30 janv. 2010

Deux lecteurs, deux lectures...


Mercredi à la librairie, Sylvie Neeman, Olivier Tallec, Ed. Sarbacane, 2007. Dès 4/5 ans.

Tous les mercredis, ils se rencontrent à la librairie. Lui, c'est un vieux monsieur qui s'assoit toujours à la même place pour lire lentement, très lentement, toujours le même livre auquel il semble tenir malgré la tristesse qu'il lui inspire. Et tous les mercredis, il repose son livre avec cette phrase "pourvu que vous ne le vendiez pas trop vite". 
Elle, c'est une petite fille, qui ne lit que des bandes dessinées qui font rire et qui se lisent rapidement ! Elle se demande mais "pourquoi ne l'achète-t-il pas?".
Malgré leurs différences, des liens vont peu à peu se tisser. 
Extrait : "Je ne sais pas (...) pourquoi il lit ça. A quoi ça peut bien lui servir.
Moi, je rigole souvent, ou du moins je souris, avec mes BD. Lui, parfois, il sort un mouchoir de sa poche et s'essuie les joues. Un jour, il a vu que j'avais remarqué, pour les larmes. Il a haussé les épaules. Il a dit "Les vieux yeux coulent un peu trop facilement". J'ai pensé que ça n'expliquait pas tout."

On entre ainsi dans l'intimité des lecteurs, dans un lieu qui se veut inter-générationnel et aux couleurs d'une tendre mélancolie.
La fin de l'album est vraiment touchante, pleine de générosité et d'humanité. Un livre simple mais assez fort, il a le don de transmettre le goût du livre et de la lecture. Il représente assez bien l'univers cosy des librairies voire des bibliothèques.

28 janv. 2010

Le défilé des pattes cassées


Bobos, Agnès de Lestrade, Cristian Turdera, Milan Jeunesse, 
collection "La Mare aux histoires", 2009. Pour les 1/4 ans.
Rien ne va plus, tous les animaux ont des bobos ! Des petits, des gros… Un véritable défilé de pattes cassées et de nez bouchés. Bestiaire cocasse et détonnant, thème proche du quotidien des tout-petits, imagination et humour… un GRAND « Mare aux histoires » ! Les petits médecins ne savent plus où donner de la tête, tout va de travers chez les animaux ! Éléphant s’est enrhumé, Chauve-Souris fait pipi au lit, Biquette n’y voit plus rien...

Le duo Cristian Turdera & Agnès de Lestrade a également frappé avec L'Abécédaire des super-Héros (nov. 2009) mais vous connaissez sans doute beaucoup plus Les souliers de Jacob (illustré par Tom Schamp) ou Gustave et le Cerf-volant (illustré par Olivier Desvaux) ou encore, Le parapluie de Madame d'Hô (illustré par Martine Perrin) déjà présenté sur ce Blog...

Ici l'album "Bobos" nous parle de rhume, de pipi au lit, de jambe cassée, de dents de travers, de coup de soleil, d'un genou égratigné, de bosses, de la varicelle, de nausée, d'angine, de caries, de problèmes de vue et enfin... d'Amour.
"Tout a une fin, même les bobos"

Le ton de l'histoire est à la fois doux et humoristique, un livre bien pratique puisqu'il permet aussi bien de parler des petites maladies du quotidien que de découvrir de drôles de bêtes comme Mme la Chouette, Mme la Coccinelle ou la Chauve-Souris...

Au-delà même des illustrations, on comprend bien rapidement que la maladie n'est pas plus drôle pour soi, qu'elle ne l'est pour les autres !

Un livre sur les mots


Toupie et Confettis, Ann & Paul Rand, Seuil Jeunesse, 2007. 
Dès 3 ans.

Les auteurs invitent le lecteur à entendre la musicalité des mots, qui chantent page après page. Cette exploration du langage débute par la question "Un mot, qu'est-ce que c'est ?" Commence alors le descriptif de l'utilité du mot : une chose qu'on peut voir, entendre, des noms de personnes, qui disent aussi ce qu'on peut faire... Pour toutes situations, un terme approprié.

Dans les illustrations, circulent des lettres et des bouts de papier journal qui constituent des jeux typographiques d'ailleurs très graphiques ! Rien d'étonnant à cela puisque Paul Rand un des plus célèbre graphiste américain.


Le site de Paul RAND : http://www.paul-rand.com


VIDEO SUR LE GRAPHISTE PAUL RAND EN UN CLIC SUR LE TITRE DE CE MESSAGE

J'ai été mangé par un ogre mais Chuuut ! C'est un secret


Dans moi, Alex Cousseau , Kitty Crowther, Editions MeMo, 2007. A partir de 4 ans.


Je n'ai pas toujours été moi. Avant d'être moi, je n'étais pas dans moi, j'étais ailleurs. Ailleurs, c'est tout sauf moi. Ensuite, j'ai été moi, j'ai découvert un pays. Sa capitale est mon coeur. Ses arbres sont mes rêves. Ce pays, c'est dans moi.


Cette histoire traite de la rencontre avec soi, avec son corps, vécu de l'intérieur. Les questions que se posent l'enfant sont immortalisées par la présence d'un ogre, il dévore, il fait peur, il doit disparaître pour laisser place à l'équilibre et pourtant, ce petit bonhomme va devoir l'affronter.
A la fin, le visage de l'enfant se dévoile, des mots deviennent tout en couleurs.
C'est aussi ça grandir : se construire et ce n'est pas toujours évident parce que pour se trouver, des fois, il faut un peu de violence intérieure (d'agressivité) !!



Extraits du livre :
"Mais je n'étais pas le roi dans moi. Pas encore. J'avais des ennemis. Des ennuis. Dans moi, c'était la nuit."
"Il y avait trop de choses vraies pour que je sois en paix. Dans moi, il y avait quelqu'un qui voulait se débarasser de moi. Un ogre. Il me ressemblait, en plus grand, plus gros, les lèvres bleues."


Je vous assure, voilà un livre qui nous donne envie de rencontrer l'auteure-illustratrice belge Kitty Crowther
Née malentendante, Kitty Crowther a sans doute gardé ce lien avec l'enfance, elle semble être sensible à la beauté, à la fragilité des choses et des évènements. Kitty Crowther ne fait pas que dessiner, elle fait vivre le trait avec beaucoup d'émotions, jouant sur les couleurs et la lumière (avec l'ombre).
Ses influences Quentin Blake, Arnold Lobel, Tomi Ungerer, Beatrix Potter et bien d'autres.
Dans ses livres, il y a beaucoup d'animaux, pour les images et les symboles qu'ils représentent. Et oui... dans ce monde imaginaire, partagé par plus d'un artiste et par plus d'un lecteur, les animaux parlent, les objets aussi ! 
Ce que j'ai aimé c'est la singularité et l'authenticité de son travail, Mme Crowther est quelqu'un de vrai ! fidèle à ses convictions, au risque de déplaire, au risque peut-être de ne pas retrouver ses livres aux pieds des sapins de Noël. Pour elle, le dessin est aussi une forme d'écriture, vous comprendrez donc qu'il faut pouvoir en saisir la langue pour l'apprécier à sa juste valeur...


26 janv. 2010

Prédation - sans paroles



Révolution, Sara, Ed. du Seuil, 2003.
A partir de 7 ans et plus.


Le titre nous plonge immédiatement dans le sujet : un groupe de personnes sans arme se révolte. Leur drapeau de ralliement : un lion rouge sur fond noir. Face à eux des chars, des soldats armés qui répriment dans le sang le soulèvement. Le porte-drapeau du groupe est alors fait prisonnier. Peu de texte, quelques phrases, quelques mots seulement... des personnages, sobres - le trait de Sara - qui prennent toute la page, trois couleurs le rouge bien sûr, le noir et le blanc. La technique du papier déchiré vient appuyer l'ensemble - la déchirure !

------ CHARS ------ S'ENFUIR -------PRISONNIER ------ --------------
------ Ah si J'étais un Lion ! ------ : Un lion Rouge arriva... symbole de la révolution, le personnage principal l'incorpora littéralement.

Cet album montre ainsi de manière métaphorique comment l'individu isolé se transforme en combattant, en véritable "héros" sacrifié, au bénéfice de la cause collective.

EN APARTÉ

A propos de l'album Sara dit : « Je dois avouer que je ne crois pas au succès des révolutions toujours récupérées par des hommes de pouvoir. Mais je crois en la démarche, en la lutte, en l’espoir ». Entrevue avec Janine Kotwica, La Revue des Livres pour enfants, avril 2006.

« Celui qui a lutté devient une métaphore, un étendard pour le suivant ». Entrevue avec Janine Kotwica, La Revue des Livres pour enfants, avril 2006.

« Tous les enfants n’ont pas le même univers intérieur. Je me souviens de ce garçon de dix ans qui venait d’acheter, tout seul, Révolution et s’éloignait, le livre serré sur son cœur. » Entrevue avec Janine Kotwica, La Revue des Livres pour enfants, avril 2006.

SARA auteure-illustratrice mais aussi réalisatrice, photographe et auteure de théâtre est à découvrir à travers son site (pour ce faire, cliquez sur le titre de ce message).

25 janv. 2010

Traits de génie à ne pas oublier !

C'est en me replongeant dans mes notes prises à l'occasion de cours du soir en illustration et communication visuelle (ESAAD-Paris), que je suis tombée sur André Farkas.

Illustre dessinateur, affichiste, d'origine roumaine, naturalisé français en 1939, il prend comme nom d'artiste André François (1915 - 2005).

Vu que le thème de ce blog est consacré aux livres pour enfants, il me semblait essentiel de référencer Les Larmes de crocodile, édité par Robert Delpire, encensé par la critique américaine et traduit en quatorze langues et réédité en 2007 par Gallimard Jeunesse.


André François aura également illustré les poèmes de Jacques Prévert dans Lettre des îles Baladar (Gallimard Jeunesse, Le point du jour - 2007).

 
Il a par ailleurs travaillé avec François David sur Le Calumet de la paix (Edition Lo Païs d'Enfance/Le Rocher - 2002).

Les complexes renversables / "Hänsel et Gretel"


Hänsel und Gretel (1812) est un conte de fée allemand, repris par les frères Grimm et auparavant par Giambattista Basile.

Les principaux illustrateurs du conte furent :

Bertall - Gordon Browne - Anthony Browne - Walter Crane - George Cruikshank - Dorothée Duntze - Monique Félix - Attilio Mussino - Franz Graf von Pocci - Lisbeth Zwerger - Sybille Delacroix - Anastassija Archipowa - Joanna Boillat

L'histoire en bref :
Hänsel, un petit garçon, et sa sœur Gretel sont les enfants d'un pauvre bûcheron (ou selon les versions, d'un marchand de balais). Craignant la famine, l'épouse du bûcheron - la mère ou belle-mère des enfants selon... - le convainc de les perdre dans la forêt. Hänsel et Gretel entendent son plan et, recueillant de petits cailloux blancs, marquent le chemin jusqu'à chez eux ; ainsi la tentative de les perdre échoue. Toutefois, la mère pousse le père à réessayer, et cette fois, les deux enfants n'ont que des morceaux de pain à jeter derrière eux. Une fois abandonnés en pleine forêt, ils réalisent que le pain a été mangé par les oiseaux. Ils trouvent une maison en pain (les versions suivantes parleront de pain d'épices) avec des fenêtres en sucre, qu'ils commencent à manger. Ils ne savent pas qu'y habite la sorcière "Massepain", qui attire les enfants avec des friandises pour les brûler ensuite, changés en statuette de massepain. Hänsel est fait prisonnier. La sorcière ordonne à Gretel de tout préparer pour la cuisson afin d´engraisser son frère et chaque jour, la sorcière vérifie s'il est suffisamment gras pour être mangé. Très vite, la sorcière n'en pouvant plus d'attendre décida de manger le frère, la petite Gretel poussa alors la sorcière dans le feu (le four en fonction des versions) et libéra Hänsel. Ils reprirent alors la route en direction de la maison parentale où ils retrouvèrent un père ronger de culpabilité et de chagrin ; la mère était morte!

"Aie confiance, chère petite soeur, et dors tranquille. Dieu ne nous abandonnera pas."


(extrait tiré d'Hänsel et Gretel, illustré par Muriel Kerba, In "Contes. Les Frères Grimm", Editions Lito, 2005).

Ce conte, certainement un des plus forts des Frères Grimm puise dans tous les imaginaires d'un inconscient collectif de l'angoisse. On y retrouve la marâtre, la sorcière (image des parents méchants et frustrants), le sentiment d'abandon, la peur de l'abandon..., la frustration matérielle, la pauvreté ou le rêve d'opulence, l'infanticide (courant au XIXe siècle), le feu et les friandises (plaisir de la bouche, par extension... le sein maternel), tous deux à la fois symboles de douceur et de torture, punissant de toutes désobéissances l'enfant qui s'en approcherait ou en abuserait un peu trop.

Les contes de fées, contrairement à ce qu’on affirme trop souvent, ne traumatisent pas leurs jeunes auditeurs. Ils décrivent une situation inconsciente que les enfants reconnaissent au passage, inconsciemment, là encore ; ils informent des épreuves à venir, des efforts à accomplir. Mais les contes s’achèvent toujours par le succès et le réconfort. L’enfant, en s’identifiant au héros ou à l’héroïne, exige cette fin heureuse.

Bruno Bettelheim, célèbre psychanalyste et pédagogue américain d'origine autrichienne, a choisi pour illustrer son propos, des contes populaires dans le monde entier, dont “Hänsel et Gretel” !
Le postulat qu'il propose en 1976 est donc que le conte de fées exerce une fonction thérapeutique sur l’enfant. En résumé, voici comment B. Bettelheim analyse lui-même ce conte des Frères Grimm.

Le conte commence par une situation très réaliste : les parents sont pauvres et se demandent comment ils vont faire pour nourrir leurs enfants. Il exprime une vérité importante et désagréable, celle que la pauvreté et les privations n’améliorent pas le caractère de l’homme, mais qu’elles le rendent plus égoïste , moins sensible aux souffrances des autres et enclin, par conséquent, à se lancer dans de mauvaises actions. Dans les termes de l’angoisse dominante de l’enfant, Hänsel et Gretel croient que leurs parents méditent de les abandonner, ce qui se traduit par la peur de mourir de faim. La maison de pain d’épice est une image que personne ne peut oublier ! Dans les rêves comme dans les fantasmes et l’imagination de l’enfant, la maison, c’est à dire l’endroit où il vit, peut symboliser le corps, et habituellement, celui de la mère. Ainsi, la maison représente pour l’inconscient la mère bonne qui donne son corps en pâture. Mais, derrière cet abandon sans limites à la gloutonnerie se trouve une menace de destruction. La régression au premier stade “paradisiaque” de l’être _ quand on vit en symbiose avec la mère en buvant la vie à son sein interdit l’individualisation et l’indépendance. Elle met même la vie en danger, comme le montrent les tendances cannibales qui sont personnifiées par la sorcière. Les mauvais desseins de la sorcière amènent finalement les deux enfants à prendre conscience des dangers de l’avidité orale incontrôlée et de la dépendance. Cessant d’être le jouet de leurs instincts, ils font travailler leur intelligence et inventent les ruses qui les sauveront de leur périlleuse situation. Profondément bouleversé de constater qu’elle n’est plus inconditionnellement dévouée à son service, qu’elle devient exigeante et se consacre à ses propres intérêts (quelque chose dont l’enfant, jusque-là, ne voulait pas prendre conscience), il imagine que sa mère ne s’occupait de lui et ne créait un monde de félicité orale que pour le tromper, comme le fait la sorcière de l’histoire.

Sur la fin de l'histoire, la rivière qu’ils doivent passer sur le chemin du retour symbolise une transition et un renouveau qui annonce un palier supérieur de l’existence. Jusqu’au moment où ils doivent passer l’eau, les deux enfants ne se sont jamais séparés. L’enfant d’âge scolaire doit prendre conscience de son unicité personnelle, de son individualité, ce qui signifie qu’il doit cesser de tout partager avec les autres, qu’il doit vivre dans une certaine mesure par lui-même et poursuivre seul son chemin. L’aventure des enfants dans la maison de la sorcière les a guéris de leur fixation orale. Lorsqu’ils étaient dépendants, ils étaient un fardeau pour leurs parents; en revenant avec le trésor qu’ils ont conquis, ils sont le soutien de la famille. Le rôle important que joue Gretel au cours de la délivrance rassure l’enfant en lui montrant que la femme peut être aussi bien secourable que destructive. Il encourage l'enfant à accéder à un plan supérieur de la vie psychologique et intellectuelle.

Cf. Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées, traduction de Théo Carlier, Robert Laffont 1976, rééedition Pocket, 1999.

L'arrivée de bébé, son départ expliqué aux enfants


Dans le ventre des dames, des fois, il y a un bébé, Malika Doray, Ed. Didier Jeunesse, 2003. Dès 3 ans.
Dans le ventre des dames, des fois il y a un bébé… un bébé fruit de l’amour, un bébé produit d’une rencontre, un bébé qui grandit au creux du ventre. Quand le bébé grandit, le ventre grossit. Puis le bébé naît… mais… dans le ventre des dames, des fois, il n’y a pas de bébé… des graines (des gamètes, en somme) qui ne se rencontrent pas et un nid douillet, paré à accueillir un peut-être nouvel être, qui ne sert pas… alors qui s’échappe, sous forme de sang.


Un joli livre, original, à deux entrées... le texte est très très imagé, un livre qui se regarde dans les deux sens, pour répondre à deux questions qui vont ensemble : comment cela se passe dans le ventre des dames quand il y a ou quand il n’y a pas de bébés ? L'écriture de Malika Doray se fait poésie pour décrire la fécondation, le développement utérin, l’accouchement, l’ovulation, les règles, le choix de faire ou de ne pas faire un enfant, qui n’est parfois pas vraiment un choix… Son dessin vient en contrepoint sobre, poétique, laissant libre cours à la représentation de chacun. Son trait expressif est simplement rehaussé de touches rouges et roses, odes à la vie. Une bien belle manière d’évoquer la naissance et la féminité avec des mots qui sonnent juste !

Dans la série "du temps qui nous échappe"


Débordée, ATI, Kaleidoscope, 2003. Dès 2 ans.
Dans la famille Autruche, il y a quatre enfants : Oscar, Audrey, Olga et Aurel. Ils sont mignons; ils sont malins, leur maman les adore. tout va bien entre ces bébés et leur maman, jusqu'au jour où maman disparaît…
Dès la première page on perçoit l’humour de cet album avec les animaux qui se courent après et essaient de se rattraper. Les couleurs tiennent une place essentielle, nous indiquant l'évolution même de cette maman débordée...

Ati est l'auteur et l'illustrateur de "Déménager jamais" (2003), "On veut être grand" (2003), "Le doudou des camions-poubelles" (2006).

------------------------------------------------
Pour la version masculine/ des papas :

Le papa qui n'avait pas le temps, Isabelle Charly, Danièle Fossette, Ed. Gautier-Languereau, 2007.
Dès 4/5 ans.
Jules pourra-t-il enfin voyager avec son papa ?
Malgré tous ses jouets, Jules s’ennuie. Son papa, avec tout son travail et son gros paquet de soucis, n’a pas le temps de s’occuper de lui. Pourtant, il voudrait tellement faire ce grand voyage avec lui, comme un jour, il le lui a promis.
Aussi, c’est en rêve, qu’un soir, du pays des Modoux à celui des Milportes en passant par la planète des Totoutards, Jules fait le grand voyage qui va le rapprocher enfin de son papa. Ce papa qui va apprendre à dire des mots doux et sucrés, à mesurer le temps avec son cœur et… à enfin prendre du temps pour son petit Jules chéri.
Les illustrations, fraîches et originales, nous plongent dans des décors des années 1960. Elles évoquent les mondes imaginaires dans lesquels s’envole ce père qui va, lui aussi, apprendre et pleurer comme un enfant. Le champ lexical est là pour appuyer la notion de temps (tôt ou tard, immédiatement, tout de suite, aussitôt, bientôt, de nouveau, tout le temps, minute, vite...)... Vous verrez que ce petit Jules se sent très bien à son réveil !!

L'auteure Danièle Fossette est une ex-professeur de lettres, elle a enseigné en France et à Madagascar. Aujourd’hui membre de la Charte des auteurs et illustrateurs pour la jeunesse, elle anime des ateliers d’écriture en milieu scolaire, mais aussi en milieu social défavorisé. Dans ses écrits, avec délicatesse, elle aborde souvent des thèmes difficiles, comme la solitude ou la pauvreté.

Ciel gris, alerte à la mauvaise humeur !


Les ailes d'Anna, Anne Cortey (aut.) et Anaïs Massini (ill.), Ed. Autrement Jeunesse, 2009.
Aujourd’hui tout est gris et orageux. C’est l’orage aussi dans la tête des parents d’Anna. Elle, elle n’aime pas les disputes, alors pour échapper aux mauvais mots elle s’élance dans le jardin et fait battre ses ailes imaginaires. Le vent l’emporte et la fait voyager à travers le ciel, à travers les nuages… Elle rencontre toutes sortes d’objets fantastiques, de gens étonnants et elle se laisse porter, légère et rêveuse. Soudain une voix l’appelle, c’est sa maman qui a préparé à manger. La tempête a disparu avec le vent, et ses parents sont redevenus calmes et attentionnés, comme elle les aime. Un conte d’une grande douceur qui nous livre les rêveries intimes d’une petite fille qui n’aime pas voir ses parents se disputer. Un voyage onirique pour aborder les thèmes sensibles de la dispute et de l’incompréhension des adultes.

Anne Cortey est née en 1966 à Avignon. Elle a suivi des études d'histoire de l'art. Elle a travaillé en librairie jeunesse puis en free lance dans l'édition jeunesse. 


Anaïs Massini est née en 1977 et a étudié l'illustration en Allemagne à Hambourg et à l'école des Arts Décos de Strasbourg dont elle est diplômée. Après une pause consacrée à l'arrivée des ses enfants, elle a repris son envol notamment avec Les Ailes d'Anna paru aux éditions Autrement Jeunesse, un livre dont elle se sent particulièrement proche. Elle vit depuis 2005 dans un petit village de l'Aveyron.
Son site : http://anaismassini.com

19 janv. 2010

Entre paix et conflits, l'album jeunesse...


L'ennemi, Davide Cali, Serge Bloch, Ed. Sarbacane, 2007.
A partir de 7 ans.
C'est la guerre.
On voit quelque chose qui pourrait être un désert, dans lequel il y a deux trous. Dans les trous, deux soldats. Ils sont ennemis. S'informer, utiliser son esprit critique, agir individuellement et collectivement sont les fondements du travail d'Amnesty International pour dénoncer et faire cesser les atteintes aux droits humains. C'est à cette prise de conscience qu'appelle l'histoire de ces deux soldats. 
En s'associant à la parution de cet ouvrage, l'Historial de la Grande Guerre soutient une démarche originale, correspondant pleinement à celle qu'il a engagée depuis bientôt 20 ans. Ce musée unique et novateur s'intéresse au quotidien des soldats et civils français, anglais et allemands durant la Première Guerre mondiale, et propose une réflexion sur les causes et le déroulement de ce conflit et ses conséquences sur le XXe siècle.






Cet album permettra à l'enfant comme aux plus grands de développer une opinion personnelle sur 'l'ennemi', celui que le manuel scolaire décrit comme une bête sauvage... Il met en avant l'ignorance des peuples et la difficulté de sortir d'une guerre.


David Cali est un auteur de livre pour enfants italien. 
Son site : http://www.davidecali.com

Serge Bloch est né à Colmar en 1956. Illustrateur pour enfants.
Son site : http://www.sergebloch.net

18 janv. 2010

Lorsque Yin et Yang s'accrochent et se rapprochent


Monsieur Pan, Kathrine Kressmann Taylor, Princesse Camcam (illustrations), 
Ed. Autrement jeunesse, 2008.

Monsieur Pan, reclus dans une maison aux murs rouges entourée de bambous et au jardin harmonieux avec son joli bassin aux poissons rouges. Homme respectable, figure de sage, Monsieur Pan ne parvient pourtant nullement à faire preuve de calme et de relativisme sur toutes les questions qui touchent à sa santé. Lorsqu’il fait ses ablutions, il redoute de se noyer. Si la fibre de ses vêtements le démange, il craint une redoutable piqûre d’insectes. Une ampoule apparaît sur sa main, et voilà qu’il craint être touché par la lèpre. Hypocondriaque diriez-vous ? En réalité, Monsieur Pan redoute la mort.
Enfermé dans sa solitude, il ne sait apprécier la vie à sa juste valeur et s’imagine chaque instant à l’article mort. Mais ce n’est pas sa vie que la mort va venir cueillir, mais celle de sa sœur laissant derrière elle trois orphelins, deux jolies petites filles, Fleur Blanche d’Amandier et Petite Branche de Saule, et un gentil petit garçon répondant au prénom de Calme Serein. L’arrivée de ces enfants dans la vie de Monsieur Pan va venir bouleverser toutes ses habitudes, lui faisant oublier sa petite personne et son confort. Monsieur Pan va s’ouvrir aux autres, aux mondes pour offrir à ses petits un bel avenir. Sa générosité va ainsi le guider sur le chemin de la paix et de la sérénité. Un homme sensible au grand coeur ce Monsieur Pan.

Un album remarquable, une histoire inoubliable sur la relation à soi et aux autres, sur la maladie (hypocondrie, phobie, peur morbide, anxiété). Un album qui nous ré-interroge sur le sens même de la vie et au-delà, qui a le pouvoir d'ouvrir ses portes à la notion de parentalité, de famille. Un livre plein d'espoir !

----------------
Kathrine Kressmann Taylor a notamment publié l'ouvrage Inconnu à cette adresse (Address Unknown, 1938), correspondance entre un marchand d'art juif vivant à San Francisco et son ami et associé, rentré en Allemagne en 1932 et qui adopte progressivement l'idéologie nazie.

Aussi, vous pourrez découvrir le blog de l'illustratrice Princesse CamCam en cliquant sur le titre de ce message.

15 janv. 2010

Mal-être : Avis de tempête !


Le nuage de Clara de Candice Hayat, 
Ed. du Rouergue, 2006. Dès 4 ans.
Qu'est-ce qui rend Clara si terne et morose ? Ses parents, sa soeur Suzanne et sa copine Rose font tout pour la voir sourire, mais qu'il pleuve ou qu'il fasse grand soleil, Clara a l'impression qu'un ciel bas pèse sur son monde. En elle, une tempête, et au-dessus de sa tête, un nuage qu'aucune averse de larmes ne tarit... Pour que s'apaisent enfin ces intempéries qui la chamboulent, ses parents l'emmènent rendre visite à M. Cumulus. A lui parler de la pluie et du beau temps et de tout ce qui occupe ses pensées, Clara sent que son ciel se dégage et que le soleil réapparaît dans son horizon ; elle est de nouveau une petite fille enjouée qui s'amuse avec ses amis, même les gros nuages et les averses ne parviennent plus à entamer sa bonne humeur....


Extrait du livre:
- Que se passe-t-il ?
- Clara, tu boudes ?
Ses parents sont perplexes.
Clara, pourtant, ne fait pas de caprices.
En elle s'est la tempête.
Et partout ailleurs, il fait beau...



L'auteure-illustratrice, Candice Hayat est née en 1976 à Paris. Elle est diplômée d'illustration de l'école Estienne et témoigne si bien du terrible mal-être qu'engendre la dépression. Lorsque la maladie se déclare chez l'enfant, souvent il n'arrive pas à l'exprimer, dans ce cas, il semble important d'éviter les ruptures et de favoriser l'approche relationnelle. Un livre qui, de ce point de vue, est intéressant pour amorcer le dialogue ou le poursuivre avec parents et spécialistes concernés.

Le graphisme, très coloré, est là pour nous rappeler les beaux moments de la vie, la métaphore météorologique vient dédramatiser la situation, avec beaucoup d'humour et de légèreté. On espère que l'enfant en souffrance se souviendra de Clara et de Monsieur Cumulus !!

Aux Éditions du Rouergue, Candice Hayat a publié Schproutz (2000. Titre épuisé) et illustré La Chauffeuse de bus (texte de Vincent Cuvellier, coll. "Zig Zag", 2002), Ma vie de chien (texte de Vincent Cuvellier, 2004) et Fil d'or et bottes blanches (texte de Irène Cohen-Janca, "Zig Zag", 2005).

14 janv. 2010

Electre et Oedipe entre les lignes

Peau d'âne, Charles Perrault, Miss Clara (ill.), Ed. Magnard, 2007. 
A partir de 5 ans.


J'ai choisi de mettre en avant cette version uniquement par rapport à la qualité de cet album, particulièrement bien illustré par une "magicienne du papier" : Miss Clara !

L'illustratrice jour ici sur la matière et les volumes, elle met en scène les décors, les personnages usant de différentes techniques : collage, couture, teintes... Les textures et motifs des tissus sont d'un grand intérêt, ils révèlent toute la dimension imaginaire et artistique de ce travail (remarquable). 

N'hésitez pas à consulter le site de Miss Clara, à l'adresse suivante :
http://lescarnetsdemissclara.blogspot.com


Le plus célèbre des complexes d'Oedipe, qu'Oeil d'Ailleurs a sélectionné pour vous est Peau d'Ane dont la version la plus célèbre est celle de Charles Perrault, parue en 1694.

Cette princesse orpheline de sa mère, séduira son père au point que, retrouvant en elle sa femme défunte, il voudra l'épouser. Pas qu'un complexe d'Oedipe, un projet incestueux en effet ! que la psychanalyse appellera plus tard le «complexe d'Électre», désigné par Freud comme une sorte de « complexe d'Œdipe féminin ».

La fée marraine de l'enfant, va dissiper tout malentendu en apprenant à la princesse à ne plus confondre les amours : on aime ses parents mais on ne les épouse pas !
La salissure ressentie par l'enfant est ici matérialisée par la peau d'âne, vêtement répugnant qu'elle choisit de porter et qui lui vaut son surnom - on ne connaît pas à cet égard son véritable prénom. Par la suite, elle devient souillon et s'engage dans une ferme. La séance finale permettra au prince d'éliminer toute relation impropre : femmes nobles mais non aimées du prince ou femmes de condition inférieure (mésalliance) sont éliminées en raison de leur doigt trop gros.

Je vous invite à consulter le texte - complet - du conte de Perrault, 
en cliquant tout simplement sur le titre de ce message (extrait de "Wikisource").

12 janv. 2010

Info : François Bégaudeau (nouveauté)


François Bégaudeau, auteur notamment de Entre les murs (ed. Folio, 2007), scénariste du film qu'il interprète lui-même, pour lequel il obtient en 2008 la Palme d'or au 61e Festival de Cannes sortira le 10 mars prochain un essai, Parce que ça nous plaît - L'invention de la jeunesse, en collaboration avec Joy Sorman, aux éditions Larousse. Les auteurs décrypteront la jeunesse et la représentation que la société s'en fait.

11 janv. 2010

Un enfant qui comprend mieux grandit mieux (Dolto)

Parler de l'enfant et à l'enfant, chercher à mieux le comprendre, sans prétendre donner des recettes ou des leçons d'éducation, sans caractère de soin mais plutôt à titre de médiation, de simple curiosité et de diffusion du savoir... rien de mieux que de vous parler à ce titre d'une Dolto ! Ainsi, j'ai choisi de vous présenter les oeuvres de la fille Catherine Dolto (par ailleurs, soeur du chanteur Carlos).
Catherine Dolto dont nous connaissons tous au moins un ouvrage est l'héritière désignée par sa mère. Exécutrice testamentaire de Françoise Dolto mais aussi détentrice d'un droit moral. Elle assista sa maman pour l'émission radiophonique "Lorsque l’enfant paraît" sur France Inter, en résumant toutes les lettres de parents en difficulté face à l'éducation de leur enfant (exercice renouvelé à ce jour sur France 5 avec le pédopsychiatre Marcel Rufo qui répond aux questions des parents sur l'émission (diffusée tous les jours à 10h05) "Allô Rufo").
Née en 1946, Catherine Dolto est haptopsychothérapeute et auteure de livres sur la santé des enfants. Au début des années 1980, elle rencontre l'éditrice Colline Faure-Poirée. C'est donc presque tout naturellement qu'elles vont créer ensemble des collections qui abordent toutes les choses de la vie en s'adressant directement aux enfants de 2 à 7 ans. En 1988, c'est la parution de "Paroles pour adolescents", un livre à trois voix de Françoise Dolto, Catherine Dolto et Colette Percheminier. En 2001, Catherine Dolto publie le "Dico Ado" pour lequel elle a réuni autour d'elle de nombreux spécialistes, des médecins, des gynécologues, des diététiciens, des psychanalystes… En tout, elle compte plus de 68 titres à son actif !

En matière d'éducation, il faut faire preuve de bon sens disait Françoise Dolto... Un peu de bon sens permet de débrouiller une situation qui au départ, paraît extrêmement confuse, et dramatique.

Docteur Catherine Dolto, collection Mine de Rien / Giboulées, publiée chez Gallimard Jeunesse :









Au pays des jouets, oui-oui... c'est bien lui !


(Ici : Sophie Smallwood et l'artiste Robert Tyndall en compagnie d'un géant Oui-Oui).


Oui-Oui, le célèbre lutin en bois que tous les enfants de 2 à 6 ans adorent, à découvrir notamment sur France 5 dans l'émission les ZouZous, sur Mon Ludo.fr, a fait peau neuve à l'occasion de ses 60 ans, sous la plume de Sophie Smallwood, la petite-fille d'Enid...

Ce personnage est tellement "important" dans la vie de nos petits qu'il méritait bien qu'on s'y attarde, le temps d'un billet que voici.

Et bien, figurez-vous que Oui-oui a été créé en 1949 sous l'intitulé Noddy Goes to Toytown par Enid Blyton (née dans l'Est Dulwich, Londres, le 11 Août 1897) avec l'aide de l'illustrateur néerlandais Harmsen van der Beek
Il prendra naissance pour la première fois en français en 1962 dans la collection la "Bibliothèque Rose" des éditions Hachette (Le Club des Cinq... c'est aussi ça...).
Son vrai nom comme le précédent titre l'indique est Noddy qui signifie en anglais "hochement de tête".
La série des Oui-Oui comporte 24 titres écrits entre 1949 et 1963, elle est rendue célèbre par ses nombreuses adaptations et la vente de licences pour différents jouets et jeux.
Oui-Oui vit au Pays des Jouets, à Miniville. C'est un enfant, autonome, il a sa propre maison et est le chauffeur de taxi de la ville. Ahhh, la voiture de Oui-Oui... Quelle merveille !! Elle ne parle pas mais s'exprime à coups d'avertisseurs sonores.
Ses meilleurs amis que vous connaissez sans doute déjà sont : Potiron (le savant), Mirou (l'oursonne en peluche), Zim (le chien de Mirou), Monsieur La Pompe (le garagiste), le Clown, Jumbo (l'éléphant), Mélissa (la petite marchande), Mademoiselle Chatounette (la chatte en peluche au mauvais caractère), Monsieur Culbuto (un gourmand qui bégaye), Mademoiselle Ouistiti (qui adore faire des farces), Nestor Bouboule (un ourson turbulent), le gendarme, Mathurin (le marin), Monsieur Souriceau (la souris), Messieurs Sournois et Finaud (les méchants lutins). Ils sont présents dans la nouvelle version Noddy and the Farmyard Muddle de Sophie Smallwood (Auteure), Enid Blyton (Créatrice), Robert Tyndall (Illustrateur), éditions HarperCollins Children's Books (29 octobre 2009).

Voir le site officiel Noddy, en cliquant sur le titre de ce message.

9 janv. 2010

Amitié, école et déménagement


Mon meilleur ami du monde, Carl Norac & Claude K. Dubois, 
Ed. Pastel/ L'Ecole des Loisirs, 2005. Dès 3 ans.
Ce matin, comme tous les matins, Lola est heureuse de retrouver Simon. Mais Simon a l’air embêté. Il doit annoncer que ses parents déménagent et qu’il va changer d’école. Lola va-t-elle perdre son meilleur ami du monde ?

Un livre qui nous montre en effet que l'ami peut - aussi - être celui qui nous fait souffrir (directement ou pas, comme dans ce cas) mais également que l'amitié est possible à distance (ainsi que les retrouvailles).


La solitude, la fragilité de l'être et des instants sont présents dans les scènes de jeux, durant ces moments de récréation, parfois beaucoup trop longs pour la petite Lola. La question du déménagement n'est ici que prétexte pour parler de ce lien, partagé universellement, socialement admis et même encouragé.
Une belle amitié donc, totalement inconditionnelle, qui échappe aux notions de temps, de jugements et d'intérêts, la plus pure qui soit ! Support idéal pour philosopher avec nos enfants sur la notion d'amitié.






Du même auteur :
Les Mots Doux ; L'Ile aux câlins ; Bonjour, mon petit coeur ; Un bisou, c'est trop court ! ; Tu m'aimes ou tu m'aimes pas ? ; Je suis un amour.

Fantasme archaïque, le Genre Masculin/ Féminin


Je veux un zizi ! de Laetitia Lesaffre, Ed. Talents Hauts, 2007. Dès 5 ans.

Comme le titre l'indique, c'est l'histoire d'une fillette qui souhaite avoir un zizi ! Sujet bien souvent abordé en psychanalyse.
Énumérant les diverses avantages d’avoir un sexe masculin, cette petite fille est vite confrontée aux contre-arguments de son petit frère. 
Le récit est emprunt d’une morale assez simple et universelle : qu’on soit une fille ou un garçon, nous sommes tous les mêmes, soumis aux mêmes lois et encore plus lorsque que l’on est un enfant !


Dans la même lignée :



Fille ou garçon ? de Sabine de Greef et Fleur Camerman, Alice Jeunesse Editions, Histoires comme ça, 2008. Dès 3 ans.
Résumé :
« Fille ou garçon ? Difficile de répondre à cette question… »
Il y a les papas et les mamans : ce sont les grands. Il y a les enfants et les bébés : ce sont les petits. Il y a les grands-pères et les grands-mères : ce sont les pleins de rides. Et il y a les filles et les garçons. Comment les reconnaître ? Parfois, c’est très facile, et parfois, c’est très difficile. Mais il y a un moyen de savoir la différence et, alors, plus moyen de se tromper. Vraiment ?

Vous comprendrez vite en lisant cet album qu'un éléphant ça trompe énormément...

Au début du livre, les filles jouent à la poupée et sautent à la corde, tandis que les garçons jouent au ballon ; mais à la fin (à la piscine, avec bébé...), les cartes sont brouillées ! Impossible de savoir si les enfants ont échangé leurs jouets ou leurs vêtements : est-ce la robe qui fait la fille, ou la poupée, ou rien de tout ça ? L'auteure Sabine de Greef nous propose avec délicatesse une opposition entre « filles » hyper-féminines et « garçons » hyper-virils, dans l’attitude et le vêtement. A voir...

Biscornue, envoûtante, elle l'est !



Mademoiselle Bizarre, Raphaël Baud (auteur), Sophie de La Villefromoit (ill.), 
Ed. Chocolat, 2008. Dès 4 ans.


Sarah n'est pas une petite fille trés appréciée. Ses drôles de vêtements, ses animaux étonnants, son allure étrange lui ont valu le surnom de mademoiselle Bizarre. Son jeune voisin Hector, curieux et téméraire, ose un beau jour se glisser chez elle et son père, un peintre truculent et fantasque. Il découvre alors qu'elle partage avec lui un talent magique, celui de rendre réelle toute chose qu'il peint. Mettront-ils leur don incroyable au service de la population, menacés par une tornade qui s'avance sur la ville ? 
Dans une atmosphère sombre, magique et intemporelle, Mademoiselle Bizarre associe avec humour le fantastique et l'effrayant.



Un album extrêmement réussi alliant inventivité et créativité. Le thème est vraiment très bien traité et mène à une découverte plus riche encore: celle du monde de l'art. Un art au service de l'imagination, qui donnera envie aux plus jeunes de s'interroger sur la peinture, le pouvoir de celle-ci à rendre les objets réels, visibles. Un album divertissant par son côté fantastique, l'histoire d'une fille pas comme les autres; attire d'emblée la curiosité des jeunes lecteurs qui auront très envie de connaître la suite. Enfin un album attrayant, par les couleurs et les dessins très prometteurs, qui créent une ambiance mystérieuse, des couleurs un peu sombres, des formes originales, une Sarah au regard expressif et un compagnon chat amusant.

Raphaël Baud : Graphiste et illustrateur, Raphaël Baud s’adresse depuis plus de dix ans à des publics scolaires, à travers des ouvrages pédagogiques, livres de jeux, CDRom et publications variées dans les domaines de la découverte et de la culture. Passionné par le graphisme, la littérature, et par la fabrication des beaux livres, il crée en 2007 les éditions Chocolat ! Jeunesse, afin de proposer au jeune public une vision à la fois graphique, poétique, accessible et populaire du livre pour enfant.
Le site professionnel de l'auteur : www.artplatz.fr


Sophie De La Villefromoit : Formée aux beaux-arts de Brest et à l'école Emile Cohl, Sophie de la Villefromoit a publié chez Petit à petit dans le collectif les contes d'Andersen (2007), dans le collectif les chansons de Charlélie Couture (2007) et Poucette au Seuil jeunesse (2008). 
Son site : http://sophdelav.ultra-book.com/portfolio


Le site des éditions Chocolat propose un accompagnement pédagogique de ce livre (.pdf), preuve que Mademoiselle Bizarre a de quoi faire parler d'elle !!!
Cliquez sur le titre de ce message pour arriver directement sur le document d'accompagnement.

5 janv. 2010

Salon tunisien du livre pour enfants

Le salon du livre pour enfants est un événement annuel organisé par l’association du salon du livre pour enfants fondée en 1995. 
Depuis sa création, cette association s’efforce d’être une composante basique de l’épanouissement culturel et littéraire de l’enfant dans la région. Ce Salon devient un véritable festival printanier du livre sous ses diverses formes et avec nombreux emprunts et modes d’utilisation.
En effet, en marge du Salon, une pléiade d’actions et d’activités ciblées (projections, représentations, rencontres…) s’ingénie à développer encore et encore l’intérêt pour les livres et la culture.
Près de 100 000 enfants viennent chaque année frapper à l’une des principales portes du savoir, celle des livres. En 2010, le salon fête sa 17ème édition.

Date : du 17/03/2010 au 27/03/2010

Contact :
Bibliothèque Publique du Jardin
Route de l'Aéroport
Sfax 3003

Découvrez le site Internet dédié en cliquant sur le titre de ce message.

Place à l'auteur belge Carl Norac


Tête en l'air, de Carl Norac, Beppe Giacobbe (ill.), 
Editions du Rouergue, 2009. Dès 6 ans.

Quidam veut toujours faire le contraire de tout le monde. Quelle aubaine quand, un matin, il ne trouve plus sa tête sur ses épaules ! Un homme sans tête, ça c'est original.

Des lunettes de soleil quand il pleut et un bonnet en plein été : Tête en l'air, lui ? Non, juste fier de sa différence. Un matin, son visage se volatilise laissant un corps sans tête. Ca c'est original, mais pas si simple à porter à en juger par le regard d'effroi que lui lancent les passants. Quidam se met alors en tête de la remplacer par un objet. Une horloge pour prendre son temps ? Un ballon doux à toucher ? Une télévision pour faire la conversation ? Mais quel que soit l'objet, Quidam ne se reconnaît pas avec ces têtes improvisées. Après une semaine passée à se transformer de tête en tête, il trouve enfin la sienne, la vraie, rangée sous l'évier. Et peut enfin profiter du bonheur d'être redevenu lui-même.

L'album parle de manière poétique et avec beaucoup d'humour de la construction de notre propre identité. Tête en l'air  ne peut être compris que par des enfants en âge de comprendre le concept même de libre arbitre, de conformisme, d'intégration. 

4 janv. 2010

Frontière


Ici, c'est chez moi de Jérôme Ruillier, Ed. Autrement jeunesse, 2008. Dès 3 ans.




Un petit bonhomme trace un trait de craie qui sépare la page en deux.
« Ici, c’est chez moi !» décrète-t-il, bien décidé à garder son territoire, mais déjà un escargot approche et franchit allègrement la limite, puis une branche d’arbre tombe sur la ligne, des nuages passent, des feuilles et même un lapin. La sentinelle fronce les sourcils : décidément la nature n’a cure des frontières. Arrive alors un autre enfant qui, voyant la ligne, fait demi-tour.

Satisfaction du premier jusqu’à ce qu’il se ravise… Des formes de papier découpé sur des fonds chaque fois différents et trois fois rien dans la page : cet album de Jérôme Ruillier réussit en deux coups de crayon et juste ce qu’il faut de mots, à traduire des notions aussi abstraites que la frontière, la propriété et le territoire, la peur de l'Autre mais aussi la solitude et le partage. Bien vu !


Cet album  comporte peu de texte. Le tracé sobre des images, la simplicité et l'expressivité des illustrations permettent beaucoup de choses en termes d'innovations pédagogiques. 



Jérôme Ruillier garde toujours son style épuré. Les personnages qu'il met en avant sont souvent bornés et "obsessionnels", cf. Monsieur Toutécarré, Albin Michel Jeunesse, 2004. Il est auteur et illustrateur, diplômé des Arts décoratifs de Strasbourg.


D'autres ouvrages en son nom : 
- Le coeur-enclume, 2009. Une BD sur la Trisomie.
Le nouveau monde un monde de différences, 2008.
- La promenade de Ninon, 2003 (écrit par Isabelle Carrier).