23 févr. 2011

Des mots et des visages

Puce, Brigitte Ventrillon, Pierre Mornet, Ed. Autrement, 2001. 
Dès 4 ans. 
(l'album a été réédité depuis)

Puce fronce les sourcils. Elle ne reconnaît pas sa maman.
Où sont ses cheveux si doux, pourquoi ses yeux font si mal ?
Puce se fait toute petite.
Petite comme une puce. Elle se laisse glisser sur les carreaux de la cuisine, glisser sur le parquet de l’entrée, glisser dehors…

© illustration de Pierre Mornet

Ce récit inscrit dans l'univers de l'étrange, alterne les émotions, les sensations qui se dessinent présentement sous la forme d'un conte à la Alice aux pays des merveilles (avec, bien sûr, l'apparition du petit lapin blanc), entre finesse et mélancolie. Pierre Mornet, l'auteur bien connu des illustrations du magnifique album Choses qui font peur (2006), peint - ici encore - des femmes silencieuses et tourmentées, usant de l'acrylique et de l'huile sur toile. Celles-ci sont brunes aux cheveux très longs, semblables au portrait de Mona Lisa (La Joconde). De la sorte, il y a beaucoup de beauté dans ce livre.
Puce est effrayée par sa mère qui semble malade, dépressive ou, du moins, dans la souffrance. Apprécions le fait que Brigitte Ventrillon ait eu la délicatesse de ne rien en dire, laissant notre imagination déborder un peu plus encore. Ainsi, Puce est livrée à elle-même, elle s'interroge, elle ne comprend pas ce qui se passe, sa mère est différente... complètement absente.
Le dessin traduit bien cette solitude, voire une sorte d'angoisse. La petite fille part respirer dehors. Les bruits, le noir, l'ours, tout est plus effrayant. Qu'est-ce qui, dans ce paysage, pourrait rassurer un peu cette pauvre enfant ? 
Finalement, Puce retrouvera une maman remise de son chagrin (enfin, pour un temps peut-être...). C'est sa maman d'avant ! On passe alors d'un plan où la mère est allongée, inaccessible, sur fond rouge (première page), à une fin heureuse, sur fond blanc où la maman relève la tête ; Puce se repose enfin (dernière page).

© illustration de Pierre Mornet

Brigitte Ventrillon a fait des études de lettres et a été institutrice, avant de travailler dans l’édition jeunesse. Elle est aujourd’hui éditrice, directrice de la collection Junior Société aux éditions Autrement, et auteur d'albums et de documentaires pour la jeunesse.

Pierre Mornet est né en 1972 à Paris. Il a suivi des études de graphisme à l'ESAG. 
L'album précédemment cité Choses qui font peur, a été présenté sur ce blog en octobre 2009, voir le lien suivant :
http://oeildailleurs.blogspot.com/2009/10/quelques-dessins-de-pierre-mornet.html

 

20 févr. 2011

La poésie par les voies terrestres

Qui sait... Marinella Barigazzi, Ursula Bucher, Ed. du Ricochet, Coll. "Les Canoés du Ricochet", 2011. 
A partir de 5 ans.

C’est un jour très spécial pour Marco. Le jour de son tout premier voyage en train. Le nez collé à la fenêtre, il regarde défiler le paysage… Qui sait comment... Qui sait pourquoi? Voyages en train, voyages intérieurs.

© illustration d'Ursula Bucher

Marco, un petit garçon qui cherche à comprendre les choses s'interroge sur ce qu'il voit derrière sa fenêtre, depuis le train, entre le visible et l'invisible. Il découvre ainsi des immeubles, des oiseaux, des collines, des arbres, la rivière, un épouvantail, la mer, le coucher de soleil, la lune puis, la nuit. CaIme et observateur, il se sent bien à sa place et se pose ses propres questions : "Qui sait si, en volant, les oiseaux font la causette comme des amis ?" ... "Qui sait si l'épouvantail n'a pas peur quand tirent les chasseurs ?".

Ce monologue intérieur laisse place à autant de tentatives pour y répondre. Les illustrations sont des peintures aux formes délicates, aux couleurs chaudes. Elles sont toutes différentes en fonction du paysage, chaque page est un univers à lui seul. Ce voyage en train, très poétique, permettra sûrement aux souvenirs ou à l'imagination des jeunes lecteurs, de se libérer. Une grande bouffée d'air pure vous y attend...
Et, pour les plus grands, n'hésitez pas à ouvrir le livre du chercheur Marc Augé "Un ethnologue dans le métro" publié en 2001 ;-) Bon voyage...

© illustration d'Ursula Bucher

Marinella Barigazzi écrit des albums en Italie et traduit des livres pour enfants. A ce titre, elle collabore avec les meilleures maisons d'édition italiennes. Qui sait... est son troisième ouvrage. Son site : http://www.marinellabarigazzi.com/

Ursula Bucher a fréquenté le Centre de formation au graphisme de Lugano (Suisse) et l'école Emile Cohl à Lyon (2002). Elle habite Lugano. Qui sait... est son premier album traduit en français. Et, elle a illustré Mon premier grand livre des animaux chez Fleurus en 2010.

Sur le chemin de la sagesse

L'enfant du bananier, Isabelle Sauer, Cécile Gambini (ill.), 
Ed. Didier Jeunesse, 2011. A partir de 5 ans.
"Il était une fois, et une fois suffit bien, un vieux, vieux bossu qui habitait le sud de la Chine. Après qu'une tempête eut dévasté son champ de bananiers, le vieux bossu prit soin d'une toute petite pousse qui grandit, grandit, grandit... et devint un jeune bananier. Ce qui était très étrange, c'est que sur ce bananier il n'y avait qu'un seul fruit, une seule banane. Et ce qui était encore plus étrange, c'est que cette banane s'est mise à grossir, grossir, grossir... Jusqu'au jour où une hirondelle est passée. Elle a picoré la peau et le fruit s'est ouvert. Dans la banane, il y avait un petit garçon..." Commence alors pour l'enfant du bananier une merveilleuse aventure à la recherche du remède qui guérira son père.
© illustration de Cécile Gambini

Les dessins de Cécile Gambini sont réalisés au crayon et à l'acrylique, enrichis de broderies et de collages qui attirent l'oeil et la curiosité du lecteur. Le jaune de la couverture et de certaines pages réchauffent à merveille cette histoire aux belles valeurs, de solidarité, de respect et de fidélité à la parole donnée. Le parcours de l'enfant du bananier est semé d'embûches mais sa sagesse va payer. Un conte chinois d'une grande douceur !
 © illustration de Cécile Gambini
Extrait : "Sa bosse le faisait tant souffrir qu'il ne pouvait plus bouger. L'enfant du bananier lui a ôté sa chemise, il s'apprêtait à lui masser le dos, mais l'hirondelle s'est approchée, comme si elle voulait picorer la bosse du bossu. Alors l'enfant du bananier a ramassé une tige de bambou pour chasser l'hirondelle (...)."


Isabelle Sauer est psychologue de formation, elle anime des ateliers autour du conte et de la lecture à voix haute. Régulièrement en collaboration avec l'association ACCES, elle est conteuse et lectrice depuis 1986, elle s'adresse aux tout-petits comme aux personnes âgées.


Cécile Gambini est née à Grasse. Elle est diplômée des Arts déco' de Strasbourg et a publié son premier album en 1999. Ses illustrations sont souvent sélectionnées pour les prix et les concours (Foire de Bologne, Salon de Montreuil, Salon de Barreiro, Portugal). Elle est aussi auteure d'albums dont : Bob Robinson (2005), Bagbada (2007), Le grand voyage de M. Merlu (2009), Rocky Cat (2009), etc.
Pour en savoir plus, http://pavupapri.blogspot.com/


17 févr. 2011

de la BD sur Oeil d'Ailleurs !!

Billy Brouillard, Tome 3 : Le Petit Garçon qui ne croyait plus au père Noël, Guillaume Bianco, Ed.Soleil, Coll. "Métamorphose", 2010.
A partir de 11 ans.

"Métamorphose", une collection dirigée par Barbara Canepa 
(la scénariste de Sky-Doll) et Clotilde Vu.
Père Noël, Croquemitaine... : rêve et cauchemar... Billy gardera-t-il la foi ? Le chat de Billy, Brouillard est mort. Et même le Père Noël semble incapable de le ramener à la vie. Comment alors avoir foi en lui… surtout lorsque le jeune garçon découvre un jour, un faux costume de Père Noël, caché dans la chambre de ses parents ? « Le Père Noël » : ne serait-il qu’un subterfuge des adultes afin de discipliner les enfants crédules ? Faut-il malgré tout y croire, afin de ne pas réveiller le mystérieux et terrifiant Croquemitaine ? Vous l’apprendrez en dévorant ce 3e opus, métissage narratif entre bande dessinée, textes illustrés et bestiaires.
© illustration de Guillaume Bianco


Après le Tome 1 : Le don de trouble vue (2008) et le Tome 2 : Les comptines malfaisantes (2009), l'atmosphère "Billy Brouillard" by G. Bianco reste le même. Un univers enfantin (ou plutôt ado')  Ici présent, bien que macabre, scénarisé sur des planches d'une grande densité, au graphisme sombre. Une BD au sein de laquelle vous trouverez de l'étrange, de l'humour noir, du second degré mais aussi beaucoup de poésie et surtout de magnifiques dessins, un cabinet de curiosité, des éléments rapportés de son encyclopédie imaginaire. 103 pages de brèves (notamment) sur la peur, sur la mort (d'un point de vue philosophique), sur la sagesse. Un livre complet en somme !

© illustration de Guillaume Bianco

Extrait : 
"C'est bizarre... Le temps semble de nouveau 
être suspendu entre rêve et réalité...
J'ai dû m'égarer quelque part entre la veille et le sommeil...
Où est le vrai, où est le faux ? Est-ce que je dors ?
Où est le bas, où est le haut ? Serais-je mort ?"


Guillaume Bianco est né en 1976. A l'âge de 20 ans, il a publié ses premières bande dessinées. Son imaginaire se nourrit de contes populaires, des nouvelles de Roald Dahl, de celles de Maupassant et surtout des chansons de G. Brassens auquel il voue une admiration sans bornes. 
Consultez son blog à l'adresse suivante : http://guillaumebianco.blogspot.com


13 févr. 2011

Voyage initiatique d'un apprenti magicien

Raja, le plus grand magicien du monde, Carl Norac, Aurélia Fronty, Ed. Didier Jeunesse, 2009. + 7 ans.

Depuis plus de cent ans, dans la famille de Raja, tout le monde est magicien. Mais nul ne croit aux pouvoirs de Raja. Aussi, quand un matin il annonce à son père et aux Anciens qu'il deviendra le plus grand magicien du monde, afin d'honorer la mémoire de sa mère, tout le monde s'interroge...

Sa mère, avant de mourir, avait prédit qu’un jour son fils serait «plus brillant qu’un astre». Pour honorer sa mémoire et séduire la belle Devika, le jeune homme tente quelques tours de magie. Hélas, personne ne le prend au sérieux. L'héritier se refusant à son destin décide alors de partir en voyage pour y découvrir le monde à dos de tortue. Il promet de revenir dans son pays (l'Inde), avant que les membres de sa famille ne soient devenus vieux... 
Le récit se base sur une belle histoire d'amour entre Raja (le magicien) et la fille d'un maharadjah. 
Cet album de conte au grand format (27 x 36 cm) montre de magnifiques paysages oniriques et des personnages lumineux, habillés de tissus de dentelles colorées, aux motifs fins et gracieux. A découvrir, vous verrez...

 © illustration d'Aurélia Fronty
Extrait : "Raja sourit à la tortue. Il veut essayer de voyager en pensée avec elle. Tous deux ferment les yeux, entrent dans un rêve. En choeur, avant de s'endormir, ils fredonnent ces mots qui s'envolent sans peur : As d'astuces sous carapace, passons le sas des grands espaces, nous sur les vagues ou par les rues. Hue, plus vite, grande tortue ! (...)."
© illustration d'Aurélia Fronty

Carl Norac est né à Mons en Belgique, il est fils d'un écrivain et d'une comédienne. Il a pratiqué plusieurs métiers : professeur de français, scénariste, journaliste... Auteur de poésie et de théâtre, il a aussi écrit de nombreux livres pour enfants. Déjà parus chez Didier Jeunesse : Soleil d'hiver, Monsieur Satie et Petits poèmes pour passer le temps.
Son site : http://www.carlnorac.com/

Aurélia Fronty formée à l'école d'art graphique Duperré, elle est spécialisée en création textile. A. Fronty, dans ce domaine, travaille d’abord dans la mode auprès de Christian Lacroix Maison ou Fragonard.  Mordue de voyages et d'origine ibérique, elle s'inspire de ses racines pour ses dessins. En 2009, elle a également publié J'ai le droit d'être un enfant (texte d'A. Serres chez Rue du Monde) puis Envolée de Stéphane Servant (Ed. Rue du Monde, 2010).
Son site : http://www.aureliafronty.com

8 févr. 2011

Le temps qui passe...

L'été de Garmann, Stian Hole, Ed. Albin Michel Jeunesse, 2008. A partir de 5 ans.

Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud.

C’est la fin de l’été, les trois vieilles tantes arrivent comme chaque année avec leur arthrose et leur gâteau meringué. Demain Garmann va entrer au CP. Il a peur. Mais il fait cette découverte incroyable : les adultes aussi ont peur !

© illustration de Stian Hole

Parfois il semble bien difficile de parler d'un album lorsque celui-ci vous semble tout simplement indispensable ! Comment rendre compte de cette oeuvre sans trahir son auteur et son histoire ? Comme d'habitude, je ne peux que m'en tenir à des descriptions sommaires et tenter de vous dépeindre cet ensemble, en fonction de mon interprétation.

Tout d'abord, il faut savoir que L'été de Garmann traduit en plus de 10 langues  a reçu le « Prix du Meilleur Album » à la prestigieuse Foire Internationale de Bologne et le Prix Sorcières 2009. Ensuite, vous pourrez découvrir La rue de Garmann (édité en 2008 également) qui fait suite à ce premier tome. Ces deux albums mettent en scène un magnifique travail de photomontage, mêlé à des illustrations bucoliques et sucrées, en pleine page voire en double page. "Notre" livre est donc né de l'observation du fils aîné de l'auteur ; sur la peur de l'inconnu... début d'une belle aventure avec Garmann, en poésie, avec humour et tendresse. 

C'est la fin des vacances, le petit garçon se prépare à sa nouvelle vie de "grand" écolier. Ses vieilles tantes, en visite dans la famille, prennent de ses nouvelles. Arrivent les fameuses questions : "Qu'est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ?", "Et qu'est-ce que ça te fait de rentrer en CP...?" Impossible pour lui de faire partir ses "papillons" dans le ventre (ici superbement imagés) car il est très angoissé à l'idée d'aller à l'école élémentaire ! Toutefois, il va rapidement découvrir qu'il n'est pas le seul à avoir des peurs ou à se poser des questions  existentielles. Avec sa tante Ruth, tous les deux vont grandement s'amuser de cette situation. En fait, Garmann n'est pas sûr d'être vraiment prêt à tout ce changement. Il a bien remarqué que ses copines - elles - savent mieux lire et écrire que lui... La preuve aussi qu'il n'est pas prêt pour ces choses là : il n'a pas encore perdu toutes ses dents alors que ses tantes ont chacune leur dentier ! Garmann se rend soudain compte que ses tantes sont tout de même très très vieilles. Vont-elles bientôt mourir ? Est ce que les personnes âgées ont été enfants ? Piqué par la curiosité, il veut découvrir leurs peurs. Et, il va être bien surpris d'apprendre certaines choses... A la fin, on découvre que la maman, elle aussi a un peu peur de la rentrée de Garmann. Précisément, elle a peur quand son fils traverse la grande route en allant à l'école ; avec toutes ces voitures... 


© illustration de Stian Hole
Stian Hole né en 1969, est un auteur-illustrateur de nationalité Norvégienne. Il est diplômé de l’école Nationale des arts graphiques et du design d’Oslo.

6 févr. 2011

La mauvaise graine...


L'homme-Bonsaï, Fred Bernard, François Roca, Ed. Albin Michel Jeunesse, 2003
A partir de 10 ans.

Le capitaine O’Murphy raconte aux buveurs d’une taverne son extraordinaire rencontre, lors d’un périple en mer, avec l’homme bonsaï, cette créature mi-homme, mi-arbre au destin tragique. Lors d’un voyage en mer, deux cents ans plus tôt, Amédée le potier fut enrôlé de force sur le navire du capitaine Stroke. Devenu son souffre-douleur, Amédée est finalement abandonné sur une île déserte. Sur cette île, il sent une graine lui tomber sur la tête. Très lentement, il sent qu’il est en train de se transformer en arbre… Recueilli par des pirates chinois, il est soigné, et devient leur arme la plus meurtrière. Un jour, Amédée devenu homme bonsaï reconnaît le pavillon du capitaine Stroke. Sa vengeance est terrible. Mais les Chinois abandonnent ensuite en pleine mer, à son triste sort, l’homme devenu arbre. Aussi, lorsqu’il croise le capitaine O’Murphy, Amédée lui demande de mettre fin à ses jours.

 © illustration de François Roca
Extrait : "Le lendemain, une graine avait germé et une plante minuscule déployait deux feuilles. J'essayai de l'arracher avec la lame de mon couteau. En vain. De mes ongles noirs, j'effeuillai la mauvaise herbe mais elle repoussait, toujours plus vigoureuse. Tout ce que je mangeais semblait nourrir la plante."

Voici un album que je souhaitais vous présenter depuis longtemps, qui offre aux lecteurs de magnifiques illustrations en pleine page, lumineuses et très expressives, comme toujours avec François Roca. Le récit sous la forme d'un conte tragique est d'abord une invitation aux voyages, dans la lignée des écrits de Jules Verne, Jack London, E. Hemingway... 
Cette histoire de pirates et du rapt d'un homme se déroule en 1894, avec tous les éléments imaginés au coeur d'une époque plutôt rude. Par ses multiples détails, le livre nous transporte sur sa chaloupe. Nous "vivons" de la sorte les batailles, la solitude et le désespoir de l'homme-bonsaï. Cette histoire est un peu triste, elle peut sembler étrange et aborde la question du rapport au corps et de la transformation de manière un peu repoussante, du moins pour certains (effet engendré plus par le récit que par les images) autant que fascinante pour les autres. Cet homme-arbre est devenu un surhomme, mi-animal, mi-végétal (monstrueux). Innervé par les Chinois, il devient une racine (sinon un parasite) mandragore, complètement emprisonné et en plus, conscient de son abominable sort. Encore un album très fort des deux artistes F. Bernard et F. Roca !


Fred Bernard est un auteur et un illustrateur français, né à Beaune (Côte-d'or) en 1969. Il a étudié à l'École Émile Cohl à Lyon, plutôt que de rejoindre l'entreprise de maçonnerie familiale. C'est là qu'il rencontre François Roca, avec lequel il se lie d'amitié. Ils réalisent ensemble, depuis 1996, de nombreux albums pour enfants, qui séduisent autant le public que la critique (prix Sorcière 1997, prix Goncourt jeunesse en 1996 et 2001, prix Baobab 2001, prix Chrétien de Troyes en 2003, etc). En 2003, il publie sa première bande dessinée, La tendresse des crocodiles, dont il est l'auteur et le dessinateur. Cet album a été adapté en bande dessinée depuis. 


Cf. L'Homme-Bonzaï, par Fred Bernard, Ed. Delcourt, 2009. Découvrez les 20 premières pages du livre sur le site des éditions Guy Delcourt, en un clic sur le titre de ce billet.


Un peu de linguistique

A l'occasion du 17ème Maghreb des livres qui a lieu en ce moment sur Paris, le blog Oeil d'Ailleurs, avec la précieuse et généreuse collaboration des Editions du Ricochet sont heureux de vous présenter le nouvel imagier bilingue (français-arabe) nommé :


Kalimagier, Nadia Roman et Lazhari Labter, Marie Mahler (ill.), Ed. du Ricochet, Coll. "Les Imagiers du Ricochet", 2010. Dès 5 ans.

Le français et l'arabe se sont enrichis mutuellement au gré des échanges entre les peuples. Aspirine, clinique, docteur, guitare, momie, nénuphar, zénith... les mots sont bien là pour l'attester.
En coédition avec les Éditions Lazhari Labter en Algérie, le Kalimagier (de l'arabe "kalima" qui signifie "mot" et "Imagier" = livre d'images en français), décline une centaine de mots issus des échanges entre ces deux langues, entre ces deux cultures. Ce livre présente ainsi 50 mots arabes d’origine française et 50 mots français d’origine arabe !!


 © aux Editions du Ricochet

Vous trouverez cet imagier sur le "salon" ; à l'honneur cette année, la littérature tunisienne.

Sous la couette

La bataille contre mon lit, Martin Page, Sandrine Bonini, 
Ed. Le Baron Perché, 2011. Dès 5 ans.

Pourquoi faut-il abandonner son lit chaque matin ? S'arracher de la chaleur de sa couette peut être une vraie punition ! Alors pour se lever, il faut parfois déclarer la guerre à son lit...

Vous aussi, vous connaissez sans doute autour de vous au moins un petit garçon qui aime se lever tôt et qui considère que dormir est une perte de temps ! 
Ce matin-là, notre héros veut aller à l'école oui, car il aime l'école mais, il crie au scandale ! Il n'arrive pas à sortir de son lit si chaud et si confortable. Il s'adresse alors à ses parents pourquoi lui ont-ils acheté un lit si agréable si c'est pour l'en faire sortir chaque matin ? Notre personnage s'indigne contre la bonne odeur de lessive qui se dégage de son oreiller et le confort de son matelas, l'empêchant définitivement de sortir de sa chambre. Il s'imagine alors dans un lit gigantesque, si grand que son professeur pourrait même venir pour lui enseigner les mathématiques ; un lit où il pourrait aussi y faire du sport, y prendre ses repas... 
La vie serait plus belle si on la passait sous sa couette, non ? Finalement, après un long monologue, la réalité et la bonne odeur du pain grillé et du chocolat chaud vont rappeler le petit garçon à ses obligations.


 © illustration de Sandrine Bonini

 © illustration de Sandrine Bonini

Cet album joue sur les motifs de la couette, sur l'idée de mouvement, il utilise des couleurs inhabituelles dont trois dominantes : le jaune, le noir et le blanc rendant celui-ci original et très esthétique. On y retrouve également trois typographies différentes, qui suivent l'évolution du récit. Au fil des pages des bulles (de texte) apparaissent à la manière de la bande dessinée. A la fin, l'image se retrouve sans texte, invitant le lecteur à suivre notre petit bonhomme et à se lever. Enfin, cet album parlera à tous ceux pour qui le réveil est difficile...

Martin Page est né en 1975. Romancier, il est également auteur pour la jeunesse, Cf. : Juke-box, collectif de L'école des loisirs (2007) ; Conversation avec un gâteau au chocolat avec Aude Picault (2009) ; Je suis un tremblement de terre publié en 2009 à L'Ecole des Loisirs... Ses livres sont traduits dans une quinzaine de pays. Pour plus d'informations, veuillez consulter son site Web : 
http://www.martin-page.fr/blog/

Sandrine Bonini est diplômée de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris.  Avec les éditions Autrement, elle publie en 2009 son premier album Secret, et initie la collection des « Petits costumes ». Aux Editions du Baron Perché, elle a publié l'album La Nuit en 2010. Elle travaille actuellement sur une série de romans pour la jeunesse, Les Aventures de Clarence Flûte. Elle collabore également avec l’illustratrice Amélie Graux pour la réalisation d’une série d’albums intitulée « La Famille Mills ». Parallèlement à ces projets, Sandrine Bonini donne des cours d’illustration.

Son book : http://sandrinebonini.ultra-book.com/book