Sentimento, Carl Norac, RébK Dautremer,
Ed. Bilboquet-Valbert, 2005. A partir de 7 ans.
Un cirque passa au loin.
La voix dans le haut-parleur cria : " Sentimento, le cirque des pays chauds ! Venez réchauffer vos cœurs glacés par l'hiver au cirque Sen-ti-men-to ! "
La voix dans le haut-parleur cria : " Sentimento, le cirque des pays chauds ! Venez réchauffer vos cœurs glacés par l'hiver au cirque Sen-ti-men-to ! "
© illustration de Rébecca Dautremer.
Aux frontières de Pinocchio et de la créature de Frankenstein, Monsieur Stein, un marionnettiste, créa après plusieurs échecs "Sentimento" qu'il voulait à son image "ce sera mon double, en pantin !" se dit-il. Trop fatigué pour poursuivre sa fabrication, M. Stein laissa son invention de côté, sans se douter qu'elle allait prendre vie toute seule ! A ce stade ce n'était encore qu'un "monstre" selon les termes de M. Stein qui était vraiment très déçu. Le pantin essaya de briser la glace, de le séduire mais rien n'y faisait, il n'avait plus qu'à partir définitivement.
Il se donna lui-même un nom, celui de "Sentimento" car ce fut tout simplement le premier mot qu'il entendit dans les rues froides, en plein hiver et que "Sentimento" était justement un cirque des pays chauds !
Rejeté, les gens qu'il croisait étaient effrayés par son apparence. Certains lui jetèrent même des cailloux. Tous semblaient le juger. C'est alors que dans sa fuite, il rencontra une petite fille nommée Selma. Elle était un peu spéciale, un peu sorcière, Selma faisait danser les lumières.
Cette belle amitié naissante prit rapidement fin face à la bêtise humaine. Sentimento qui ne cherchait qu'un peu de chaleur fut chasser par des chiens, par des tirs... "Le pantin à la voix d'oiseau s'était envolé en petits morceaux." La marionnette ne manquait pourtant pas de coeur, si bien qu'en quittant cette terre, "son écharpe partit dans le vent avec lui", elle rattrapa les douces épaules de Selma.
Cette belle amitié naissante prit rapidement fin face à la bêtise humaine. Sentimento qui ne cherchait qu'un peu de chaleur fut chasser par des chiens, par des tirs... "Le pantin à la voix d'oiseau s'était envolé en petits morceaux." La marionnette ne manquait pourtant pas de coeur, si bien qu'en quittant cette terre, "son écharpe partit dans le vent avec lui", elle rattrapa les douces épaules de Selma.
© illustration de Rébecca Dautremer.
Voici un duo d'excellence Rébecca Dautremer et Carl Norac travaillant ensemble autour d'un album poétique et sensible. Par contre, le petit bémol est que la page de couverture laisse penser que ce livre est lié au monde du cirque alors qu'en fait pas du tout ! Le cirque ne fait que passer dans le paysage. Toutefois, le grand format (25cm x 35cm) nous permet d'admirer sans contrainte, les belles illustrations colorées de Rébecca D. La typographie est elle-même travaillée, fine et dentelée (ce qui est agréable mais il faut être bon lecteur pour pouvoir s'y faire aisément).
Le texte relate ce besoin d'aimer, d'être aimé, il rend hommage à la différence, fait éloge à la tolérance. Cette histoire d'amitié, triste et sordide plaira peut-être plus aux grands voire aux adultes.
Je ne vous présente plus les deux artistes concernés. Plusieurs billets ont été rédigés à ce sujet sur ce blog dont pour Carl Norac : Tête en l'air ; Un secret pour grandir ; Mon meilleur ami du monde... pour Rébecca Dautremer : Babayaga ; Nasreddine ; Kerity...













