30 oct. 2011

Un lien et un livre numérique à faire suivre...


Kiko et la main (2010)
dont la règle est « On ne touche pas ici »
est un livre pour les enfants élaboré par le Conseil de l’Europe 
dans le cadre de sa campagne UN sur CINQ 
contre la violence sexuelle à l’égard des enfants. 


Vous pouvez le lire à vos enfants pour leur apprendre la différence entre les gestes permis et ceux qui ne le sont pas.

Si vous voulez en savoir davantage sur le sujet, vous pouvez consulter le site : www.onnetouchepasici.org

Petite vidéo de présentation sur Youtube

Entre rêves et cauchemars

 Eco, T.1 : La Malédiction des Schaklebott
Guillaume Bianco, Jérémie Almanza,
Eds Soleil, Coll. "Métamorphose", 2009. Dès 8/9 ans.
Présentation de l'éditeur :
"Approchez braves gens, pour entendre l'histoire, cette sombre litanie, qui vogue dans ma mémoire. Soyez donc attentifs, prêtez-moi une oreille, vous entendrez un conte, à nul autre pareil. Eco n'a pas dix ans, son visage est bien blême, mais c'est la vie pourtant, qui coule dans ses veines. Une triste circonstance, par une nuit de démence changera à jamais sa paisible existence. La fable est déplaisante, faites à votre guise, sachez que toutefois, pleurer n'est pas de mise..."
© Ill. Jérémie Almanza, Editions Soleil, Coll. "Métamorphose", 2011.

Après vous avoir présenté Billy Brouillard ICI, c'est toujours dans la collection "Métamorphose", dirigée par Barbara Canepa et Clothilde Vu, que Guillaume Bianco ouvre le 1er livre de cette trilogie qui rend hommage aux contes d'Andersen et des frères Grimm. 

L'album Eco s'amorce par un conte fantastique et fait ensuite son oeuvre dans l'univers d'une petite fille âgée de 10 ans que l'on va voir grandir (très vite) faisant ainsi écho au passage à l'adolescence. Elle habite une immense demeure, fille unique d'un couple de riches tailleurs, les "Schaklebott", surmenés, très occupés par leur activité professionnelle et quasi-indifférent à sa petite personne. Débordés, ils vont lui confier une mission de la plus haute importance dont va dépendre le destin de la famille ; mission qu'elle va entendre différemment. Et là, arrive La rencontre qui va bouleverser à jamais sa vie !
La générosité de la petite va l'entraîner dans un chaos sans nom. 
Dans l'épreuve, son corps va se transformer, sa poitrine va pousser, ses hanches se développer, etc. 
Afin de se consoler, enfermée dans la solitude, elle va concevoir des petites poupées magiques qui prendront vie afin de l'aider à réparer sa "faute". L'histoire se termine sur un nouveau coup de théâtre très surprenant / je n'en dirai pas plus... L'enfant va devoir partir pour trouver ailleurs des réponses à son horrible transformation, qu'elle va vivre comme une malédiction... 

Ce Tome 1 fait le parallèle avec le conte populaire anglais Jack et le haricot magique. Il existe différentes versions de ce dernier et très sincèrement, je ne m'en suis pas aperçue de suite. Sans doute, pourrions-nous tenter une comparaison avec la résistance des deux héros, observable à travers ces deux contes différents. Ces deux protagonistes cherchent à survivre dans un monde étrange et dur aussi, l'idée de "grandir" se retrouve mutuellement dans ces deux contes. La magie est dans le haricot pour l'un, dans les poupées pour l'autre, nous avons d'un côté un garçon et de l'autre une fille... Similitudes très fines qui se retrouvent de plus, dans le rythme de nos deux histoires.
Enfin, cette lecture est une expérience à déguster, on avance à tâtons, on s'interroge et c'est toute la force d'Eco, un album qui peut plaire aux adultes comme aux enfants.
Extrait (p.15) : "Plus que du désintérêt, Madame et Monsieur Schaklebott semblaient éprouver une sorte de dédain pudique et gêné devant l’imperfection des œuvres de leur progéniture…"
© Ill. Jérémie Almanza, Editions Soleil, Coll. "Métamorphose", 2011.


Eco est par conséquent un conte envoûtant, au graphisme extraordinaire que l'on pourrait rapprocher de celui du cinéma de Jean-pierre Jeunet & Marc Caro, de Tim Burton ou du poète et romancier Edgar Allan Poe. Les couleurs et les lumières de Jérémie Almanza créent une ambiance intimiste et fantastique, on se laisse véritablement embarquer par le mystère qui se dégage de chacune de ses planches.
Complémentaire, le duo entre les deux artistes semblent relever de l'évidence.

Bientôt sur le blog Oeil d'Ailleurs, la suite de l'album, avec la présentation du Tome 2 - Eco : La bête sans visage. A suivre...


Guillaume Bianco est né en 1976 à Lille. Auteur et dessinateur, il a reçu de nombreux prix pour l'ensemble de son travail.
Son blog : http://guillaumebianco.blogspot.com/


Jérémie Almanza est né en 1982 à Besançon. Il a fait des études d'économie mais a tout abandonné pour devenir le grand dessinateur qu'il est à ce jour. J. Almanza est le créateur d'Aristide broie du noir, une BD parue chez Delcourt en 2008.
Son portfolio  : http://fak.ultra-book.com/portfolio

28 oct. 2011

Rester soi-même

Le pitre de la classe, Louis Sachar, Bayard Jeunesse, Coll. "Estampille", 2011. 299 p.
Roman Junior à partir de 9 ans.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Maïca Sanconic
Barry Boone, 12 ans, est le pitre de sa classe. Malheureusement, ses jeux de mots ne font rire que lui et son amie la jeune surdouée Angeline Persopolis. Celle-ci lui manque beaucoup depuis qu'elle est scolarisée dans une prestigieuse et lointaine école. Barry décide de s'inscrire au concours de talents qu'organise son école, afin de voir son humour enfin reconnu. Angeline le soutient dans la préparation de cet événement. Mais, décrié par ses camarades et même par ses propres parents, lassés de ses plaisanteries, Barry envisage sérieusement de renoncer. Le jour du concours, il trouve le courage de monter sur scène et, après avoir reçu quelques tartes à la crème, il réussit à conquérir son public. Il a gagné l'estime sincère de ses camarades, mais surtout son pari de rester lui-même, quoi qu'il arrive.
Par l'auteur de : Des Poissons dans la tête (Bayard Jeunesse, 2008) récompensé par le Prix "Enfantaisie" 2010, cette histoire commence par un sourire idiot sur une tête d'idiot, celle de Barry Boone, élève de 6e (appelé "Baboon"). Sa complice Angeline Persopolis, l'héroïne surdouée du même roman Des Poissons dans la tête n'est plus là pour rigoler de ses blagues. Incompris, il va devoir lutter pour faire admettre sa différence et le chemin va être long...
Barry va connaître le doute (de lui et de sa capacité à faire rire), il va même envisager sérieusement de renoncer à monter sur scène… Heureuse est la fin de cette histoire qui sait décrire les sentiments, la douleur et l'angoisse d'un tel parcours.
Les mots sont justes, le style est fluide, c'est en somme, une belle promenade littéraire avec ce magnifique portrait en page de couverture - image d'ailleurs très attirante - de la célèbre Alodie Day.


Louis Sachar est né aux Etats-Unis en 1954. Diplômé en économie et en droit, il a été professeur et juriste. Il se consacre totalement à l'écriture de livres pour enfants depuis 1989. Il vit à Austin, au Texas, avec sa femme et leur flle. Ses romans sont publiés à L'école des loisirs et chez Bayard.


Autre occasion également, celle de visiter le site de l'illustratrice-graphiste Adolie Day née en 1981 sur la ville de Nantes.

Nouvelle collection pour les 3-6 ans

 Timo à la montagne, Emilie Gillet, Cyril Entzmann, 
Gallimard Jeunesse, 2011. Dès 2/3 ans.
Voici Timo, le drôle de petit héros ! En voyant tomber la neige, il décide de partir à la montagne. Chaussé de skis, le voilà prêt à dévaler les pistes. Mais ce n'est pas si facile. Alors c'est dit, il va prendre des cours de ski !
© illustré par Cyril Entzmann, Editions Gallimard Jeunesse.


Avec Timo, Emilie Gillet et Cyril Entzmann créent une passerelle entre le monde de la photo et celui de l'édition jeunesse. L'idée d'utiliser un doudou (ici une souris grise) comme personnage principal d'un album n'est pas neuve par contre, faire évoluer Timo aux sports d'hiver est une intention plutôt avenante et bientôt d'actualité, pour ceux qui aiment la montagne et glisser sur ses pistes. 
A travers cette lecture, l'enfant pourra découvrir un vocabulaire adéquat : luge, bonhomme de neige, ski, masque, remontées mécaniques, télécabine, moniteur/monitrice... Il pourra éprouver diverses sensations, par exemple, après l'effort, celle du repos devant un bon chocolat chaud, ou bien tout simplement prendre plaisir à regarder la beauté des photos avec cette adorable petite peluche. 

© illustré par Cyril Entzmann, Editions Gallimard Jeunesse.

Emilie Gillet est journaliste scientifique depuis 2000. Elle collabore avec des journaux grand public, la presse spécialisée, et institutionnelle. Elle écrit aussi régulièrement pour des magazines équestres et est l'auteur de plusieurs livres sur le cheval.

Cyril Entzmann est photographe depuis 1996. Il réalise des reportages et portraits pour la presse quotidienne et magazine, et pour des supports institutionnels. Dans son travail personnel, il s'intéresse plus particulièrement à l'intime, au corps en immersion ainsi qu'aux empreintes de l'homme sur le paysage. La série "Cable mountains" a été exposée à la galerie Chambre avec vue. Ses photos sont signées du pseudonyme Zir et diffusées par l'agence Signatures.
Emilie Gillet et Cyril Entzmann ont deux filles. 

Dans la même collection, retrouvez Timo au parc, en librairie depuis le 15 septembre 2011.


Une perle tombée du ciel...

 Le chat bonheur, Qu Lan, Editions Flammarion/ Chan-Ok,
Coll. "Perles du ciel", 2011. A partir de 6 ans.
Au Japon, une légende raconte que pour remercier son maître attentif et aimant, une grue lut apporta un trésor venant de la montagne des dieux. Persuadé de la véracité de cette légende, Echigoya vivait de manière insouciante, gaspillant la fortune familiale et prenant grand soin de son chat, Tama. Aussi ne s'inquiéta-t-il pas le jour où il se retrouva sans le sou. Pour le bonheur de son maître, Tama était prêt à tout...
© illustré par Qu Lan, Editions Chan-Ok.

L'histoire montre comment au temps du Japon féodal, une famille noble qui possédait depuis des générations, des ateliers de teinture de grande renommée perdit tout à cause d'un fils paresseux, qui dilapidait son argent. 
Echigoya était son nom. Il ne s'occupait que de son chat "Tama" persuadé qu'il lui rapporterait un trésor pour le remercier. La vieille gouvernante de la famille essaya bien de le faire réagir (et agir) mais il n'en avait que faire. C'est ainsi que sans argent, le fils envoya un jour Tama à la recherche d'un trésor. Le chat revint plusieurs fois avec des pièces d'or mais semblait de plus en plus fatigué par la tâche. Pendant ce temps, Echigoya passait ses journées à la "maison des jeux" et perdait à chaque fois sa fortune. Le chat était toujours plus faible, plus léger, aux poils ternes... Souhaitant découvrir la source de l'or, son maître le suivit. Devant un vieux temple, il découvrit que son chat sacrifiait son corps en échange de l'or, Echigoya en fut déchiré mais il était trop tard ! 

On apprend alors comment un chat dévoué sauva son maître de l'oisiveté en sacrifiant sa propre vie ! Cette expérience bouleversa l'homme qui, par la suite, travailla dur. En souvenir de son chat, il fit ériger une statue de l'animal avec une patte levée pour accueillir la richesse et le bonheur (comme sur la page de couverture).
© illustré par Qu Lan, Editions Chan-Ok.

Ce conte accueille des illustrations magnifiques, vraiment tendres et délicates. Les ombres, quelques ensembles flous et transparents témoignent d'un réalisme vertigineux, faisant le portrait d'un homme ayant le goût du risque, égoïste par nature, au-delà même de son côté oisif (fort heureusement il n'est pas en plus sadique...). En parallèle, nous avons donc une figure généreuse, donnante et reconnaissante, très altruiste, qui finalement sera détruite par la chasse aux fonds de son maître. 

Une légende qui résonne donc avec le vieux dicton de Voltaire : "Le malheur des uns fait le bonheur des autres" sauf qu'ici, notre individu s'en tire bien (c'est une histoire pour enfant), il devient sage et bon. Mais, comme moi, ce chat vous rappèle sûrement autre chose... Un petit chat tirelire blanc, noir ou doré qu'on retrouve dans les commerces asiatiques ou restaurants japonais. D'ailleurs, il semblerait que le mythe autour de ce chat soit avéré et partagé...

Qu Lan est née en 1977 en Chine. Passionnée par la peinture à l'encre, ses années à l'école des Beaux-Arts lui ont permis de maîtriser la peinture et le dessin. Une fois en France, elle s'est lancée dans le design pendant 6 ans. Depuis 2006, elle travaille en free-lance dans tous les domaines visuels. Le chat bonheur est son premier album publié chez Flammarion. L'artiste est aussi connue pour ses carnets de voyages et ses Aquarelles de Chine (éditions Sépia, 2010).
Découvrez son univers en explorant le lien que voici : http://www.lan-artwork.com/

25 oct. 2011

Un p'tit fripon s'est invité sur Oeil d'Ailleurs...

Moi Einstein gardien de mai Zoo, Anne Loyer, Claire Gaudriot, 
Eds Les Petits pas de Ioannis, Coll. "Pied de nez", 2011. Dès 3 ans.

Einstein est un drôle de chien qui garde une drôle de maison.
Ses maîtres se sont donnés le mot pour la transformer en véritable ménagerie.
De quoi faire perdre la tête, même au meilleur des chien !

© Editions Les Petits Pas de Ioannis, 2011.

Einstein est un chien observateur, narrateur de cette histoire, il souhaite nous présenter les membres de sa drôle de famille. Il va ainsi comparer un à un chaque personnage à un animal. 
Le ton est donné dès la première page, où assis sur une pile de livres intitulés "Encyclopédie des animaux", "La vie des bêtes", Einstein avec sa baguette à la main, s'apprête à faire l'ethologie de ce troupeau. Sur le côté droit de la page, différents onglets de couleurs variés en fonction de quelques pictogrammes animaliers, offrent aux lecteurs une sorte de répertoire avec peut-être derrière, l'idée de classification des espèces...
Certains jeux de mots sont bien trouvés comme l'"ours mal léché" ou la "cane qui cancane".
Les illustrations de Claire Gaudriot sont pétillantes, loufoques et agréablement colorées. L'album est donc plutôt drôle et accessible, idéal pour les petits enfants.

© Editions Les Petits Pas de Ioannis, 2011.

Anne Loyer est une "jeune" auteur également chroniqueuse de littérature de jeunesse, son blog est nommé "Enfantipages".
Pour prendre connaissance de son travail d'auteur, c'est par-là : http://anne-loyer.blogspot.com/

Claire Gaudriot est une illustratrice domiciliée sur Limoges.
Son blog : http://clairegaudriot.blogspot.com/

Si vous souhaitez découvrir le catalogue de la maison d'édition, rendez-vous sur leur site, en un clic sur le titre de ce billet.

24 oct. 2011

Retrouver la lumière


Shiro et les flammes d'arc-en-ciel, Yukio Abe, 
Eds Nobi Nobi, 2011. Dès 5 ans.
Une légende raconte que tous les cent ans, la pleine lune descend sur la forêt de Miaô. À cette occasion, les villageois doivent l'accueillir avec des feux de joie multicolores, faute de quoi la lune se retirera et la forêt sera plongée dans les ténèbres. Or, seul un chat peut partir à la recherche de ces légendaires flammes d’arc-en-ciel. Étant l’unique félin des environs, Shiro se voit donc confier cette périlleuse mission, et part en quête des flammes d'arc-en-ciel à bord de sa montgolfière, accompagné de son ami Carot le lapin câlin. Commence alors pour eux un voyage trépidant à la rencontre de créatures énigmatiques et fantastiques...

© Editions Nobi Nobi, 2011.


© Editions Nobi Nobi, 2011.

Premier album illustré d'heroic fantasy publié par les éditions Nobi Nobi, ce livre est un récit épique qui tient le lecteur en haleine tout au long de la quête du héros. Bienvenue dans l'univers de Yukio Abe ! 
Le personnage principal nommé Shiro est un petit chat blanc assez opportuniste (intéressé) et pas vraiment motivé par sa mission liée à une histoire d'arc-en-ciel. C'est grâce à son ami Carot, le lapin câlin que l'aventure va commencer (en montgolfière). Tous deux cherchent l'heureux propriétaire des flammes dans le ciel. Après avoir fait fausse route, dans un deuxième temps, ils sont obligés d'aller voir l'ermite "Orzak". Suivant ses indications, Shiro, héros malgré lui, va être amené à prendre des risques, à braver la montagne et tous les dangers. Attaqué par des démons dans l'obscurité, Shiro fonce sans peur et sans y réfléchir davantage... Et là, "miracle", sa mission est accomplie. Shiro gagne ainsi la confiance des habitants, alors tous baignés d'une lumière éblouissante, derrière un arc-en-ciel merveilleux.

Dès le début, cette histoire commence avec force d'abord par le texte et par les mots employés puis, au fur et à mesure de notre lecture, ce sont les images qui me semble-t-il, prennent le dessus. En effet, l'album offre aux regards un jeu incroyable entre différentes couleurs vives et chatoyantes, le graphisme est très fort ; on se laisse facilement transporter par cet album fantastique et énigmatique. Un livre enchanteur qui plaira aux petits et grands... En bonus : à la fin de ce livre vous trouverez une page informative sur le parcours artistique de Yukio Abe.

Yukio Abe travaille principalement dans l'animation, il est surtout connu pour sa collaboration aux films de la maison Sanrio (Hello Kitty) à la fin des années 80. En 1990, il gagne le prix du meilleur réalisateur au festival international du film de Houston. Aujourd'hui, il officie le plus souvent comme directeur artistique notamment en 1997 sur le film Léo, roi de la jungle d'après Osamu Tezuka ainsi que sur La Vallée d'émeraude (Prix de l'académie japonaise du meilleur film d'animation) d'après un classique de la littérature jeunesse japonaise.

22 oct. 2011

Pour les 80 ans du Père Castor

La petite bibliothèque du Père Castor, Collectif, 
Père Castor - Flammarion, 2011.
A partir de 3/4 ans.

Six des plus beaux classiques du Père Castor dans un coffret-anniversaire 
pour célébrer les 80 ans de la maison d'édition !!

© Editions Père Castor - Flammarion, 2011.

Pour la petite histoire : Les premières intentions de l’album, à travers les productions du «Père Castor», édités chez Flammarion par Paul Faucher (1898-1967) dans les années 30, mettaient d’abord en avant le développement de l’enfant et sa sécurité affective. Le protéger constituait une priorité. Après la disparition de Paul Faucher en 1967, c'est son fils François qui lui succède jusqu'à sa retraite en 1996.  Il a été remplacé par Hélène Wadowski, venue des éditions Nathan.
Jusqu'en 1975, la production augmente de manière régulière. Puis, en 1980, naît la collection de poche "Castor Poche". Le Père Castor propose une production de plus de 900 titres qui conduisent l'enfant des premiers balbutiements à la lecture autonome.
Le Père Castor a par ailleurs inspiré une célèbre série de 156 épisodes en dessins animés, réalisés par J. Cubaud et P. Moreaux (première diffusion en 1993 sur France 3).

Ce premier coffret au design vintage, renferme six classiques qui ont fait l'histoire du Père Castor : 
Roule Galette, Michka, La Plus mignonne des petites souris, Conte de la Marguerite, La vache orange, Le Grand Cerf.

Découvrez les illustrations originales et l'histoire de Roule Galette de Natha Caputo et Pierre Belvès en vidéo via ce lien.
Voici celles de Michka, un conte de Marie Colmont, en vidéo Ici.

© Le Grand Cerf. Editions Père Castor - Flammarion.

© La Vache orange. Editions Père Castor - Flammarion.

Tous ces livres sont aux petits formats, les ouvrages sont cartonnés, à sortir et à ranger dans le coffret, les textes et les illustrations sont intemporels et pour certains, ils réveilleront des souvenirs d'enfance...


© La Plus mignonne des Petites Souris. Editions Père Castor - Flammarion.

© Conte de la Marguerite, Editions Père Castor - Flammarion.

Les auteurs et illustrateurs les plus plébiscités de la collection des Classiques : 
Etienne Morel, Lucile Butel, Marie Colmont et F. Rojankovsky, Natha Caputo et Pierre Belvès, Béatrice Appia.

Grand machin dans petit format :)

Le machin, Stéphane Servant, Cécile Bonbon, 
Didier Jeunesse, Coll. "Les P'tits Didier", 2011. Dès 3 ans.
L’histoire d’un drôle de machin qui passe entre toutes les mains... Un conte-randonnée sous forme de devinette, idéal pour les tout-petits ! Un jour, près du grand lac, Bobo l’éléphant ramasse un drôle de machin. Après l’avoir retourné dans tous les sens, il décrète qu’il s’agit d’un chapeau. Mais tout le monde n’est pas de cet avis ! Kiki l’alligator s’imagine que c’est une cape, Zaza la brebis, une belle jupe, Juju le canard, une écharpe jusqu’à la fourmi qui prend le machin pour une confortable couverture. L’arrivée d’un petit garçon tout nu met fin à cette discussion animée. C’est d’une culotte qu’il s’agit ! 
© illustré par Cécile Bonbon, Editions Didier Jeunesse.

Dans cet album matiéré aux tons pastels, l’illustratrice Cécile Bonbon choisit, découpe et assemble ses tissus avec tendresse et donne vie à cette galerie d’animaux aussi craquants que des doudous ! La force du textile utilisé ici éveillera chez les plus jeunes les sensations du toucher. Esthétiquement parlant, ce livre est définitivement une réussite totale. Le texte est drôle et craquant, l'intrigue autour de l'objet est délicieuse, la typographie est soignée, en mouvements, elle se fond tout en douceur dans le dialogue. Quelques onomatopées ici et là viennent rajouter de la fraîcheur à cette histoire, parsemée de jolis animaux "pur coton".
Le Machin est construit à la manière d'un conte de randonnée (l'histoire se répète tout au long du livre), il offre ainsi de nombreux repères aux petits, c'est sans doute pour cette raison qu'il est bien aimé, sinon adoré, dans les écoles maternelles. 
Il s'agit d'une réédition au petit format souple (16,5 x  16,5 cm), son prix est très attractif : 5,30 euros... alors courez l'acheter, il est super !

© illustré par Cécile Bonbon, Editions Didier Jeunesse.


Stéphane Servant est né en 1975 à Carcassonne. Il a suivi des études de littérature anglaise avant de fabriquer des histoires pour enfants, en forme de maisons, de cabanes, de phares, de terrains de jeux, de rue, de ville et de monde...
Son site : http://stephaneservant.20six.fr/

Cécile Bonbon est née à Perpignan en 1963. Elle a fait des études aux Beaux Arts où elle est devenue graphiste (avant de se consacrer entièrement à l'illustration). Depuis 1999, elle travaille pour l'édition jeunesse et la presse. Je connaissais cette illustratrice de nom mais c'est la première fois que je découvre son univers. Elle a également publié aux éditions de l'Elan vert, chez Points de suspension et Bilboquet (éditions).
Son blog (magnifique) : http://cecilebonbon.blogspot.com/

C'était il y a bientôt 100 ans

On les aura ! Carnet de guerre d'un poilu, Barroux, 
Eds Seuil Jeunesse, 2011. Tout public.
Un matin d'hiver, Barroux se promène et trouve sur un trottoir parisien un carnet contenant un témoignage incroyable : le récit des premières semaines de mobilisation d'un poilu durant l'été 1914. L'auteur de ce journal raconte les débuts de la guerre, la séparation, les trajets vers des destinations inconnues, l'attente du courrier, les nuits interminables, le bruit sourd du canon et aussi la peur...
© Editions Seuil Jeunesse, 2011.

Pour cette adaptation du journal d'un poilu, Barroux a du effectuer de nombreuses recherches iconographiques et réaliser pas mal d'esquisses avant de trouver le ton à donner à cette histoire sous la forme d'un roman graphique. Deux ans de travail dont voici le résultat. 
Dans le respect de la mémoire de "l'autre", le texte est volontairement authentique. Il est mis en images dans les teintes de brun, sépia, noir et beige ce qui plonge le lecteur dans le passé, au coeur d'un univers sombre. Les personnages semblent tous avoir le nez cassé, comme rajouté sur leurs visages. Est-ce une manière de laisser place à la fiction ou bien, un désir de s'éloigner d'une éventuelle esthétisation de cette triste période?
Le journal s'arrête un certain samedi 12 septembre. Impossible de savoir pourquoi ce soldat a arrêté d'écrire ou ce qu'il est devenu...
Dans l'ensemble, l'album relate un quotidien champêtre, les premières heures de la guerre mais il est bien moins violent que les récits de vie dans les tranchées. 

© Editions Seuil Jeunesse, 2011.

Barroux est né en France. il a suivi des études de graphisme à l'école Maximilien Vox, un an d'architecture à l'école Boule, puis les cours de graphisme à l'école Estienne. Durant 10 ans, il a été directeur artistique de diverses agences de publicité. En 1996 il part s'installer au Canada. En 2000, il s'installe à New York et, en janv. 2003, revient en France. Ses illustrations sont gravées à la main en linogravure puis coloriées à l'acrylique. En août 2011, il a illustré un autre album à la forme percutante intitulé Je m'appelle pas Ben Laden! Ce 11 septembre 2001 qui bouleversa tout le monde (Eds Rue du Monde, à partir de 8 ans).
Pour visiter son site, c'est par-là : Site Web Barroux

21 oct. 2011

Deuxième projet d'écriture

© illustration de Yohann Michaud, 2011.


Cette illustration crayonnée par "Yohann", étudiant en école d'arts fera bientôt l'objet d'une deuxième histoire pour les plus petits. C'est un projet qui nous tient à coeur depuis quelques mois. Il faut dire que je connais bien ce Monsieur qui n'est autre que mon frère cadet ! Bien qu'en ce moment, ce dernier soit plongé dans la céramique, je suis certaine que nous arriverons à vous présenter plus de choses dans les semaines à venir. Ce dessin est plein de promesses, à moi de jouer maintenant pour le texte :)

Petit aperçu de notre projet

© illustration d'Emilie Belim, 2011.

Voici un petit bout d'image de ce qui sera un conte pour enfants à partir de 8/9 ans. Pashmînâ est le titre provisoire de ce projet que je partage avec Emilie, une "jeune" illustratrice. 
Toutes deux, nous vous emmènerons en Inde. Dans cet univers, les forces de la nature s'opposeront à celles de la culture. Préparez-vous à des moments magiques empreints, dit-on de sorcellerie mais pas que...
Je suis entrain d'éprouver le texte, de l'améliorer pas à pas. Le rendu final est fixé à fin novembre ; nous sommes donc dans les temps. En fait, le plus difficile lorsque l'on débute dans l'écriture jeunesse est de suivre les "recettes" de ce qui fait un "bon livre" sans pour autant en oublier sa touche personnelle et sa liberté de création. Aussi, mon côté "anthropologue" prend souvent le dessus puisque je suis habituée à ce type de recherche et d'écriture. D'ailleurs, cette histoire va, bien entendu, s'inspirer de faits (et de rituels) bien réels. Voilà pour les petites nouvelles du moment. A bientôt pour la suite !

17 oct. 2011

Actualité SLPJ 2011


ça approche... 
Le 27 ème Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil
en Seine-Saint-Denis, fera escale cette année au Mexique 
autour du grand thème sur le cirque.

Pour télécharger le dossier de présentation du Salon 2011, c'est ICI.

Rendez-vous là-bas du 30 novembre au 5 décembre 2011 !

Retour aux temps celtiques

Le Roi Cheval, Evelyne Brisou-Pellen, Bruno Pilorget, 
Eds Millefeuille, Coll. "Patrimoine de légendes", 2011. 
A partir de 6/7 ans.

Il était une fois un roi qui n'aimait rien d'autre que son cheval...

© illustré par Bruno Pilorget, Editions Millefeuille.

© illustré par Bruno Pilorget, Editions Millefeuille.

Le Roi Cheval est une adaptation de la légende du Roi Marc'h remontant aux temps celtiques. Et c'est ainsi que commence le livre, lorsque "Marc'h était roi de Cornouaille, pays de landes, de mer et de vent". 

Passionné par son cheval, il est vrai, magnifique, "entièrement noir, fin et musclé", on l'appelait Morvarc'h qui veut dire en breton : "cheval de mer". 
Un soir d'automne tous deux croisèrent une biche qu'ils prirent immédiatement en chasse. Evidemment, c'était sans savoir que cette biche n'était pas qu'un simple animal... Elle était en fait une très belle femme et c'est bien notre roi, qui lui lança une flèche en plein coeur ! Et là, à son tour, bien sûr, il ne sera pas épargné. La belle garda son cheval et obligea le roi qui l'aimait tant, à porter ses oreilles et sa crinière. 
A son retour au château, l'homme s'enferma, cherchant à tous prix à se débarrasser de cette crinière qui poussait de jour en jour. Ce fut alors la "chasse" aux coiffeurs qu'il exécuta d'ailleurs les uns après les autres, face à leurs incapacités respectives. Seul Yeunig, son meilleur coiffeur parvint à trouver une solution ; forcé à jurer de ne rien dire à personne. Étouffé par ce secret bien lourd, il creusa un trou dans le sable, y passa sa tête et cria cette vérité. Trois roseaux poussèrent à cet endroit. 
Plus tard, à l'occasion de la fête de mariage de la soeur du roi, ils furent réutilisés par hasard au profit de  musiciens afin de fabriquer des instruments de musique.
Lorsqu'ils soufflèrent, des paroles s'envolèrent sous les yeux de tous. Le secret fut donc révélé. 
Le roi, honteux, se jeta à l'eau. 
La fin est romanesque... il y retrouva Morvarc'h et la légende raconte qu'il épousa même la belle femme qui s'appelait Iseult. Il était alors roi d'Angleterre.

Les dernières pages du livre proposent des explications sur le roi Marc'h et autres contes. 
Cet album est très intéressant. L'écriture d'Evelyne Brisou est riche et entraînante, les illustrations de Bruno Pilorget sont chatoyantes et variées. Ce dernier a utilisé pour adapter cette légende traditionnelle, la technique des papiers de couleurs. Bravo et merci aux éditions Millefeuille pour cette magnifique découverte.

Evelyne Brisou-Pellen est une romancière née en 1947, elle a passé une partie de son enfance au Maroc puis en Bretagne. Elle a reçu de nombreux prix dont le Grand Prix du livre pour la jeunesse en 1984 pour Prisonnière des Mongols.
Son site à découvrir : http://brisou-pellen.fr/

Bruno Pilorget, né en 1957 à Vannes, a étudié pendant deux ans aux Beaux-Arts de Lorient où il se lance en autodidacte dans l'illustration. Il a débuté en 1981 chez Gallimard. Il a illustré des romans, des albums et surtout plusieurs livres sur les chevaux et les poneys.
Son site à découvrir : http://www.bruno-pilorget.com/

16 oct. 2011

Bientôt, le 1er novembre...

Frida et Diego au pays des squelettes, Fabian Negrin, 
Eds Seuil Jeunesse, 2011. 
A partir de 7 ans.
L’histoire : c’est le jour de la fête des morts (le 1er novembre). Le matin, les enfants vont acheter les bonbons que l’on mange ce jour là. Dans les cuisines on s’active pour préparer les mets spéciaux que l’on ira déguster au cimetière et donner en offrande. Là, Frida et Diego, comme à leur habitude, ont une querelle. Frida surprend Diego en train d’embrasser Rosa Spinosa. Folle de rage, elle le poursuit à travers le cimetière. De là, part une aventure qui emmènera les deux enfants dans le monde des morts.
© Editions Seuil Jeunesse, 2011.

Tout d'abord, ce livre offre la possibilité de parler des cultures et plus particulièrement de celles d'Amérique latine, de la langue espagnole et plus largement, d'un phénomène universel : la célébration des morts. Toussaint, Halloween sont autant de façons de leur rendre hommage. Au Mexique, la fête des morts est une des fêtes les plus importantes. 
D'autre part, cette histoire présente deux figures emblématiques du Mexique : Frida Kahlo (1907-1954) et Diego Ribera (1886-1957). Tous deux artistes peintres mexicains, engagés politiquement, Frida était connue pour sa lutte en faveur du communisme et sa bisexualité et Diego, pour ses fresques monumentales notamment, pour le gouvernement de son pays, pour ses portraits ou pour ses peintures à but social (pour aider le peuple à comprendre et à s'exprimer).
Les personnages que l'auteur F. Negrin, représente apparaissent en tant qu'enfants mais leur amour passionnel, leurs caractères et même leur relation sont déjà reconnaissables.

Les illustrations de Fabian Negrin sont spectaculaires, elles font écho aux créations de Diego Ribera, par le format choisi (paysage) et la multiplicité des indices spatio-temporels qui fourmillent sur la page.
Je ne sais pas si, comme moi, vous avez vu ce film "Frida" avec Selma Hayek, réalisé par Julie Taymor (2002) où il s'agissait d'une biographie de la peintre, d'après le livre de Hayden Herrera... La même vie tumultueuse est palpable dans ce livre ainsi que la fascination de Frida pour Diego. Le dialogue entre eux est plein d'angoisses entre les croyances populaires et les fissures auxquelles ils devront faire face dont l'infidélité chronique de Diego. Les squelettes sont mis en spectacle, le monde s'éprouve en crise pour finalement rendre la vie - sur terre - à nos deux héros. Dans ce livre, le langage est plastique, les images illustrent un contexte social et historique particulier et des sentiments spécifiques, liés à une importante destructivité, celle de la révolution mexicaine, alors "apprivoisée" par les artistes.

© Editions Seuil Jeunesse, 2011.

Fabian Négrin est un illustrateur italien. Il a fait ses études d'art au Mexique où il a vécu pendant 8 ans. Depuis 2001, il publie principalement en tant qu'auteur et illustrateur chez Orecchio Acerbo, petite maison d'édition italienne reconnue pour son exigence. En 2010, il a remporté le "Prix non fiction"de la Foire internationale du livre jeunesse de Bologne. Frida et Diego au pays des squelettes est son premier album pour le Seuil Jeunesse.

Pour information, cette année, le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil (30 nov. - 5 décembre 2011) met à l'honneur le Mexique et invite Fabian Negrin à présenter son album.


Pour aller plus loin, voici l'adresse du site officiel de Frida Kahlo : 
http://www.fkahlo.com/

et l'adresse du musée virtuel consacré à Diego Ribera : 
http://www.diegorivera.com/

14 oct. 2011

Coup de coeur des nouveautés d'octobre 2011 !

Le coffre enchanté, Jean-François Chabas, 
David Sala, Eds Casterman, 2011. Dès 5 ans.
Remonté par un pêcheur des profondeurs de la mer, un gros coffre en métal luisant suscite l'avidité de l'Empereur cupide, toujours en quête d'un trésor supplémentaire. Seulement voilà : rien ni personne ne parvient à l'ouvrir...

© illustré par David Sala, Editions Casterman.

Extrait de l'album (les 1ères lignes) : "Dans une très lointaine contrée, il y a de ça bien des années, un pêcheur, depuis sa barque, lança son filet. Quand il voulut le remonter, ce fut difficile, car le poids était tel qu'il faisait pencher l'embarcation.
«Ho, ho, se réjouissait-il. De nombreuses prises !»
Mais il n'y avait pas de poissons dans le filet. Juste un gros coffre de métal, brillant au soleil.
Le pêcheur essaya d'en forcer la serrure avec la pointe de sa gaffe, il força, força... la gaffe cassa, mais le coffre n'était même pas éraflé.
Aussi le pêcheur continua-t-il à lancer son filet, remontant quelques poissons, mais son esprit était occupé par le coffre.
«Dès que je serai chez moi, je trouverai les outils pour l'ouvrir», se disait-il.
Le pêcheur passa des heures, et des heures, à essayer d'ouvrir le coffre. Celui-ci, fait d'un métal inconnu, luisant comme des écailles de barracuda, était magnifique. Sa serrure, tout aussi belle, semblait simple, mais rien n'en venait à bout."
© illustré par David Sala, Editions Casterman.


Après La Colère de Banshee et du Bonheur prisonnier - qu'il faut que je présente sur "Oeil d'Ailleurs" - voici le dernier né de ce duo d'artistes J.-F. Chabas et D. Sala. 
La réalisation de cet album est particulièrement soignée : découpe et matière sur la couverture, lettrages et tranches dorées, papier glacé. Ce conte est plein d'énigmes autour de l'ouverture impossible du dit coffre. En effet, durant des semaines, l'empereur ne pensa plus qu'à cette malle et il essaya tout ce qu'il pût pour en venir à bout. Il fit venir l'homme fort, le serrurier, le magicien et même l'alchimiste. Un marmiton du château aura l'idée qu'il faut : capturer le lynx, dont les yeux magiques lui permettent, de voir à travers toutes choses, même un coffre fermé. Et de fait, le lynx... 
Mais quelles incroyables merveilles pouvait-il contenir ? Chut... vous le découvrirez par vous-même. 
La chute et la morale de cette fable sont édifiantes.

L'album est simplement magnifique, envoûtant, beau et bien fait ! Le texte est simple et limpide. Un régal pour les yeux, pour l'imagination et pour le coeur.

Jean-François Chabas est né en 1967 près de Paris. Il a écrit son premier roman en 1995. Très prolifique, il remporte beaucoup de succès à travers une vingtaine de romans et d'albums publiés chez Casterman mais également à L'Ecole des Loisirs.

David Sala a illustré de nombreux livres couvrant de nombreux domaines (jeunesse, policier, science-fiction, fantasy, etc.), tout en réalisant des bandes dessinées chez Delcourt, Soleil et Casterman. Il vit actuellement à Nîmes. http://www.davidsala.com


La chance, une question de point de vue

Hans la chance, Jacob et Willem Grimm, Laure du Faÿ, 
Editions Chocolat Jeunesse, 2011. Dès 5 ans.
Quand Hans reçoit de son maître un énorme lingot d'or, il est sûr d'être l'homme le plus chanceux au monde...
© Editions Chocolat Jeunesse, 2011.

Au bout de 7 ans de service auprès de son maître, Hans fit part à ce dernier de son désir de "retourner chez sa mère". En récompense, il se voit remettre un lingot d'or. Mais, sur le chemin du retour, il va faire différentes rencontres, plutôt intéressées. 
Avec son accord, il va échanger le lingot contre un cheval, auprès d'un cavalier. Place ensuite au paysan avec lequel il va troquer son cheval contre une vache. Plus loin dans le texte, vache contre cochon vont circuler. Puis, cochon contre oie. 
Après avoir traversé le dernier village, avant celui de sa mère, il aperçut un rémouleur avec lequel il bavarda autour de son travail pour au final, sur recommandation du vieil homme, lui offrir son oie et récupérer ainsi sa grosse pierre à aiguiser les couteaux. 
Jusqu'à ce moment-là, Hans pensait avoir une bonne étoile au-dessus de la tête. 
Fatigué, il se reposa près d'un puits et posa sa pierre sur le rebord. Et là : celle-ci tomba lourdement au fond de l'eau !! Hans avait donc, du moins, le croyait-on, tout perdu ! En réalité, c'est le coeur léger et libre qu'il s'en alla, gambadant jusque chez sa mère.

© Editions Chocolat Jeunesse, 2011.

Le format, de taille moyenne, est très maniable, les illustrations sont bien adaptées à la tranche d'âge visée (colorées / au graphisme épuré) bien qu'elles manquent peut-être un peu de détails et d'ouvertures. On voit à travers cette histoire que la richesse et l'échange de biens pour Hans, ne font que lui causer du tort. Sur sa route, il va croiser la cupidité mais, lui, ô combien crédule et léger n'attache aucune importance au matériel. L'accumulation (et au-delà, la consommation) est pour lui un fardeau. Ici, le "don" et le "contre don" fonctionnent bien, mais sans équité réelle. 
La morale de l'histoire est sans doute difficile à comprendre pour des enfants de 4/5 ans mais elle a l'avantage d'inverser les tendances actuelles de nos sociétés capitalistes. Enfin, l'album permet d'aborder la question du bonheur et de l'argent avec les plus jeunes. A lire et à relire plusieurs fois...

Laure du Faÿ est originaire de Tours. Née en 1979 elle est diplômée depuis 2007, de l'Ecole des Arts Déco' de Strasbourg section illustration. Elle vit à Paris et a publié aux éditions Warum, la BD "La tente sur le toit" et chez Milan, dans le domaine documentaire. Aux éditions Chocolat, elle a également illustré le livre "Petites histoires d'amour"publié en 2010. Son book est visible en ligne à l'adresse suivante :
http://dufay.ultra-book.com/

11 oct. 2011

A tous les épicuriens et aux autres...

La gigantesque petite chose. Béatrice Alemagna,
Autrement Jeunesse, 2011. Dès 4 ans.

Un jour d'été elle est passée par là...

© illustré par Béatrice Alemagna, Editions Autrement Jeunesse.

Chacune des parutions de B. Alemagna sont très attendues par Oeil d'Ailleurs qui aime beaucoup les oeuvres de cette auteure, reconnaissable par son graphisme et ses couleurs toujours très maîtrisées. 

Mais qu'est-ce que cette "chose" que Bastien cherche tout au long de cette histoire ? 
Un jour d'été, elle est passée par là, juste à côté de ses pieds. Il y en a qui la trouve dans les odeurs, dans les regards, dans les bras des autres. Les gens la poursuivent sans arrêt mais elle ne fait que passer... Cette petite chose invisible fait parfois peur. Il y en a qui bâtissent des murs, qui s'éloignent des gens pour l'éviter. Qu'est-ce donc enfin, que cette chose de passage à ce point imperceptible ?

Beatrice Alemagna fait vivre cette énigme jusqu'à la fin, elle évoque toutes les nuances que peut prendre le sentiment du bonheur. Ce livre est aussi gigantesque (format 28 x 38) que peut l'être ce Bonheur et le talent de cette artiste. Le texte est toujours aussi poétique, avec une grande force d'évocation, qui touchera petits et grands. Les planches sont spectaculaires avec ces gigantesques bonhommes vifs et   très expressifs. Chaque personnage porte ainsi les stigmates de son histoire, différents portraits sont proposés aux lecteurs avec différentes attentes de la vie. 
A votre imagination de faire le reste maintenant !

© illustré par Béatrice Alemagna, Editions Autrement Jeunesse.

Beatrice Alemagna vous a déjà été présentée sur ce blog.  Elle est née à Bologne en 1973. Après des études de graphisme en Italie, elle s'est installée en France. Elle a remporté en 1996 le prix Figures Futures du SLPJ de Montreuil, et le prix Octogone du CIELJ, en 2002, pour son album Mon amour aux éditions Autrement.
Son site : http://www.beatricealemagna.com/