'éditeur de ses œuvres. Pour plus d'informations, consultez le site www.gripari.net
Broca : "Une rue pas comme les autres" disait l'auteur !

La Rue Broca est une rue située à cheval entre le quartier du Val-de-Grâce dans le 5e et le quartier Croulebarbe dans le 13e arrondissements de Paris. Créée au XIIe siècle, son nom rend, depuis 1890, hommage à Pierre Paul Broca (1824-1880) un chirurgien et anthropologue français.

En 1995, Gille Gay a réalisé les contes pour la télévision en dessin animé, sur des illustrations originales de Claude Lapointe (cliquez sur le titre de ce message pour visualiser ce dessin animé).

Les contes de la rue Broca contiennent :
La sorcière de la rue Mouffetard, Le géant aux chaussettes rouges, La paire de chaussures, Scoubidou, la poupée qui sait tout, Roman d’amour d’une patate, Histoire de Lustucru, La fée du robinet, Le gentil petit diable, La sorcière du placard aux balais, La maison de l’oncle Pierre, Le prince Blub et la sirène, Le petit cochon futé, Je-ne-sais-qui, je-ne-sais-quoi.

Un peu d'ethnologie imagée - Le costume traditionnel



Le Seolbim, Bae Hyun-ju, Ed. Chan-Ok, 2007.

Traduit du coréen par Yun-hee Véran et Hélène Charbonnier



En Corée, les familles célèbrent le Seollal, premier jour de l’année au calendrier lunaire, ponctué d’activités rituelles. Le « Seolbim », un magnifique costume traditionnel de cérémonie aux couleurs chatoyantes, aux parures qui brillent et aux broderies bucoliques. S’habiller, enfiler la grande jupe (« chima ») ou nouer le long ruban de la veste arc-en-ciel (« jeogori »), relève d’un apprentissage ludique mais parfois un peu compliqué… A la fin du livre, une page explique le Seollal.

L’auteure-illustratrice, Bae Hyun-ju est née en 1972. Après des études à l’université Ehwa de Séoul, elle a aussi étudié à la prestigieuse Hankook Illustration School. Elle a publié de nombreux albums en Corée. Elle a obtenu un prix à la 27ème édition du concours « Hankook album jeunesse » pour les deux titres sur le « Seolbim ». Elle est passionnée par la culture coréenne, notamment les traditions ancestrales.

2 nov. 2009

La relation de l'enfant à l'animal

Y a-t-il des ours en Afrique ? Satomi Ichikawa, Ecole des Loisirs, 2001.
A partir de 2/3 ans.
Meto habite avec sa famille dans un petit village de la savane. Un jour, une jeep amène des touristes. Parmi eux, une petite fille tient dans ses bras un ours en peluche. C'est un animal que Meto n'a jamais vu. Mais quand il s'aperçoit qu'il a été oublié par la petite fille, il court à travers la savane pour le restituer à sa propriétaire. Arrivera-t-il à temps?
Un livre sur la rencontre de l'Autre, l'observation, l'intuition, l'amitié et l'échange, traité avec beaucoup de naïveté et de fraîcheur, sous le regard d'un enfant d'Afrique. (je recommande)

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Ma chèvre Karam Karam, Satomi Ichikawa, Ecole Des Loisirs, 2007.
Deux amis, Konta et Samba, vont en pirogue au marché. Konta doit y vendre ses poissons, Samba veut y vendre sa chèvre. Les poissons n'ont plus leur mot à dire, la chèvre si. En tout cas, elle le pense. Et cette chèvre a décidé qu'elle ne serait pas vendue au marché. C'est une chèvre très intelligente. Elle sait que si elle se jette à l'eau, l'un des garçons va se lancer à sa poursuite. Elle sait qu'elle nage plus vite que lui, qu'elle court plus vite que lui, et qu'elle est bien plus maligne que lui. Elle sait qu'elle peut lui faire passer la pire matinée de sa vie, et ne jamais le laisser l'attraper. Mais elle sait aussi, cette petite chèvre, qu'elle a besoin d'un allié, d'un ami. Pour être sûre de ne jamais être vendue au marché. Et aussi parce qu'il est bien plus agréable d'avoir un ami qu'un ennemi. Et peut-être même parce qu'elle commence à éprouver de la compassion pour son pauvre poursuivant. Alors, après avoir mis toute son intelligence à l'épuiser, elle va mettre toute son intelligence... à se faire pardonner.

L'auteure, Satomi Ichikawa, une japonaise vivant à Paris depuis l'âge de 20 ans, autodidacte et voyageuse a écrit et illustré d'autres livres traitant de cet "animal pas comme les autres" et plus largement de la différence dont voici quelques titres : "Nora et le bébé canard", "Mon cochon Amarillo - Une histoire du Guatemala", "Le papillon de Boun"...