30 juil. 2010

Jeu de correspondance (The colors)

The very hungry caterpillar (qui a été traduit sous le titre : La chenille qui fait des trous) , The very busy spider (en français : L'araignée qui ne perd pas son temps)...  
Qui ne connaît pas les livres d'Eric Carle
Le blog "Oeil d'Ailleurs" a sélectionné pour vous une série d'albums cartonnés en anglais pour les petits, à partir de 2 ans, il s'agit de la série : Mon tout premier livre de... 

De l'auteur, vous trouverez à lire successivement, My Very First Book of Food,  My Very First Book of Motion, My Very First Book of Shapes, My Very First Book of Numbers, My Very First Book of Words...

N'ayant à ma disposition que My Very First Book Of Colors d'Eric Carle, je m'en tiendrai à vous présenter celui-ci. L'album a été publié une première fois aux USA par Philomel Books (2005) puis en Grande-Bretagne, par Puffin Books (2005). Son prix : £5.99 (environ 6€).

Pour les "bébés" francophones, cet album-jeu est idéal pour débuter dans l'apprentissage de l'anglais. Le livre est divisé en deux parties. Sur la partie supérieure : les couleurs et les noms de couleurs s'y rapportant (white, blue, green...), sur la partie inférieure se trouvent des images qu'il faut associer avec celles du haut. Le concept pédagogique est intéressant, il favorise l'initiation aux langues étrangères sans trop de réticence de la part des petits. Il est plutôt ludique.



© Eric Carle, Eds Puffin Books, 2005. 

© Eric Carle, Eds Puffin Books, 2005. 


Eric Carle auteur-illustrateur américain de littérature de jeunesse, est né à Syracuse en juin 1929. Ses parents sont originaires d'Allemagne et en 1935 sa famille retourne vivre à Stuttgart où Eric Carle grandit. Rapidement, il se met à apprendre l'allemand puis, l'anglais. Après un graduat à la prestigieuse Académie des arts de Stuttgart, il décide de revenir au pays des jours heureux de sa petite enfance. En 1952, il arrive à New York, il trouve un emploi de designer graphique au New York Times. Il deviendra ensuite directeur artistique d’une agence de pub. Il utilise la technique du collage et ses artistes favoris sont Paul Klee et Brueghel.
En 2009, La chenille qui fait des trous d’Eric Carle fêta ses 40 ans ! pour l'occasion, la même année, une nouvelle version est sortie en pop-up.
Aux Etats-Unis, dans le Massachusetts à Amherst, vous pourrez par ailleurs vous rendre au "Eric Carle Museum of Picture Book Art", un musée qui lui est entièrement dédié à découvrir sur le site : http://www.carlemuseum.org

Son site officiel :  http://www.eric-carle.com/home.html. Je vous invite également à suivre l'actualité de son travail sur le blog : http://ericcarleblog.blogspot.com/

29 juil. 2010

Société de consommation et nourriture

Fast-Food, Olivier Douzou, Lynda Corazza,
Ed. du Rouergue, 2001. Dès 4/5 ans.

"Bon pour un hamburger gratuit"

En ville, au rythme d'une course infernale à la nourriture "rapide", tous les hommes trouvent les sandwichs à la "sauce secrète" très bons. Petit-à-petit, les autres restaurants disparaissent au profit de la "malbouffe"qu'Olivier Douzou dénonce très clairement . L'auteur se rit de ces émulations, de la concurrence qui règne entre les différentes chaînes de restauration de ce type, toujours plus grosses les unes que les autres., toujours plus inventives en termes marketing et publicitaire. Derrière chaque hamburger consommé, son "transformateur" et des cibles humaines bien préparées ("personne ne pouvait résister")... bons pour des hamburgers gratuits ; des gourdes géantes de coca qui circulent sur des rollers pour donner à boire aux passants…
Certains, à force de manger des sandwichs deviennent eux-mêmes des "hommes-sandwichs" qui finissent dans l'estomac des ogres affamés... Et, au bout du compte, les ogres, dominants, ouvrent leur propre fast-food avec un vrai toit en pain, etc. "il manque juste la chair fraîche au milieu".

© Lynda Corazza, Eds du Rouergue, 2001. 

L'analyse de cet album peut nous amener encore plus loin car Fast-food traite également, à sa manière, des problèmes environnementaux causés par les déchets en lien à l'industrie agro-alimentaire. Il présente le consommateur dans une position de "victime", celle d'un système (commercial/ publicitaire) qui le dépasse et le manipule, voire l'aliène totalement au point de le manger et donc de le détruire (au second degré, l'album aborde la question de l'obésité et des problèmes de santé liés à tout ceci). Une belle création, engagée qui plaît - aussi - beaucoup aux petits !

 © Lynda Corazza, Eds du Rouergue, 2001. 

Olivier Douzou est né en 1963 à  Rodez, il est écrivain et illustrateur. Architecte de formation, il entre aux éditions du Rouergue en 1993 avec son premier livre Jojo la mache, fondant pour l'occasion leur collection Jeunesse. Il quitte le Rouergue en 2001, participe fugitivement à la naissance des éditions de L'Ampoule, et depuis 2004 est publié par les éditions MeMo. Parmi les prix que ses livres ont récolté : Prix de la foire de Bologne (Italie), Totem à Montreuil, Pitchou d'or à Saint-Paul-Trois Châteaux, Cercle d'or Livre hebdo, Octogone d'argent, Baobab à Montreuil... Son site : http://www.olivierdouzou.com

Lynda Corazza est illustratrice, née à Menton en 1971. Elle a suivi les cours de l'Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg. 
Son site : http://perso.numericable.fr/corlynda
son blog : http://mamlynda.blogspot.com

28 juil. 2010

Petits jardiniers en herbe


Comme une fleur, Nathalie Vallée, Marie-Pierre Emorine (ill.),
Ed. Anna Chanel, 2010. Dès 3 ans.

Emma a entendu dire que les filles naissaient dans les roses. Aujourd'hui, elle entreprend une escapade dans le jardin pour savoir de quoi il en retourne. Au travers de mille couleurs, d'odeurs si subtiles, Emma fait de délicates rencontres. Va-t-elle découvrir le pot aux roses ?
 
© Eds Anna Chanel, 2010. 

C'est le moment d'initier les petits à la botanique à travers les images bucoliques, en pure dentelle de Marie-Pierre Emorine.
© Eds Anna Chanel, 2010. 
Une petite fille à l'imagination débordante, aux joues roses et fraîches "Emma" part à la découverte de ses origines ou plutôt des origines de la fable... Le texte de Nathalie Vallée est plein d'expressions "voir la vie en rose", il joue sur les polysémies, il rime, chante ; tout ceci dans un ensemble vif et vraiment poétique.

Les éditions Anna Chanel ont été crées en 2007 
par Nathalie Allemand et Philippe Collon.

Nathalie Vallée est auteure, domiciliée sur Marseille, elle a publié Sur les chapeaux de pou, Ed. Le Sablier, en 2004 (il s'agit d'un livre-CD) et Dis-papa, c'est quoi le diable au corps ? (avec Adrien Mangournet), Ed. Altus, 2009.

Marie-Pierre Emorine 
est illustratrice-graphiste, née en 1970. Elle travaille depuis plus de 19 ans au sein d'une agence de communication. Sa rencontre avec Karine Quesada en 2008 va orienter son devenir professionnel précisément vers l'illustration jeunesse. S'en suivra en mars 2009, la publication de son premier album J'aime ma maman (Ed. Scarabéa Jeunesse). Depuis d'autres contrats se sont rajoutés, des projets, des contacts... Ses références bibliographiques sont, pour les Editions Scarabéa Jeunesse : J’aime mon papa (Mars 2009) ; La petite amoureuse (Juin 2009) ; J’aime ma mamie (Septembre 2009) ; Princesses du Ciel et de la Terre (Novembre 2009) ; Princesse de Chiffon (juin 2010). Aux Editions Auzou : Mon P’tit Coeur (février 2010). Aux Editions MiC-MaC : La bouilloire cantatrice (mars 2010 ). Son blog et ses couleurs vives sont à découvrir sur le lien suivant : http://emorinemarie.blogspot.com 

(Merci à Marie-Pierre pour ses précieuses informations et ses jolies photos)

23 juil. 2010

Conscience politique / Mai 68

Véro en mai, Yvan Pommaux, Pascale Bouchié, 
L'Ecole des loisirs, 2008. Dès 8 ans.


 (support peut-être plus adapté aux écoles et aux enseignants)

Tout a été dit sur Mai 68. Et ce qui ne l’a pas encore été le sera cette année. Tout, vraiment ? Pas si sûr… Et si c’était un enfant qui racontait les événements ? Il y a bien des enfants, dans ce pays, en mai 1968 ? Oui, ils sont des millions. Ils ne vont plus à l’école. Ils écoutent les grandes personnes se disputer en parlant politique. Parmi eux, Véro, neuf ans. Entraînée par son grand frère, elle répète des slogans marrants, se pose des tas de questions, et regarde le monde changer…
Elle, c'est véronique, elle lit des livres de la Bibliothèque rose ou verte, écoute les tubes d’une chanteuse nommée Sheila et collectionne les porte-clés. Son frère, Vincent, lycéen à Paris, se régale des chansons d'un groupe de quatre garçons anglais, les Beatles. Cette année-là, les parents de Véronique regardent à la télévision des reportages sur la guerre du Vietnam. Les femmes portent les premières minijupes. Et un pasteur noir américain est assassiné parce qu'il luttait pour les droits des Noirs. Le pays est paralysé. Les repas familiaux explosent, les parents de Véro sont laïques alors que l’oncle Roger et la tante Francine envoient leurs enfants dans une école religieuse.

© Eds L'Ecole des Loisirs, 2008. 

Cet album à bulles, très documenté traite d'une société en pleine mutation. Véro en Mai est à mettre entre toutes les mains des enfants curieux d’Histoire, idéal pour partager les souvenirs avec les jeunes générations (Cf. également Avant la télé d'Yvan Pommaux publié en 2002) ou pour discuter, à l'école ou ailleurs, des célèbres slogans "Il est interdit d'interdire" ou encore  "Sous les pavés, la plage".

© Eds L'Ecole des Loisirs, 2008. 

Yvan Pommaux est un auteur de littérature de jeunesse et de bande dessinée français, né en 1946 à Vichy. Nicole Pommaux, sa femme et Jeanne Pommaux, sa fille mettent ses albums en couleurs. Il est d'abord entré à L'Ecole des Loisirs comme maquettiste, puis il a écrit et illustré des albums pour enfants depuis 1972.
Grand Prix de la Ville de Paris, 1985, avec son héros John Chatterton, il réactualise des contes de fée avec des animaux plongés dans des intrigues policières. Son style est varié, il aime diversifier ses thèmes et techniques.

Pascale Bouchié enfin... "Véro", c'est elle ! Elle écrit pour la presse et l’édition jeunesse, et collabore avec Yvan Pommaux, depuis 2002, pour la bande dessinée Théo Toutou (Bayard Jeunesse).

Frustrations et relation Père/Fille

La lumière de Bouchka, Rachel Hausfater, Rémi Wyart, 
Editions Sarbacane, 2006. Dès 5 ans.

Un père toujours absent, une mère excédée face aux colères de sa fille qui trépigne de rage. Voilà une Bouchka qui s'enferme dans sa chambre, seule dans le noir, repliée sur elle-même en quête de re-Pères, elle  n’est plus qu’une petite boule qui pleure
Le papa est au travail, elle est désemparée et souffre du peu d'occasions qui lui sont offertes de partager des moments avec lui, au sein d'une vie de famille chaleureuse. Ici le verbe semble amener l'enfant à retrouver son chemin. Entre ombres et lumières, les illustrations de l'album insistent clairement sur les flous, les contours et les rondeurs des personnages, sont-ils là pour décrire une certaine angoisse ? 
Lorsque Bouchka parviendra à s'apaiser, elle découvrira sous le grand manteau pendu à la porte, la silhouette de son papa et le sourire de sa maman. 

© Editions Sarbacane, 2006. 

Cet album n'est pas sans nous rappeler celui de Mireille d'Allance, Grosse colère (L'Ecole des Loisirs, 2000) où la colère est apprivoisée cette-fois par Robert, un petit garçon. Ou encore, celui de Thierry Robberecht et Philippe Goossens, La colère du dragon (Mijade, 2005) où un garçon contrarié par le "non" de sa maman, entre dans une grosse colère et se transforme en dragon...

© Editions Sarbacane, 2006. 

© Editions Sarbacane, 2006. 


Rachel Hausfater est née en 1955 près de Paris. Elle a passé de nombreuses années à voyager et a vécu aux Etats-Unis, en Allemagne et en Israël. Aujourd'hui, installée à Paris, elle est professeur d'anglais dans un collège de Bobigny et écrivain. Elle est l'auteur de plus de 20 ouvrages.
Pour en savoir plus sur l'auteure, je vous invite à consulter le lien suivant, une interview du CRDP de Créteil :
http://www.crdp.ac-creteil.fr/telemaque/auteurs/rencontre-rachel.htm
 
Rémi Wyart est diplômé de l’École Supérieure d’Arts Graphiques (dont il est sorti major). Dessinateur hors pair, il s’est lancé dans l’illustration de son premier album avec toute la fougue de ses 20 ans, sans hésiter à proposer du jamais vu. Son site officiel : http://www.remiwyart.com

17 juil. 2010

De l'art pour les enfants

Les deux paysages de l'empereur, Chun-Liang Yeh, Wang Yi, Ed. HongFei Cultures, 
Coll. "Prodiges", 2010. Dès 8 ans.

"À la cour impériale de Chine, au viiie siècle, deux peintres créent chacun une fresque représentant le fabuleux paysage du Sichuan, pays des nuages. Celui qui leur a commandé ces deux paysages est l’Empereur de Chine, et celle à qui ils sont destinés n’est autre que sa bien-aimée, la princesse Lan ou « Brume de montagne". 

© Editions HongFei Cultures, 2010. 

Les deux peintres, maître Li et maître Wu, l’un minutieux, l’autre spontané, ont trois mois pour honorer la prestigieuse commande. Chacun y va de son art et tous les deux parviennent au merveilleux.
Une histoire au fort pouvoir d’évocation, sur la quête de la perfection artistique, pour découvrir deux approches de l’art de peindre en Chine.
© Editions HongFei Cultures, 2010. 

Cet album grand format invite le lecteur à découvrir les artistes chinois d'hier et d'aujourd'hui ainsi que l'art de l'écriture et de la peinture chinoise, grâce aux dernières pages "Culture" (à la fin du livre). L'histoire est librement inspirée d’une anecdote ancienne de la Chine des Tang, l'auteur se met au service d'une intrigue sentimentale autour de la princesse Lang, "Brume de montagne", épouse le jeune empereur de Chine, loin de son pays natal, elle perd goût à la vie. Deux peintres interviennent alors, ils ont pour tâche  principale d'émerveiller la dame. C'est très beau...


Chun-Liang YEH, voyageur entre les cultures, a été formé à Taïwan, en Grande-Bretagne et en France, où il vit actuellement. Il a exercé le métier d’architecte à Paris avant de se consacrer à l’édition de livres d’architecture et de design, puis de littérature illustrée. Ses contes et récits marient remarquablement la riche tradition littéraire chinoise et les thèmes contemporains et universels. Il est l’auteur de Pi, Po, Pierrot et des contes minuscules de la collection Cœur vaillant dont Mûres mûres (éd. HongFei 2008).
Wang Yi, diplômée de l’École des beaux arts de l’université de Qinghua à Pékin, a travaillé comme designer de textile avant de poursuivre sa formation à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Illustratrice de Cici Hérisson et Plouf la châtaigne (HongFei 2009), elle développe un univers délicat et sensible. Riches de détails insolites qui invitent l’œil et l’esprit au voyage, ses images vibrent de tension et d’affection. Elle vit et travaille à Paris.
 

L'homme : le meilleur ami du chien...


Mon meilleur ami, Yelena Romanova, Boris Kulikov, 
Ed. Circonflexe, 2005. 
Dès 4/5 ans.

Traduit de l'américain par Catherine Bonhomme.


Le chien Archibald se retrouve seul le jour où ses maîtres quittent la maison et lui promettent de revenir avec une surprise. Il se rappelle alors tous les compagnons qu’on lui avait présentés auparavant… Mais cette fois-ci, il s’agit d’un bébé et bien vite, Archibald se sent délaissé...

© Editions Circonflexe, 2005. 

Ce livre traite du sentiment d'abandon, de la jalousie propre à l'arrivée d'un nouvel enfant dans une famille. 
Tout y passe les souvenirs d'avant - du temps où Max n'était pas encore dans la maison ; la comparaison, l'observation, les petites bêtises, l'arrivée soudaine d'un "ami imaginaire"... jusqu'au jour où le bébé, devenu grand, devient un merveilleux camarade de jeu. 
Les illustrations, bien souvent en pleine page, sont très expressives, les situations complètement burlesques, le rythme du texte est agréable à la lecture, un album bien fait, à recommande.


© Editions Circonflexe, 2005. 
Extrait : "Les jours passaient, et Archibald observait toute la famille prendre soin du petit Max, qui grandissait à vue d'oeil. Dès qu'il pleurait, on se précipitait vers lui, on le prenait dans les bras, on lui chantait des berceuses. Plus personne ne faisait attention au chien. Il se sentait devenir de plus en plus petit."
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Boris Kulikov né en 1966, il est illustrateur, peintre et concepteur de costumes, formé à Saint-Pétersbourg, il vit à New-York depuis 1997. Son site : http://www.boriskulikov.com

16 juil. 2010

Actualité (artiste)

Kitty Crowther, auteur et illustratrice belge, 
est l’heureuse lauréate 2010 du prestigieux prix de littérature
Astrid Lindgren Memorial Award, 
équivalent à un Prix Nobel de littérature pour la jeunesse.

Merveilleuse créatrice d’univers à la fois enfantins (Scritch scratch dip clapote, Alors ?) et énigmatiques (L’Enfant racine, Annie du lac), elle possède un trait éminemment personnel, fin et expressif, parfois acéré mais toujours teinté d'humour, de subtilité, de malice et de tendresse par la grâce de ses crayonnés au pastel. Plusieurs de ses albums vous ont été présentés sur ce blog, à re-découvrir ;-)

4 juil. 2010

Croissance et maturité


 Je veux grandir ! Tony Ross, Gallimard Jeunesse, 
Coll. Folio Benjamin, 2003 (pour la présente édition). Dès 3 ans.

Traduit de l'anglais par Christine Mayer

Il est temps que je grandisse ", se dit la petite princesse. Mais que faut-il faire pour cela ? La petite princesse mène l'enquête auprès des grandes personnes qui habitent le château. Parce que grandir est un art difficile dont il faut prendre le temps de parler. Tony Ross nous entraîne à nouveau avec humour au royaume de la petite princesse qui est celui de tous les enfants.

La petite princesse qui veut grandir demande à son entourage ce qu’il faut faire pour cela : être gentille, affectueuse, propre, intelligente…Chacun répond en fonction de ses intérêts et de ses propres représentations, c'est à en perdre la tête !
Chaque fois, l'illustration contredit le discours de l'adulte, c'est très drôle et cela s'accompagne toujours de petits détails, ici et là dans la page (de la présence du chat aux petites souris... ).
La femme de chambre sera finalement la meilleure conseillère pour la petite :
"La question la plus importante, c'est... Comment veux-tu être, TOI ?". "Je veux être... GRANDE, dit la petite princesse.
Et puis, en regardant un peu à l'horizon, on s'aperçoit très vite qu'il y a toujours un plus petit que soi... c'est ce que va lui rappeler indirectement, son petit frère.

© Editions Gallimard Jeunesse, 2003. 

La petite princesse existe en plusieurs versions, en fonction des phases de la vie qu'elle traverse avec des questions de l'ordre des rivalités fraternelles, de l'autonomie, de la propreté, des mauvaises habitudes... Elle a été adaptée en série télévisée, en voici un extrait vidéo à consulter, à travers ce lien : http://www.dailymotion.com/video/x69qo0_petite-princesse-nouvelles-chaussur_fun


Un album dans la lignée de Jeanne Ashbé, A ce soir ; de Martin Waddell, Bébés chouettes ; de Carl Norac, Un secret pour grandir ; Mirra Ginsburg, Bonjour poussin ; Komako Sakai, Moi, ma maman ; Elzbieta, Où vont les bébés ? ; Thierry Lenain, Je ne suis plus un bébé, maman ! ; Ramona Badescu et Benjamin Chaud, Pomelo grandit (pour ne citer que ces classiques).

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Il est anglais, né en 1938, Tony Ross a étudié au Regional Center of Art de Liverpool. Il a travaillé pour des studios d'art graphique et des agences de publicité, il est aujourd'hui professeur d'illustration à l'Ecole polytechnique de Manchester. Auteur-illustrateur depuis 1973, il est très célèbre et très populaire avec plus de 350 livres publiés et des œuvres très variées. Il vit à la campagne avec sa femme Zoë et leur fille Kate.

3 juil. 2010

Coup de coeur des albums jeunesse 2009


La petite casserole d'Anatole, Isabelle Carrier, Ed. Bilboquet, 2009. Dès 5 ans.
Anatole traîne toujours derrière lui sa petite casserole.
Elle lui est tombée dessus un jour... On ne sait pas très bien pourquoi. Depuis, elle se coince partout et l'empêche d'avancer. Un jour, il en a assez. II décide de se cacher. Mais heureusement, les choses ne sont pas si simples...

© Editions Bilboquet, 2009. 

Anatole est comme les autres enfin presque... il traîne avec lui une belle casserole rouge, couleur de la révolte et de la passion. Il semblerait que la sienne soit néanmoins un peu plus grosse, plus bruyante et plus visible que celle des autres.

Anatole est un petit garçon sensible qui a un grand sens artistique, il adore écouter de la musique, il a plein de qualités et garde toujours le sourire. Certes, il faut l'avouer, parfois elle lui complique bien la vie cette casserole ! D'ailleurs Anatole est souvent en colère contre elle, dans ce cas là, il crie ou dit des gros mots, il donne des coups, ça lui arrive, oui... 
Son comportement semble "bizarre" aux yeux des autres et même "inquiétant". A force, plus grand monde ne le remarque, sauf une personne (la bonne en plus !). Cette femme extraordinaire qui va lui apprendre à accepter, à vivre et même à tirer partie de sa casserole. De sa propre expérience, grâce à son honnêteté, à sa tolérance et a une grande patience, elle va l'aider à exprimer ses peurs et puis, elle au moins, elle trouve qu'il est plutôt doué ce petit bonhomme alors, il redevient joyeux. 
Arrive le moment de la séparation, la petite casserole est toujours là mais elle se fait plus discrète. Anatole, lui, est resté le même :) Sa casserole l'a aidé à se découvrir, la rencontre à évoluer et à s'affirmer sans complexe, ni tabou.

Cet album est plein de charme, il fait sens, les images sont réellement touchantes, minimalistes, une manière sans doute de laisser place aux projections et aux identifications du lecteur. 

© Editions Bilboquet, 2009. 


Isabelle Carrier est née en 1964 dans l'Isère. Elle a suivi les cours de l'Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg avant de se lancer dans l'édition de livres pour enfants. Oeil d'Ailleurs a également aimé de l'auteure et illustratrice : Marie est partie (2004), Papa-loup (2004).

Mes quelques lectures d'été

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© tous droits réservés aux éditeurs.

2 juil. 2010

Relation grand-mère/petite-fille face à la maladie


La mémoire envolée, Dorothée Piatek, Marie Desbons, Ed. Gecko Jeunesse, 
Coll. "Les mots-sésames", 2009. Dès 5 ans.

Aujourd'hui, dans la vie de Mamie, les mots se promènent à l'envers, à l'endroit, ils n'en font qu'à leur tête... Je me souviens pour elle... 

Quand la petite fille rend visite à sa mamie, placée en maison de retraite, elle lui rappelle le temps d'avant (...) et les souvenirs prennent alors des formes inattendues !  
Mamie était courageuse, gaie et protectrice. Toutes les deux jouaient beaucoup ensemble, à la marchande, grand-mère lui racontait des histoires, elle avait de l'amour pour tout le monde. 
Maintenant, la vieille dame est épuisée et rêve de rejoindre le papi au ciel (depuis fort longtemps). Alors la petite fille observe et décide qu'elle sera aussi forte et généreuse que cette dernière l'a été pour elle et tous les siens, afin que sa mamie garde toute sa dignité.


Un regard plein de tendresse et d'amour pour parler avec pudeur de la maladie d'Alzheimer. Cet album est magnifique et sans doute bien utile pour présenter  un sujet difficile à comprendre pour un enfant. Le duo artistique a merveilleusement bien fonctionné, le texte est juste, les images sublimes... enfin, un grand bravo !


© illustration Marie Desbons.

Extrait : Avant, des tas d'idées jaillissaient dans sa tête. Pour mamie, rien n'était impossible !
Les cabanes devenaient des châteaux, les vélos des fusées... et les papis des rois.


© illustration Marie Desbons.

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L'auteure Dorothée Piatek est née en 1969 dans le Nord de la France. Elle a suivi des études de graphisme et de photographie en Belgique. Son diplôme obtenu, elle se consacre à la littérature jeunesse en indépendante. Pour en savoir plus sur ses créations, veuillez consulter son site : 
http://dorotheepiatek.hautetfort.com 

Marie Desbons est née à Blois en 1981. Elle a suivi des études d'arts appliqués et travaille à son compte depuis mars 2007 comme illustratrice, essentiellement pour l’édition jeunesse mais aussi pour La Marelle en papier éditeur en papeterie.  Marguerite était son tout premier album, elle l'a travaillé avec Gaëlle Callac, l’auteure également éditrice de la Maison d’édition Le buveur d’encre qui lui a alors proposé d’illustrer son texte. Son site à découvrir absolument : http://mariedesbons.canalblog.com

Généalogie - besoin de culture et transmission


Le Trou, Annie Agopian, Alfred, Ed. du Rouergue, 2010. Dès 7 ans.

"Ça n'a rien à voir". On voudrait juste ne plus entendre cela, juste qu'ils ne soient plus abandonnés dans le déni, juste qu'ils dorment enfin les yeux dans les étoiles, dans le profond et le calme de nos mémoires. Beaucoup sont morts, d'autres ont fui, tous sont tombés dans un trou de mémoire. Au détour d'une simple demande de passeport, un garçon et sa mère trébuchent et se penchent au-dessus de ce trou.
L'enfant y découvre l'histoire de son grand-père, arménien et apatride, et l'histoire d'un peuple, de sa culture et de son drame.

© illustration Alfred.

Un problème de renouvellement de papiers, le regard jugeant d'un fonctionnaire de Mairie semblent constituer une occasion inattendue de se pencher au-dessus du « trou » – trou de mémoire familial caché dans un trou plus profond de mémoire collective. C'est au petit garçon de 7 ans qu'il revient de prendre la parole dans cet album. Il témoigne au nom de ceux qui savent... Sa mère va l'accompagner et l'aider à "objectiver" ce passé, tous les deux se replongent dans l'histoire du grand-père arménien, qui a dû fuir l’Anatolie à l'âge de trois ans... 



© illustration Alfred.
« A ce moment-là, ton grand-père aurait pu avoir ton âge ou le mien, ou même être une femme ou un vieillard. Cela aurait été pareil. Il n'a rien fait pour se retrouver sans pays, sans passé, sans rien. Il était Arménien c'est tout. »

Mais avoir un grand-père arménien, qu’est-ce que ça veut dire au juste ? Le Trou parle des origines et de l'histoire fragmentée d'un rescapé de 1915. L'album aborde le génocide sans jamais vraiment le raconter. Le petit garçon va alors se plonger dans la culture de son aïeul et se rendre compte que cette histoire fait partie de lui. Par-delà la douleur et le trouble de cette identité, il va prendre plaisir à découvrir les signes d'une reconnaissance identitaire. La mémoire de cette famille et plus largement, la mémoire du social devient le théâtre d'une connaissance toujours à construire (à re-construire).


Alfred, l'illustrateur, a su mettre l'accent sur l'émotion subtilement contenue dans des traits appuyés, des ombres et l'expression du visage de l'enfant. C’est avec beaucoup d'ingéniosité qu’il met le trou en image afin que les lecteurs s’aperçoivent vers la fin qu’il s’agit en fait de l’orbite d’un crâne... La narration complexe utilise différents registres de l’humour à la colère en lien à un sujet encore tabou à ce jour, comportant un certain nombre de zones d'ombre...

Cet album a été réalisé avec l'association Croix Bleue des Arméniens de France :
http://croixbleue-france.com

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L'auteure est née en 1956 au Cameroun, de père arménien et de mère cévenole, Annie Agopian a passé son enfance à Madagascar et vit aujourd’hui à Toulouse. Psychologue de formation, elle travaille depuis plusieurs années dans la communication écrite et anime de nombreux ateliers d’écriture. Elle a été éditée chez Didier Jeunesse, Thierry Magnier et Casterman, mais le plus grand nombre de ses albums est publié au Rouergue. Les derniers parus sont Nioui et Ninon (illus. de Nathalie Choux, 2007), Le Roi du silence (illus. de Beppe Giacobbe, 2006) et Jeu de cette Famille (illus. de Claire Franek, 2009).

Alfred est né 1976 à Grenoble et vit actuellement à Venise. Illustrateur autodidacte il devient rapidement  un auteur phare des Editions Delcourt. Il est récompensé en 2007 par le prix du public et le prix essentiel d’Angoulême pour Pourquoi j’ai tué Pierre (scénario Olivier Ka). En 2007, il illustre l’album B de l’Abécédaire dirigé par Régis Lejonc chez l’Édune. Adepte des expériences en tout genre, il adapte le texte de Guillaume Guéraud, Je mourrai pas gibier, en bande dessinée (Delcourt, 2009). 
Son blog : http://alfredcircus.blogspot.com/

1 juil. 2010

Echange avec Marion Janin

Noir Ébène, Marion Janin, L'École des Loisirs, Coll. Pastel, 2003. A partir de 6 ans.

Petites questions posées à l'auteure et illustratrice
Marion Janin pour le blog Oeil d'Ailleurs (juin 2010) :

- Comment est née cette histoire ?

© Editions L'Ecole des Loisirs.
Par les marionnettes.  Elles ont été réalisées à la peinture à l'aquarelle, sur bois, usant également de différents papiers ou de tissus froissés. Pour les peintures de fond, j'ai aussi utilisé l'acrylique, puis plus globalement, l'infographie. 
J'étais alors étudiante aux beaux-arts, mon "médium naturel" étant le trait, j'avais axé toutes mes recherches sur le travail de la matière en illustration. 
De ces tentatives, sont nées des marionnettes... Une fois mes personnages "blancs" réalisés, je leur ai cherché une histoire. Je rentrais d'Afrique, d'un voyage réalisé quelques mois auparavant et l'idée m'est venue de mettre en scène un masque en ébène, de réaliser une marionnette (en ébène).

- Quelles étaient vos intentions en réalisant cet album ?


© Editions L'Ecole des Loisirs.
Parler des problèmes liés à la différence de peau sans que l'humain n'entre en scène, par analogie avec les différentes espèces d'arbres et donc d'aspect du bois. L'histoire est simple. C'est le dialogue qui résout tout.
Dire que la peur vient souvent de ce que l'on ne connaît pas, dire qu'il est mieux d'aller vers les autres...

L'HISTOIRE :
Posées sur l’étagère, les marionnettes attendent le retour du sculpteur sur bois qui les a fabriquées. Lorsqu’il revient enfin de son voyage, il accroche au mur un masque noir qui fixe les pantins de son regard effrayant. Soudain, il prononce des paroles étranges de sa voix rauque. Les marionnettes sont terrorisées. Qui est-ce ? Un sorcier ? Va-t-il les envoûter ?
 
© Editions L'Ecole des Loisirs.

Marion Janin est née à Lyon, elle a étudié à l'Ecole des Beaux-Arts d'Epinal puis de Nantes. Membre de La Charte des auteurs et des illustrateurs jeunesse, elle vit et travaille en Auvergne. Ses créations furent soutenues par le Centre national du livre (bourse de découverte 2008), par la Fondation de France (lauréate 2002), elles furent accueillies par différentes structures culturelles.
Son dernier album : La comptine du Toucan d'Olivier Bardoul, pour le texte, a été publié aux éditions Thierry Magnier en 2008.
Le site de l'artiste : www.marionjanin.com
Bonne visite !